Notes de Prod. : Une Vie à t'attendre

    en DVD le 20 Octobre 2004

Deux questions à thierry klifa, réalisateur

UNE VIE A T’ATTENDRE est votre premier film. Quel a été votre parcours, d’où vient votre passion pour le cinéma ?

J’ai commencé à aller très jeune, et de façon régulière, au cinéma avec ma grand-mère. Nous avions fait un pacte, elle m’accompagnait à un Walt Disney, et la fois suivante nous allions voir un film pour adultes. L’enfant que j’étais ne comprenait pas tout de ce qu’il voyait, mais en retenait toujours quelque chose. J’ai vraiment appris la vie à travers les films. D’ailleurs, mon amour pour le cinéma est sans doute plus constant que mon amour pour la vie ! A l’adolescence, je me suis beaucoup réfugié dans les salles de cinéma. J’aimais les actrices alors dès que je tombais amoureux d’une comédienne, je voyais tous ses films. C’est à travers elles que j’ai découvert les cinéastes.

Quels sont metteurs en scène qui ont marqué votre imaginaire ?
J’ai goûté à différents genres de films de manière un peu anarchique, en étant plus tributaire de mon plaisir que d’un diktat cinéphilique. Si le cinéma américain m’a toujours fait fantasmer dans tout ce qu’il peut avoir de mythique et presque d’irréel, je suis plus imprégné par le cinéma européen et surtout le cinéma français. Il y a une proximité évidente, une identification instantanée parce que ce sont des visages que je connais, des lieux qui me sont familiers, des cafés où j’ai traîné…
Plus jeune, je me disais que la vie, ou peut-être ce qu’on me cachait de la vie, devait ressembler à ça. Il y a donc fatalement des choses qui s’impriment en vous, même si
les références se font de manière inconsciente. Les cinéastes sont pour moi des compagnons de vie. Je vois et revois leurs films, ils m’influencent sans doute comme des amis proches ou des parents peuvent le faire. En même temps, on ne reproduit pas forcément le même schéma que ses parents !

Deux questions à nathalie baye

Qu’est ce qui vous a séduit dans ce projet ?
J’ai eu la chance, ces derniers temps, d’interpréter de beaux personnages, mais il s’agissait souvent de femmes qui se laissaient aller ou qui picolaient... Des femmes qui n’étaient pas dans la séduction ou dans l’état amoureux. On les avait abandonnées, elles avaient du mal à s’en sortir. Là, ça m’a fait du bien de jouer un personnage comme Jeanne. Une amoureuse !

Deux questions à patrick bruel

Alex…
C’est quelqu’un qui a été profondément blessé autrefois par l’échec de sa relation amoureuse avec Jeanne. Il a fait le deuil de cette histoire, par la force des choses… Il lui a fallu du temps pour se sentir prêt à rencontrer une autre femme. Avec Claire, ça se passe plutôt bien, il commence à reconstruire sa vie, tout en jonglant entre ses responsabilités et son insouciance.

Deux questions à géraldine pailhas

Vous êtes particulièrement attachée à ce film. Un projet que vous avez vu naître et évoluer…
Comme Christopher, je connais Thierry depuis de nombreuses années. J’ai été amenée à donner régulièrement une opinion amicale sur leur travail, sans que jamais il soit dit que je participerais au film en tant qu’actrice, je pouvais donc parfois être assez cinglante ! Une première version ayant été abandonnée pendant quelque temps, puis reprise un an et demi avant le tournage, l’évolution des auteurs avec un peu plus de maturité au passage, a considérablement transformé les enjeux des personnages.

Deux questions à anouk grinberg

Votre première rencontre avec Thierry Klifa
J’ai rencontré Thierry le soir de la dernière de "La Preuve", une pièce plutôt éprouvante pour moi. Je m’étais juré de souffler pendant quelque temps, mais Thierry était là, avec sa bonne bouille, son émerveillement et sa gentillesse non feinte. Il m’a parlé de son projet, une histoire d’amour et de déchirements entre différents personnages, dans laquelle moi, je serais l’amie. J ai pris cette proposition avec gourmandise. C’est parfois mieux d’occuper cette place que celle de l’amoureuse. On y trouve plus de paix, de confiance, de respect.

Deux questions à danielle darrieux

Thierry Klifa
Je l’ai connu comme journaliste. Il m’aimait bien, je l’aimais bien, et un jour, il m’a demandé de jouer dans son court métrage. Mon personnage s’appelait déjà Emilie, sans doute en référence à sa grand-mère qu’il adore. C’est peut-être un porte-bonheur !J e trouvais intéressant que Thierry se confronte directement à la réalisation plutôt que de végéter comme assis tant pendant des années, ce qui entraîne souvent à devenir aigri.

Deux questions à michaël cohen

Comment Thierry vous a t’il parlé de votre personnage ?
Par des voies détournées. En me parlant de lui ou de moi. Julien m’est apparu comme étant assez proche de lui par certains côtés, et à une certaine période de sa vie. Il y a aussi beaucoup d’analogies avec ma propre histoire, mes propres blessures. Ce mélange apportait suffisamment de matière pour comprendre ce personnage, et susciter une envie forte de l’interpréter.