Lors d’une de nos premières rencontres, Abel m’a demandé quel rôle je pensais pouvoir incarner. J’ai répondu Loïc, et c’est effectivement pour ce rôle qu’il avait pensé à moi. Il y avait un enjeu à jouer ce personnage qui a très peur de la montagne mais qui est prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut.
L’une des forces du film est de renverser tous les clichés du genre. Je crois que le public pourra se reconnaître dans les personnages et s’y attacher. On suit de vrais individus et ils ne sont pas tout noirs ou tout blancs. On ne peut absolument pas deviner lesquels disparaîtront les premiers. Chacun d’eux va se révéler et faire avancer l’histoire selon sa propre personnalité.

Sur un plan personnel, j’aime le risque et les poussées d’adrénaline qu’il provoque. J’ai fait beaucoup de montagne. J’ai toujours été un skieur, j’ai toujours aimé grimper. Jamais dans ma carrière je n’avais eu l’occasion de mêler à ce point ma propre adrénaline et celle du jeu. Connaître la grimpe m’a aidé à jouer le vertige. Si je l’avais réellement éprouvé, je serais resté collé à la paroi. Je ne connais pas ces peurs primaires dont j’ai joué et elles sont véritablement liées au personnage de Loïc. Quand on grimpe les échelons d’une via ferrata, il y a quand même trois mètres entre chaque point d’accroche, on peut se faire très mal si on dévisse. Il faut rester très concentré. Même avec l’aide des guides de montagne, chacun devait faire attention aux autres et à lui-même. Nous étions à la fois une troupe et une cordée.

J’ai beaucoup joué avec Raphaël, qui incarne Guillaume. C’est avec moi qu’il a fait sa première escalade en montagne. Je lui ai montré comment s’assurer, comment grimper. Cela nous a soudés et tant mieux, parce que nous avions des cascades ! Jamais, au début, il ne se serait cru capable de les faire et à la fin, c’est lui qui proposait de refaire les prises ! Grâce à la sérénité qu’il dégage, il m’a beaucoup appris. C’était un véritable échange entre nous. Raphaël m’a impressionné tant sur le plan humain que sur le plan artistique. C’est quelqu’un d’extraordinaire. C’est aussi un comédien incroyable.
Quand Loïc rencontre Chloé, elle va très mal parce qu’elle a vécu ce qu’elle considère comme un échec personnel à l’hôpital où elle travaille. Lui qui déteste la montagne, qui a peur du vide, est là uniquement pour elle. En fin de compte, il s’aperçoit que Chloé se détache de lui. Il va tout faire pour la récupérer. J’ai essayé de jouer cela de façon à ce qu’on se rende compte qu’il est sensible et qu’il souffre. Ce personnage était un vrai enjeu pour moi et j’ai beaucoup aimé le jouer.
Travailler avec Abel a été une excellente expérience du début à la fin. C’est un très bon directeur d’acteurs et la communication entre nous a été super bonne. Il y a eu un échange, un rapport humain qui m’a permis de lui donner ce qu’il me demandait.
Ce tournage m’a fait grandir autant que celui de
Les Témoins. J’ai réellement évolué et je vois les choses différemment. C’est un vrai passage dans ma vie.