Notes de Prod. : Vive la vie

    en DVD le 09 Mai 2006

Entretien avec Zinedine Soualem

VIVE LA VIE est un film par lequel vous êtes directement concerné ?
Effectivement, c'est un projet que je suis depuis plusieurs années. J'ai connu Yves au Festival d'Avignon il y a près de 25 ans, je faisais du mime dans la rue et lui vendait des objets en bois au marché des artisans. C'était la fin de sa période hippie et moi je débutais comme comédien. Il s'est inspiré de ma propre histoire, de notre amitié, elle s'intègre dans le récit. La fiction l'emporte ensuite sur la réalité. Certaines scènes me sont vraiment liées, notamment celle du samouraï, qui était l'un de mes numéros.Yves en avait d'ailleurs déjà tiré un court-métrage, Harakiri. Je me suis également produit dans les hôpitaux pour divertir les enfants malades. Il a aussi repris l'anecdote de L'Un Dans L'Autre, un court-métrage que j'ai tourné avec Isabelle Candelier où nous nous retrouvions coincés alors que nous faisions l'amour, enfin là il ne s'est pas appuyé sur des faits réels ! Quand il a commencé à s'attaquer à VIVE LA VIE, j'ai suivi toute l'aventure.J'ai lu les différentes versions du scénario et j'ai trouvé immédiatement son écriture son style, très pertinents. Il a toujours eu une perception très artistique des choses et, lorsqu'il travaillait, je le sentais insatisfait. Il a enfin trouvé sa voie et j'espère qu'il pourra poursuivre ce cheminement car il a un vrai talent.

Rachid est-il proche du Zinedine d'aujourd'hui, de votre propre personnalité ?
Ce qui m'intéressait c'était de montrer une nouvelle facette de ce que je sais faire et ce rôle était un véritable cadeau. En même temps, j'ai eu heureusement la chance de mener une carrière différente, d'évoluer, de rebondir. Je n'ai pas ce côté défaitiste, quelque peu passif de Rachid qui, à près de quarante ans, n'a guère évolué professionnellement, il se ment à lui-même en se faisant croire que la vie est belle. J'aurais eu du mal à accepter de stagner de la même façon, c'est une situation qui m'aurait déprimé. Je crois beaucoup plus que lui en la vie, en mes capacités, il n'a pas confiance, c'est la raison pour laquelle il n'arrive pas, je pense, à avancer. En même temps, j'étais justement attiré par son côté perdu, sa mélancolie. Il aime ce qu'il fait mais rêve d'une situation plus stable. Il veut être un artiste, rester libre et gagner plus d'argent, on ne peut pas toujours tout avoir et ce paradoxe, ce tiraillement était intéressant à défendre. Je me suis évidemment inspiré de ma propre histoire mais, lorsqu'il se retourne et qu'il dit qu'il en a marre de faire le clown, ce n'est pas moi. Si j'avais ressenti la même chose, j'aurais arrêté du jour au lendemain. C'est une contradiction brutale et très poétique, c'est un personnage émouvant, qui m'a profondément touché.

Vous avez du coup abordé ce film avec nostalgie ?
Je ne suis jamais dans la nostalgie. Quand une situation me renvoie à mon passé, je m'en sers sans éprouver le moindre regret et le rapport avec le personnage était ici beaucoup plus technique, cela m'a fait plaisir de reprendre certains de mes numéros, de retrouver certains de mes costumes, de me maquiller comme à l'époque. C'était vraiment mon propre maquillage et c'est moi qui me suis maquillé, c'était amusant de retrouver ces gestes qui furent les miens pendant pas mal d'années.

Au-delà de votre propre personnage, qu'est-ce qui vous a séduit dans cette histoire ?
Cette spirale entre ces différents personnages qui ont quasiment tout pour être heureux, qui ne le sont pas et dont le mal être va être remis en question par cette jeune fille pleine de vie qui est face à la mort. C'est cette insatisfaction très représentative de la vie sociale et sentimentale de notre époque qui m'a plu.

Ces trois personnages ne réussissent pas à communiquer les uns avec les autres, un sentiment auquel vous vous êtes déjà heurté ?
Ils sont tous orgueilleux, ce qui les brime, les empêche d'avancer et génère, de façon inconsciente, une espèce de jeu presque pervers. C'est souvent malheureusement le cas dans la vie. C'est dur de se laisser aller, d'exprimer par des mots ses sentiments. Personnellement j'y arrive rarement, je suis plus souvent dans la réserve, ce qui est d'autant plus dommage que les actions ne suffisent pas toujours et soulèvent au contraire parfois certains malentendus, surtout dans les rapports amoureux.Yves se pose toujours beaucoup de questions sur le sens de la vie, les rapports humains, il a une réelle sensibilité et perçoit tout autant le désarroi des femmes que celui des hommes.Moi, j'ai du mal à me remettre en question, j'ai plus tendance à fuir.

