UNE VIE A T’ATTENDRE est votre premier film. Quel a été votre parcours, d’où vient votre passion pour le cinéma ?
J’ai commencé à aller très jeune, et de façon régulière, au cinéma avec ma grand-mère. Nous avions fait un pacte, elle m’accompagnait à un Walt Disney, et la fois suivante nous allions voir un film pour adultes. L’enfant que j’étais ne comprenait pas tout de ce qu’il voyait, mais en retenait toujours quelque chose. J’ai vraiment appris la vie à travers les films. D’ailleurs, mon amour pour le cinéma est sans doute plus constant que mon amour pour la vie ! A l’adolescence, je me suis beaucoup réfugié dans les salles de cinéma. J’aimais les actrices alors dès que je tombais amoureux d’une comédienne, je voyais tous ses films. C’est à travers elles que j’ai découvert les cinéastes.
Quels sont metteurs en scène qui ont marqué votre imaginaire ?
J’ai goûté à différents genres de films de manière un peu anarchique, en étant plus tributaire de mon plaisir que d’un diktat cinéphilique. Si le cinéma américain m’a toujours fait fantasmer dans tout ce qu’il peut avoir de mythique et presque d’irréel, je suis plus imprégné par le cinéma européen et surtout le cinéma français. Il y a une proximité évidente, une identification instantanée parce que ce sont des visages que je connais, des lieux qui me sont familiers, des cafés où j’ai traîné…
Plus jeune, je me disais que la vie, ou peut-être ce qu’on me cachait de la vie, devait ressembler à ça. Il y a donc fatalement des choses qui s’impriment en vous, même si
les références se font de manière inconsciente. Les cinéastes sont pour moi des compagnons de vie. Je vois et revois leurs films, ils m’influencent sans doute comme des amis proches ou des parents peuvent le faire. En même temps, on ne reproduit pas forcément le même schéma que ses parents !