Ming-Liang est quelqu’un d’extrêmement instinctif, la deuxième fois où l’on s’est rencontré, en trois mots, en une phrase, il m’a décrite, toutes mes années de travail passées. Je me suis retrouvée complètement mise à nue... Je ne vous dirais pas la phrase qu’il m’a dite parce que c’est personnel, mais j’ai compris qu’avec cet homme, de toute façon, il ne fallait pas que je résiste, parce qu’il voyait tout...
C’est la poésie de Ming-Liang qui m’a portée.
Ce que j’ai ressenti fortement c’est que, à travers moi, j’avais l’impression de parler de l’émotion de Ming-Liang, de son émotion à lui. Il s’est servi de moi. J’étais juste une sorte d’électron, comme ça, qui lui permettait de dire ce qu’il avait à dire. J’étais la marionnette du metteur en scène, mais cette fois dans toute sa beauté, je n’ai pas de problème à le dire parce que c’est très agréable.