Notes de Prod. : Une hirondelle a fait le printemps

    en DVD le 20 Mars 2002

Entretien avec le réalisateur

Quel a été votre parcours avant de faire ce film ?
Mes parents étaient paysans dans le Pas-de-Calais. J'avais envie de faire du cinéma depuis l'âge de 13 ans. Je me doutais bien que, pour mes parents, c'était inenvisageable et je ne leur en ai donc jamais parlé. Mon père rêvait que ses deux enfants deviennent ingénieurs. Pour lui, cela représentait la réussite sociale absolue. J'ai donc fait semblant de me passionner pour les mathématiques. J'ai passé un bac C, fait une classe prépa et je suis finalement entré dans une école d'ingénieur du ministère de l'agriculture. J'avais 20 ans et je considérais avoir rempli mon contrat moral. C'est alors que j'ai décidé de me consacrer au cinéma. J'ai loué une caméra vidéo et je me suis mis à bricoler des films sans intérêt. Et puis, il y a dix ans, j'ai rencontré par hasard Christophe Rossignon.
À l’époque, il débutait sa carrière de producteur. Lui aussi était fils de paysans du nord, et comme moi, il avait un diplôme d'ingénieur parfaitement inutile pour faire du cinéma. Nous avons sympathisé, et il m'a emmené sur les tournages des courts-métrages qu'il produisait. De mon côté, je travaillais pour le ministère de l'agriculture pour gagner ma vie et, en même temps, j'ai tourné trois courts-métrages, le dernier, Monsieur le député, étant produit par Christophe qui interprétait aussi l'un des personnages.
Tout s'est merveilleusement bien passé et nous avons décidé de prolonger notre collaboration.

Pour quelles raisons lui avez-vous proposé une hirondelle a fait le printemps ?
J'avais plusieurs projets en tête. Christophe m'a conseillé de me lancer dans celui que je jugeais le plus proche de moi, le plus sincère. Ce fut Une hirondelle... pour plusieurs raisons. Tout d'abord, de par mes origines. Ensuite, Sandrine m'est proche : elle plaque une vie pour en entamer une deuxième. J'ai pris conscience récemment que je me suis projeté dans ce personnage féminin. Quant à Adrien, il représente mon père. Ce film ne pouvait donc être que sincère.

Pourquoi avoir sollicité Eric Assous pour l'écriture du scénario ?
J'ai écrit une première version tout seul, je voulais construire par moi-même les fondations de la maison. Dans cette version, 80 % des éléments étaient déjà là mais mal présentés. Eric Assous était complètement étranger à l'univers agricole et m'a apporté son savoir-faire. Il a redistribué les cartes, arrangé les choses avec son talent de scénariste. Nous avons travaillé ensemble pendant trois mois.