Notes de Prod. : Virgil

    en DVD le 04 Avril 2006

Entretien avec Mabrouk El Mechri

Difficile de résumer ce film dont les rebondissements sont incessants et qui oscille entre la comédie et des touches plus dramatique…
Mabrouk El Mechri : J'ai voulu que chaque personnage soit traité en profondeur. Et du coup, on pourrait aussi bien mettre en avant l'histoire de Virgil (Jalil Lespert) et Margot (Léa Drucker), de Virgil et son père Ernest (Jean-pierre Cassel), d'un père Louis (Philippe Nahon) et de sa fille Margot, ou encore de deux pères en taule… Donc c'est effectivement assez dur… Ca a un côté film choral qu'on peut retrouver dans les séries télé en général et dans Les Soprano en particulier. Il s'agissait de ne pas laisser un personnage à la rue sous prétexte qu'il était secondaire.

Comment est né le projet de tourner Virgil ?
Mabrouk El Mechri : C'est arrivé avec ma rencontre avec Gaumont en la personne de Sidonie Dumas qui est ma productrice. Je l'ai rencontrée sur un autre projet qui finalement ne s'est pas fait. Mais finalement ne s'est pas fait. Mais elle m'a dit que je pouvais rester écrire mon premier film chez Gaumont. C'était plutôt pas mal ! (rire) Tout résidait alors dans le choix de ce premier film et comme tout mec qui rêve de réaliser, j'avais déjà échafaudé trois quatre scénarios. On a essayé de monter des choses qui ne se sont pas faites pour diverses raisons : ça devait plaire aux chaînes, avoir un premier rôle porteur... Puis au bout de deux ans, on s'est dit qu'il fallait trouver un sujet qui ne soit pas cher, qui permette de tourner dans une économie réaliste, et qui soit conforme à l'univers que j'avais envie de montrer. En mêlant deux histoires, dont l'une parlait d'un boxeur vendeur de sandwiches grecs et l'autre se situait dans un parloir, Virgil est arrivé et Jalil Lespert est alors devenu une évidence pour tenir le rôle. Quand je m'occupe du casting, je prends deux moments du film, et j'essaie de me figurer des images en y collant une tête d'acteur. Et un mec qui peut vendre des grecs et boxer, il n'y a pas trente mille, un type qui à la capacité physique de tenir le rôle non plus. Jalil avait prouvé qu'il pouvait tenir un pareil engagement avec le film de Jean-pierre Sinapi, Vivre Me Tue, où il avait pris vingt kilos de muscle pour jouer un culturiste. Et en même temps, c'est quelqu'un de très urbain, ce qu'il fallait qu'il soit aussi. Jalil redoute toujours de se retrouver avec un réalisateur qui fait tout pour le commercial et du coup, il a pesé sa décision en prenant son temps. Je lui ai passé un court que j'avais fait avec Léa Drucker, et le soir même il m'a rappelé pour me donner son accord.

Pourquoi avoir choisi de pratiquement tout tourner en studio ?
Mabrouk El Mechri : Avec mon directeur de production, on s'est aperçu que paradoxalement, ce serait beaucoup moins cher d'aller en studio que de tourner en extérieurs avec les galères liées au découpage, au transport sur chaque lieu de toute la caravane… Du coup, on a bloqué six semaines en studio. Il y a eu une période à Hollywood, quand on faisait des B-movies, signés Jacques Tourneur, Michael Curtiz… lorsqu'on voulait tourner dans un commissariat, on plaçait juste deux faces du décor d'une manière alors que les deux autres cotés figuraient la chambre du héros. On a tout pensé de cette manière, et intégré ces paramètres dés le départ m'a permis de ne pas faire de concessions, d'imaginer le film sans aucune frustration. Ce dont je suis pour l'instant satisfait, c'est que l'histoire que je raconte est cohérente avec la manière dont je la raconte, et avec le budget que j'ai eu pour le faire. Cette unité me convient. Je crois qu'il y a quelque chose de très humble à raconter une histoire avec les moyens qu'on a. On ne peut pas faire Star wars avec le budget de Blair Witch. Ce qui est parfois le cas quand on fait son premier film et qu'on veut tout donner. On oublie de se mettre au service de l'histoire qu'on veut raconter…
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 11 410 entrées
  • Cumul IDF : 12 850 entrées

  • 1ère semaine France : 25 238 entrées
  • Cumul France : 29 435 entrées