Notes de Prod. : Une Vie à t'attendre

    en DVD le 20 Octobre 2004

Deux questions à nathalie baye

Qu’est ce qui vous a séduit dans ce projet ?
J’ai eu la chance, ces derniers temps, d’interpréter de beaux personnages, mais il s’agissait souvent de femmes qui se laissaient aller ou qui picolaient... Des femmes qui n’étaient pas dans la séduction ou dans l’état amoureux. On les avait abandonnées, elles avaient du mal à s’en sortir. Là, ça m’a fait du bien de jouer un personnage comme Jeanne. Une amoureuse !

Votre personnage….
Toutes les passions sont à la fois salutaires et destructrices.Vivre une histoire d’amour avec frilosité, en s’économisant par crainte de se faire du mal, c’est s’interdire des émotions exaltantes. Les femmes peuvent se retrouver en Jeanne. On a toutes connu, ou l’on voudrait toutes connaître un jour, cette bourrasque de sentiments. Oui, cela peut être dévastateur, mais il en reste toujours quelque chose d’enrichissant. On aimerait tous avoir plusieurs vies. C’es un peu l’exigence des femmes aujourd’hui ; elles voudraient avoir un coup de tempête dans leur vie, et à la fois, elles n’osent pas suivre leur désir, s’exposer. J’aime bien ces personnages de femmes, comme Jeanne, qui donnent une impression de grande liberté, enfin en
apparence… Jeanne dit à un moment à sa mère : "J’ai été la femme de mon mari, la mère de mon fils, et finalement je n’ai jamais vraiment fait ce que je voulais." Elle me touche parce que, subitement, elle redécouvre ce sentiment de liberté. Elle est à nouveau réveillée par sa passion pour cet homme retrouvé par hasard. Alors elle
oublie tout, leur différence d’âge, sa vie bien rangée, elle se dit : "Allez hop, je me lance !" Et elle ne le regrette pas.

Deux questions à patrick bruel

Alex…
C’est quelqu’un qui a été profondément blessé autrefois par l’échec de sa relation amoureuse avec Jeanne. Il a fait le deuil de cette histoire, par la force des choses… Il lui a fallu du temps pour se sentir prêt à rencontrer une autre femme. Avec Claire, ça se passe plutôt bien, il commence à reconstruire sa vie, tout en jonglant entre ses responsabilités et son insouciance.

Deux questions à géraldine pailhas

Vous êtes particulièrement attachée à ce film. Un projet que vous avez vu naître et évoluer…
Comme Christopher, je connais Thierry depuis de nombreuses années. J’ai été amenée à donner régulièrement une opinion amicale sur leur travail, sans que jamais il soit dit que je participerais au film en tant qu’actrice, je pouvais donc parfois être assez cinglante ! Une première version ayant été abandonnée pendant quelque temps, puis reprise un an et demi avant le tournage, l’évolution des auteurs avec un peu plus de maturité au passage, a considérablement transformé les enjeux des personnages.

Deux questions à anouk grinberg

Votre première rencontre avec Thierry Klifa
J’ai rencontré Thierry le soir de la dernière de "La Preuve", une pièce plutôt éprouvante pour moi. Je m’étais juré de souffler pendant quelque temps, mais Thierry était là, avec sa bonne bouille, son émerveillement et sa gentillesse non feinte. Il m’a parlé de son projet, une histoire d’amour et de déchirements entre différents personnages, dans laquelle moi, je serais l’amie. J ai pris cette proposition avec gourmandise. C’est parfois mieux d’occuper cette place que celle de l’amoureuse. On y trouve plus de paix, de confiance, de respect.

Deux questions à danielle darrieux

Thierry Klifa
Je l’ai connu comme journaliste. Il m’aimait bien, je l’aimais bien, et un jour, il m’a demandé de jouer dans son court métrage. Mon personnage s’appelait déjà Emilie, sans doute en référence à sa grand-mère qu’il adore. C’est peut-être un porte-bonheur !J e trouvais intéressant que Thierry se confronte directement à la réalisation plutôt que de végéter comme assis tant pendant des années, ce qui entraîne souvent à devenir aigri.

Deux questions à michaël cohen

Comment Thierry vous a t’il parlé de votre personnage ?
Par des voies détournées. En me parlant de lui ou de moi. Julien m’est apparu comme étant assez proche de lui par certains côtés, et à une certaine période de sa vie. Il y a aussi beaucoup d’analogies avec ma propre histoire, mes propres blessures. Ce mélange apportait suffisamment de matière pour comprendre ce personnage, et susciter une envie forte de l’interpréter.

Deux questions à thierry klifa, réalisateur

UNE VIE A T’ATTENDRE est votre premier film. Quel a été votre parcours, d’où vient votre passion pour le cinéma ?

J’ai commencé à aller très jeune, et de façon régulière, au cinéma avec ma grand-mère. Nous avions fait un pacte, elle m’accompagnait à un Walt Disney, et la fois suivante nous allions voir un film pour adultes. L’enfant que j’étais ne comprenait pas tout de ce qu’il voyait, mais en retenait toujours quelque chose. J’ai vraiment appris la vie à travers les films. D’ailleurs, mon amour pour le cinéma est sans doute plus constant que mon amour pour la vie ! A l’adolescence, je me suis beaucoup réfugié dans les salles de cinéma. J’aimais les actrices alors dès que je tombais amoureux d’une comédienne, je voyais tous ses films. C’est à travers elles que j’ai découvert les cinéastes.