Qu’est ce qui vous a séduit dans ce projet ?
J’ai eu la chance, ces derniers temps, d’interpréter de beaux personnages, mais il s’agissait souvent de femmes qui se laissaient aller ou qui picolaient... Des femmes qui n’étaient pas dans la séduction ou dans l’état amoureux. On les avait abandonnées, elles avaient du mal à s’en sortir. Là, ça m’a fait du bien de jouer un personnage comme Jeanne. Une amoureuse !
Votre personnage….
Toutes les passions sont à la fois salutaires et destructrices.Vivre une histoire d’amour avec frilosité, en s’économisant par crainte de se faire du mal, c’est s’interdire des émotions exaltantes. Les femmes peuvent se retrouver en Jeanne. On a toutes connu, ou l’on voudrait toutes connaître un jour, cette bourrasque de sentiments. Oui, cela peut être dévastateur, mais il en reste toujours quelque chose d’enrichissant. On aimerait tous avoir plusieurs vies. C’es un peu l’exigence des femmes aujourd’hui ; elles voudraient avoir un coup de tempête dans leur vie, et à la fois, elles n’osent pas suivre leur désir, s’exposer. J’aime bien ces personnages de femmes, comme Jeanne, qui donnent une impression de grande liberté, enfin en
apparence… Jeanne dit à un moment à sa mère : "J’ai été la femme de mon mari, la mère de mon fils, et finalement je n’ai jamais vraiment fait ce que je voulais." Elle me touche parce que, subitement, elle redécouvre ce sentiment de liberté. Elle est à nouveau réveillée par sa passion pour cet homme retrouvé par hasard. Alors elle
oublie tout, leur différence d’âge, sa vie bien rangée, elle se dit : "Allez hop, je me lance !" Et elle ne le regrette pas.