Vive la vie
Genres : Comedie Dramatique, Comedie - Durée : 1H38 mn
Sortie en salles le 05 Octobre 2005 - en VOD/DVD le 09 Mai 2006
Presse
Spectateurs

À l'image du film, une aventure humaine

Une immédiate osmose
Une aventure qui débute il y a près de 10 ans, , alors photographe pour de grandes marques, s'évade en commençant l'écriture de ce premier long-métrage auquel il pense depuis longtemps, depuis probablement sa rencontre avec dans les rues du Festival d'Avignon .Il réalise, entre-temps, deux premiers courts-métrages, Harakiri, et L'Un Dans L'Autre, dont il reprend d'ailleurs plus ou moins la trame dans VIVE LAVIE, harmonieux mélange d'espoirs, d'émotions, d'angoisses, d'illusions, de souvenirs qui sommeillent en lui. Il se tourne alors vers Régine Konckier, qui est immédiatement séduite par le projet : « J'ai été touchée par son style, par cette manière qu'il a de dire des choses graves en les traitant avec humour. Faire juste pleurer dans les chaumières c'est facile, aborder certains problèmes en faisant rire en même temps, c'est beaucoup plus délicat.J'ai produit beaucoup de comédies, je trouve qu'il n'y a rien de plus beau que de faire rire les gens et je crois qu'on ne peut vraiment le faire qu'en s'arrêtant sur des sujets d'une certaine gravité. C'est ce qui m'a intéressée, dès le début, dans ce récit. »
Elle se sent proche du regard qu'Yves pose sur certaines réalités : « J'ai été sensible à cette mise en perspective du rapport qu'il est possible d'avoir avec l'argent, un rapport qui nous éloigne parfois considérablement de nous-même, de nos propres désirs, ce que j'ai souvent eu l'occasion d'observer. La réussite isole forcément, les gens changent de comportement, il y a ceux qui veulent en profiter et ceux qui n'osent pas, qui n'osent plus, car ils craignent justement que l'on puisse penser qu'ils vont chercher à en profiter. Il est alors très difficile d'établir de vraies relations, profondes, avec les autres.Puis, arrivé à un certain stade de sa vie, on finit par se poser des questions ; c'est ce qui se passe dans le film. Pour moi, la phrase clé du film, c'est quand il est chez le psy et qu'il se demande s'il peut encore changer. Nous sommes en général beaucoup trop gâtés. Colombe sait qu'elle peut mourir demain, elle se rend compte que la plus belle des choses c'est de vivre. Traverser une épreuve peut parfois nous aider ainsi à nous retrouver. C'est peut-être un cliché, mais c'est une réalité, nous prenons ainsi conscience de la véritable valeur des choses. Après nous oublions, trop vite, il est difficile en même temps de continuer en y pensant ».

Un long cheminement
« Drainé par une agréable entente, une conviction profonde en sa force, le projet prend forme, progressivement. Mais il ne suffit pas malheureusement aujourd'hui de croire en une histoire pour réussir à l'imposer. Il faut se battre, convaincre, ce qui demande du temps, beaucoup de temps et surtout proposer des noms, fiables, qui rassurent les distributeurs. Deux comédiens se sont déjà engagés depuis longtemps, , évidemment, concerné personnellement par cette aventure, qui la suit depuis le début, et , qui a littéralement flashé en lisant le scénario, qui n'a aucunement hésité, prête à se mettre en danger. Yves et Régine se tournent alors vers , qui semble être l'acteur idéal pour endosser le rôle de Richard. Le rôle le touche tellement qu'il a besoin d'un temps de réflexion. Didier aussi a connu un énorme succès et malgré cela il est resté dans un questionnement très intéressant. Tout en ayant confiance dans sa vision des choses, du travail.Il se comporte comme s'il n'avait pas réussi, il doute, c'est quelqu'un de réellement anxieux, qui a gardé certaines valeurs, une vraie générosité, ce qui est peu fréquent dans ce métier ».
Ce sera l'engagement de , qui permettra à Régine Konckier et de voir enfin leur rêve se concrétiser : « Nous avons travaillé de nombreuses années sur ce projet, il a été difficile à mettre en place et ce qui a évidemment permis de le faire avancer, c'est l'arrivée de Didier, son implication. C'est très difficile aujourd'hui de monter des films. À partir du moment où Didier s'est investi, nous avons trouvé des financements assez rapidement. J'ai dû néanmoins prendre pas mal de risques».

Une collaboration enrichissante, chaleureuse
Conquis, motivé, entre donc pleinement dans l'aventure, travaille main dans la main avec Yves et Régine, reprend avec eux certains points du scénario. Une rencontre, suffisamment simple, suffisamment rare, pour mériter d'être soulignée. C'est d'ailleurs une chaleureuse motivation, une sympathique gaieté qui caractérise l'ensemble de cette équipe qu' vient rejoindre avec entrain, ce qui rend cette aventure cinématographique des plus conviviales. Il y a un réel échange, une énergie positive qui étonne, touche une productrice habituée à des tournages souvent houleux, conflictuels. Au-delà des recherches de financements, elle ne quitte plus le plateau, suit pas à pas la construction de ce film pour lequel elle s'est démenée, y participe et le comportement, le professionnalisme et la générosité de son réalisateur, qui met pourtant en place son premier long-métrage, lui prouve qu'elle ne s'est pas trompée, qu'elle a eu raison de lui faire confiance : « Ce n'est pas la première fois que je prends en charge le premier film d'un cinéaste et je sais que je prends toujours un très gros risque. Et bien, honnêtement, je n'ai jamais eu un tournage aussi plaisant que celui-là. Il a été porté par un vrai travail d'équipe. Yves savait exactement ce qu'il voulait et il a su, en même temps, profiter des expériences de ceux qui l'entouraient. Il sait écouter, ce qui est pour moi l'une des plus grandes qualités d'un cinéaste. Il a l'art des relations humaines, il sait obtenir ce qu'il désire sans être autoritaire, en ayant une vraie tendresse pour les autres. Il n'est jamais méprisant, ce qui est fondamental et motive ceux qui le suivent. Nous avons beaucoup travaillé, ensemble, toujours dans la bonne humeur. Il n'y a eu aucun problème d'ego, ce qui mine souvent ce type d'aventures ».
De cette épanouissante et lumineuse collaboration, il reste donc aujourd'hui une trace, un film dont le tournage, à l'image de ce qu'il raconte, de ce qu'il s'en dégage, a rendu heureux toute une équipe, ce qui finalement est peut-être le plus important : « Si tous les films pouvaient se passer de la même façon, ce serait merveilleux.C'est une aventure qui a beaucoup compté pour moi et je remercie vraiment tous ceux qui nous ont faits confiance. Je pense que nous avons réussi à tenir nos engagements, que le film est même, finalement, mieux que ce qu'il en ressortait en lisant le scénario, grâce à des comédiens qui ont réussi à admirablement incarner chaque personnage ».

