Léa (
Bertille Chabert)
Tous les personnages de la famille ont en commun de s’être fermés, recroquevillés, et leur trajet dans le film va être d’essayer de se ré-ouvrir. Dans cette perspective, le chemin de Léa est sans doute le plus spectaculaire. Posant un regard ironique et désabusé sur sa famille au début du film, en conflit ouvert avec sa mère, elle va trouver son oxygène dans sa relation amoureuse avec Hugo et s’y abandonner, un rêve qui va vite virer au cauchemar... Léa est un personnage romantique par excellence, qui aspire à un idéal et refuse de se résigner à la médiocrité du monde. Elle va peu à peu accepter la séparation de ses parents, apprendre à nuancer ses jugements et découvrir que son sort est beaucoup plus enviable qu’elle ne voulait bien se l’avouer... En bref, Léa va grandir.
Marjorie (
Mathilde Seigner)
Du couple, c’est elle qui est le moins sortie de la douleur de la séparation. Sans doute parce qu’ayant provoqué le divorce, elle a tout loisir de douter de la pertinence de son choix et de culpabiliser des conséquences. Sa fille ne manque d’ailleurs jamais une occasion de s’engouffrer dans la brèche ! Marjorie est néanmoins un vrai personnage de comédie et cela s’exprime principalement dans sa quête d’un nouveau compagnon, où son franc-parler, son aplomb, son énergie, mais aussi sa maladresse émergent tour à tour. Moderne, elle réussit mieux que son ex-mari, elle est la clef de voûte de la famille, c’est une femme d’aujourd’hui, complexe, qui va avoir un mal fou à refaire confiance à un homme.
Maxime (
Bernard Campan)
Si sa sœur se révolte, Max, pour sa part, est beaucoup plus perdu. Il tente de suivre tant bien que mal ce nouveau rythme de vie qui s’impose à lui, balloté entre deux maisons, au gré des saisons... Son grand cheval de bataille, c’est l’écologie et la sauvegarde de la planète. On le pressent peu à peu, en dénonçant un monde menacé, il évoque aussi le sien : c’est son petit univers à lui qui vacille.
François (
Jean-baptiste Fonck)
François n’a pas juste quitté sa femme. Il a quitté sa vie d’avant, son travail d’avant et il mène désormais une existence plus en lien avec son être profond. Mais cette quête existentielle fait des dégâts. Il s’idéalise en humaniste, le cœur ouvert à tous, mais il est en fait verrouillé à double tour, lui aussi marqué par le divorce, bien qu’il ne se l’avoue pas du tout et estime avoir fait le deuil de son mariage. C’est un personnage ambivalent qui n’est pas aussi heureux qu’il veut bien le laisser croire. Ses aspirations humanistes sont pourtant profondément sincères, ce qui le rend immédiatement sympathique. Son envie d’intégrer des préceptes de développement personnel à sa vie quotidienne lui confère une dimension burlesque et poétique.
Jérôme (
Grégori Dérangère)
Pour avoir parfois été dans la même position que lui dans le film, le personnage de Jérôme m’était particulièrement cher et familier. Il fallait néanmoins avoir assez de distance pour le faire évoluer d’une manière juste, qui ne soit jamais complaisante. Jérôme est un grand voyageur, toujours aux quatre coins de la planète, un peu solitaire, un peu timide, il n’a clairement pas choisi le meilleur métier pour créer une relation de couple stable... Mais ce n’est sans doute pas un hasard. Il attire à lui des femmes qui ne lui conviennent pas, qui ne sont pas prêtes à s’engager, et qui ne sont, au final, que des miroirs de lui-même. Mais il y va quand même... Et bien sûr, s’y casse les dents.
Pauline (
Judith Davis)
Malgré ses 25 ans, Pauline n’est pas une jeune fille flottante. La musique lui a appris la discipline et a éprouvé chez elle sa persévérance. Aussi, on sent qu’elle sait ce qu’elle veut, qu’elle assume ses choix en conscience, ce qui confère au couple qu’elle forme avec François un caractère précieux et gage, surtout, d’un avenir possible. L’issue de leur histoire pouvait alors devenir un enjeu dramatique.
Nicole (
Danièle Lebrun)
Dans les comédies (anglaises notamment), rien n’est plus savoureux que les personnages secondaires hauts en couleurs. C’est ce que j’ai voulu créer avec celui de Nicole, une sexagénaire qui assume sa sexualité, qui refuse qu’on l’appelle “Mamie” et qui, pour le moins, n’a pas sa langue dans sa poche quand il s’agit d’énumérer les défauts de la gent masculine.