Notes de Prod. : Une vérité qui dérange

    en DVD le 12 Avril 2007

Une recrue nommée... Al Gore

Pendant des années, on l’avait présenté comme «le prochain Président des États-Unis», mais, dans la foulée de sa cuisante défaite à l’élection de 2000, Al Gore fit quelque chose qu’on n’attendait pas de lui. Il prit la route - non en exilé, mais en showman itinérant.
Son «show» est une présentation multimédia, non partisane, associant de façon originale humour, dessins et informations scientifiques pour illustrer les conséquences dramatiques du réchauffement climatique. C’est aussi un vibrant «appel aux armes» pour inviter son pays à s’attaquer à ce problème avec la détermination et l’ingéniosité qui sont la marque de l’esprit américain. Al Gore a présenté son show plus de 1000 fois et n’a guère eu besoin de publicité pour rassembler un vaste auditoire dans les écoles ou les salles de conférences de grandes métropoles et de modestes villes de province.
Deux personnalités activement engagées dans le combat écologique, Laurie David et le producteur Lawrence Bender, furent particulièrement impressionnées par la démonstration de Gore. Laurie David introduisit deux de ces présentations devant des salles combles, à New York et Los Angeles, et en fut profondément marquée : «J’ai vu en Al Gore le Paul Revere de notre temps, sillonnant le pays pour rameuter les populations et lancer un appel urgent que nul n’est plus en droit d’ignorer.»
Laurie David mesura aussi les efforts surhumains déployés par Gore pour faire passer son message : «Il se consacre à ce sujet depuis quelque 40 ans, il le connaît mieux que personne et est plus apte que quiconque à le présenter de façon claire et convaincante.
Mais il devrait «tourner» 365 jours par an pour toucher ne serait-ce qu’une fraction de ceux qu’il veut convaincre... et le temps presse !»
«Dès que j’ai assisté à la présentation de Gore, j’ai su qu’elle pourrait constituer le point de départ d’un grand film», ajoute Lawrence Bender. «Nous pensions tous que cette émouvante démonstration méritait une bien plus vaste tribune.»
David et Bender contactèrent alors un ami de longue date, Scott Z. Burns, scénariste, réalisateur et lauréat du Clio, ainsi que Jeff Skoll, de Participant Productions, société impliquée dans deux des films les plus marquants de 2005 : GOOD NIGHT, AND GOOD
LUCK
et Syriana.
Le quatuor ayant assisté à un nouveau show d’Al Gore, en sortit convaincu de la nécessité de lancer rapidement le projet.
Jeff Skoll :
« Je pensais en connaître un bout sur ce sujet que j’étudie depuis des années, mais la présentation d’Al Gore a radicalement changé mes perspectives. Je pensais jusqu’alors qu’il s’agissait d’un problème à long terme, et j’ai compris que c’était beaucoup plus urgent que cela. Son argumentaire montre clairement qu’il ne nous reste plus que cinq ou dix ans pour agir. En voyant Al livrer cette démonstration à une centaine de personnes, j’ai su qu’il fallait très vite donner à sa parole l’écho approprié. »
Pour Gore et les producteurs, ce discours sur les effets du réchauffement climatique transcende les clivages politiques.
Scott Burns :
« La science est, par définition, étrangère aux manipulations politiciennes. Al ne sollicite pas vos suffrages, il vous demande de vous mobiliser en vue d’un changement réel.»
Jeff Skoll :
« Al présente les faits d’une manière originale, fascinante, divertissante et terrifiante. Son but est clairement de sortir de la politique partisane. Il nous dit : «Voici la situation telle qu’elle est, et maintenant, si nous voulons y remédier, il va falloir réunir des gens de tous horizons. Car, qui que vous soyez et d’où que vous veniez, ce problème va affecter votre vie et celle de tout un chacun.»
L’enjeu de ce film hors norme apparut d’emblée aux producteurs. «Il s’agissait tout bonnement de l’avenir de notre planète», dit Laurie David. «Restait seulement... à convaincre Mr Gore.»
C’est dans cet état d’esprit que les quatre producteurs hollywoodiens entreprirent, non sans quelque appréhension, un «pitch» hors du commun. «J’ai vécu bien des meetings», rapporte Bender, «mais, cette fois, il s’agissait de convaincre l’homme qui aurait pu devenir Président des États-Unis.» Fort heureusement, Gore les mit à l’aise. «Il a été charmant et a immédiatement compris que le film pourrait porter son message non plus à des milliers de gens, mais à des millions.»
«L’ampleur de cette crise exige de nous une action prompte, audacieuse et raisonnée», déclare Al Gore, qui voit dans UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE un moyen de plus pour éclairer le monde sur l’urgence de la situation.
Les producteurs s’adressèrent à un réalisateur aux multiples talents, Davis Guggenheim, pour conférer au film un style dynamique, intimiste et divertissant. Homme de télévision et producteur de la remarquable série HBO «Deadwood», Guggenheim vit dans UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE l’occasion de renouer avec la veine documentariste de ses débuts, tout en racontant une histoire profondément humaine et pleine d’inattendu.
«Laurie a déboulé dans mon bureau comme un ouragan de force 5, en me disant «Je te propose un film qui pourrait bien devenir le plus important de ta carrière !» Je n’ai pas tout de suite été convaincu, du moins pas avant d’assister à une présentation d’Al Gore, qui m’a soufflé et donné l’envie urgente de raconter cette histoire à un maximum de monde. Le rêve d’un cinéaste est de dénicher un sujet qui l’accroche et qui s’impose à lui. C’est le cas avec ce film. J’ai eu le sentiment que si je ne faisais plus rien d’autre dans ma vie, ce serait déjà une grande chose.»
La triomphale première d’UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE au Festival de Sundance répondit à toutes les interrogations des producteurs quant aux réactions du public face à deux sujets aussi controversés qu’Al Gore et le réchauffement climatique.
Jeff Skoll :
« Nous nous demandions régulièrement : les gens aborderont-ils ce film avec des idées préconçues ? Ce fut donc très gratifiant de voir qu’il touchait un public très divers : des conservateurs, des libéraux, des gens issus d’états majoritairement démocrates aussi bien que d’états républicains. Je pense que leurs réactions prouvent que cette histoire a un attrait universel.»
Et la co-productrice Lesley Chilcott d’ajouter : «Le grand débat sur le réchauffement climatique est clos. La question est maintenant de savoir quand nous allons réagir.»

Entretien avec Al Gore

Vous vous préoccupez depuis longtemps de la question du réchauffement climatique. Comment cela s’est-il traduit, et qu’est-ce qui vous a motivé à faire ce spectacle itinérant ?
J’ai commencé à étudier le problème à la fin des années soixante, après avoir été alerté par l’un de mes professeurs de fac, Roger Revelle. J’ai contribué à l’organisation des premières auditions du Congrès sur ce thème à la fin des années soixante-dix, après mon élection à la Chambre des Représentants. J’ai commencé à en discuter avec des dirigeants étrangers au cours des années quatre-vingt et ai organisé un réseau mondial de législateurs pour traiter de ces questions. En tant que Sénateur, puis en tant que Vice-président, j’ai participé à de nombreuses rencontres internationales sur l’environnement, dont le Sommet de la Terre à Rio, en 1992, et les négociations sur le Protocole de Kyoto, en 1997. Une masse croissante d’études scientifiques a renforcé mes convictions et mes préoccupations, m’amenant à entreprendre cette mission d’information pour faire comprendre à tous l’urgence de la crise. Ce travail se poursuit, j’apprends chaque jour à communiquer plus efficacement sur ce problème.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

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