Entretien avec Yves Fajnberg

Votre parcours est assez atypique, qu'est-ce qui vous a amené finalement vers la réalisation ?
J'ai toujours eu envie au fond de moi de faire du cinéma. Mon premier film date du lycée, j'avais une petite caméra et je filmais en cachette les profs dans les travées. J'ai malheureusement perdu la bobine. En même temps, le monde du cinéma m'apparaissait complètement inaccessible et c'est certainement pour cette raison que je ne me suis guère précipité vers cette première vocation. Ce qui m'a poussé vers cette passion, m'a encouragé à me tourner vers la préparation de ce premier long-métrage, c'est de tourner des publicités puis des courts-métrages. Il me semble également que l'approche de ce métier a beaucoup évolué ces dernières années. Il était assez difficile de monter un premier film et il y avait une réelle sacralisation autour des réalisateurs. Ce n'est pas pour m'excuser d'être là, mais il y a un vrai intérêt aujourd'hui pour des metteurs en scène qui ne sortent pas forcément d'une école de cinéma, qui ont un autre vécu, des expériences humaines ou professionnelles différentes, qui peuvent imposer une autre vision des choses, apporter un renouvellement.

Entretien avec Didier Bourdon

Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cette nouvelle aventure ?
Je vais être très direct. C'est la première fois que l'on me propose un rôle aussi beau, aussi intéressant. C'est un personnage puissant, mais qui, intérieurement, est fissuré, blessé et se remet en question. Il n'est pas très sympathique au début du film, ce qui me plaît, il est coincé dans un carcan qui va exploser. Certains événements vont bouleverser sa vie, vont lui permettre de changer, ce qui est formidable à jouer, à exprimer, d'autant plus qu'il va commencer par aller dans tous les sens en commettant pas mal d'erreurs, mais il a le courage de les assumer. C'est

Entretien avec Alexandra Lamy

Un projet qui vous a immédiatement emballée ?
J'ai eu la chance de lire le scénario assez en amont et, lorsque j'ai rencontré Yves, j'ai immédiatement eu envie de travailler avec lui, de m'investir dans ce projet. Cela m'amusait d'entrer dans la peau de cette mannequin en fin de carrière, qui devient sombre, aigrie, d'être confrontée à ses doutes, ses blessures. Je voulais montrer qu'elle n'est pas seulement une image glacée sur une couverture de magazine, parfaite, figée, qu'elle peut aussi se prendre une porte en pleine figure, casser son talon, être traitée avec mépris, des petits détails qui font d'elle un être fragile. Ce sont des axes que j'adore exploiter.

Entretien avec Zinedine Soualem

VIVE LA VIE est un film par lequel vous êtes directement concerné ?
Effectivement, c'est un projet que je suis depuis plusieurs années. J'ai connu Yves au Festival d'Avignon il y a près de 25 ans, je faisais du mime dans la rue et lui vendait des objets en bois au marché des artisans. C'était la fin de sa période hippie et moi je débutais comme comédien. Il s'est inspiré de ma propre histoire, de notre amitié, elle s'intègre dans le récit. La fiction l'emporte ensuite sur la réalité. Certaines scènes me sont vraiment liées, notamment celle du samouraï, qui était l'un de mes numéros.Yves en avait d'ailleurs déjà tiré un court-métrage, Harakiri. Je me suis également produit dans les hôpitaux pour divertir les enfants malades. Il a aussi repris l'anecdote de L'Un Dans L'Autre, un court-métrage que j'ai tourné avec Isabelle Candelier où nous nous retrouvions coincés alors que nous faisions l'amour, enfin là il ne s'est pas appuyé sur des faits réels ! Quand il a commencé à s'attaquer à VIVE LA VIE, j'ai suivi toute l'aventure.J'ai lu les différentes versions du scénario et j'ai trouvé immédiatement son écriture son style, très pertinents. Il a toujours eu une perception très artistique des choses et, lorsqu'il travaillait, je le sentais insatisfait. Il a enfin trouvé sa voie et j'espère qu'il pourra poursuivre ce cheminement car il a un vrai talent.

Entretien avec Armelle Deutsch

Qu'est-ce qui vous a séduit lorsque vous avez découvert le scénario ?
J'ai trouvé le message du film très universel, à savoir qu'on focalise souvent sur des petits faits mineurs en oubliant que la vie est courte, ce qui m'a énormément plu, d'autant plus qu'on me proposait le rôle qui déclenchait une réelle prise de conscience chez les autres personnages.

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