Un tournage marqué également par de nouvelles rencontres, des nouvelles amitiés ?
Porté surtout par une réelle complicité entre les comédiens. Didier, je le connaissais très peu, nous nous étions juste croisés, je ne savais pas vraiment qui il était, il est difficile à saisir au premier abord, il se protège derrière une façade comique. C'est en fait quelqu'un de très tendre, de très lucide et donc forcément assez triste parfois mais c'est également quelqu'un qui aime s'amuser, qui ne s'écoute pas et adore avancer en délirant, tout comme moi, Alexandra ou Armelle. Nous parlions vraiment tous le même langage, nous allions dans le même sens, sans cabotiner, en essayant de travailler pour la vérité.

Vous semblez comblé par cette nouvelle expérience ?
Honnêtement, c'est vraiment le cas, dans l'ensemble ce fut un tournage formidable, amical, chaleureux et je défends un rôle qui me tient beaucoup à cœur.

À l'image du film, une aventure humaine

Une immédiate osmose
Une aventure qui débute il y a près de 10 ans, Yves Fajnberg, alors photographe pour de grandes marques, s'évade en commençant l'écriture de ce premier long-métrage auquel il pense depuis longtemps, depuis probablement sa rencontre avec Zinedine Soualem dans les rues du Festival d'Avignon .Il réalise, entre-temps, deux premiers courts-métrages, Harakiri, et L'Un Dans L'Autre, dont il reprend d'ailleurs plus ou moins la trame dans VIVE LAVIE, harmonieux mélange d'espoirs, d'émotions, d'angoisses, d'illusions, de souvenirs qui sommeillent en lui. Il se tourne alors vers Régine Konckier, qui est immédiatement séduite par le projet : « J'ai été touchée par son style, par cette manière qu'il a de dire des choses graves en les traitant avec humour. Faire juste pleurer dans les chaumières c'est facile, aborder certains problèmes en faisant rire en même temps, c'est beaucoup plus délicat.J'ai produit beaucoup de comédies, je trouve qu'il n'y a rien de plus beau que de faire rire les gens et je crois qu'on ne peut vraiment le faire qu'en s'arrêtant sur des sujets d'une certaine gravité. C'est ce qui m'a intéressée, dès le début, dans ce récit. »

Entretien avec Yves Fajnberg

Votre parcours est assez atypique, qu'est-ce qui vous a amené finalement vers la réalisation ?
J'ai toujours eu envie au fond de moi de faire du cinéma. Mon premier film date du lycée, j'avais une petite caméra et je filmais en cachette les profs dans les travées. J'ai malheureusement perdu la bobine. En même temps, le monde du cinéma m'apparaissait complètement inaccessible et c'est certainement pour cette raison que je ne me suis guère précipité vers cette première vocation. Ce qui m'a poussé vers cette passion, m'a encouragé à me tourner vers la préparation de ce premier long-métrage, c'est de tourner des publicités puis des courts-métrages. Il me semble également que l'approche de ce métier a beaucoup évolué ces dernières années. Il était assez difficile de monter un premier film et il y avait une réelle sacralisation autour des réalisateurs. Ce n'est pas pour m'excuser d'être là, mais il y a un vrai intérêt aujourd'hui pour des metteurs en scène qui ne sortent pas forcément d'une école de cinéma, qui ont un autre vécu, des expériences humaines ou professionnelles différentes, qui peuvent imposer une autre vision des choses, apporter un renouvellement.

Entretien avec Didier Bourdon

Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cette nouvelle aventure ?
Je vais être très direct. C'est la première fois que l'on me propose un rôle aussi beau, aussi intéressant. C'est un personnage puissant, mais qui, intérieurement, est fissuré, blessé et se remet en question. Il n'est pas très sympathique au début du film, ce qui me plaît, il est coincé dans un carcan qui va exploser. Certains événements vont bouleverser sa vie, vont lui permettre de changer, ce qui est formidable à jouer, à exprimer, d'autant plus qu'il va commencer par aller dans tous les sens en commettant pas mal d'erreurs, mais il a le courage de les assumer. C'est

Entretien avec Alexandra Lamy

Un projet qui vous a immédiatement emballée ?
J'ai eu la chance de lire le scénario assez en amont et, lorsque j'ai rencontré Yves, j'ai immédiatement eu envie de travailler avec lui, de m'investir dans ce projet. Cela m'amusait d'entrer dans la peau de cette mannequin en fin de carrière, qui devient sombre, aigrie, d'être confrontée à ses doutes, ses blessures. Je voulais montrer qu'elle n'est pas seulement une image glacée sur une couverture de magazine, parfaite, figée, qu'elle peut aussi se prendre une porte en pleine figure, casser son talon, être traitée avec mépris, des petits détails qui font d'elle un être fragile. Ce sont des axes que j'adore exploiter.

Entretien avec Armelle Deutsch

Qu'est-ce qui vous a séduit lorsque vous avez découvert le scénario ?
J'ai trouvé le message du film très universel, à savoir qu'on focalise souvent sur des petits faits mineurs en oubliant que la vie est courte, ce qui m'a énormément plu, d'autant plus qu'on me proposait le rôle qui déclenchait une réelle prise de conscience chez les autres personnages.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 13 308 entrées
  • Cumul IDF : 17 761 entrées

  • 1ère semaine France : 38 292 entrées
  • Cumul France : 48 506 entrées