Notes de Prod. : Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

    en DVD le 30 Mars 2011

A propos des personnages de Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Les personnages de Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu ont tous du mal à gérer leurs problèmes, mais Roy sera le seul à franchir la ligne jaune. «C’est le personnage le plus ténébreux, le plus complexe du film», dit Allen. «Il est insatisfait, insécurisé, ses relations avec Sally se dégradent, et il est attiré par Dia. Motivé par le désir de prendre un nouveau départ, il va commettre une mauvaise action.»
Pour Brolin, «Roy n’hésite pas un instant. Dans l’espoir de relancer sa carrière, il vole sans scrupule le manuscrit d’un ami écrivain, tout juste décédé. Les conséquences seront dramatiques.» Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu mêle, comme souvent chez Woody Allen, comédiens prestigieux et talents émergents. «Je suis toujours surpris de la qualité de leur travail», avoue le cinéaste. «Je ne les fais jamais répéter, et la plupart ne m’interrogent ni sur leur personnage, ni sur le de jouer un personnage «normal» m’a toujours angoissé. J’ai suggéré à Woody de montrer d’abord Roy dans un fauteuil roulant. Je lui ai envoyé un mail de trois pages pour lui expliquer à quel point cela me paraissait nécessaire. Je crois aussi avoir mentionné qu’il serait bon de lui donner un accent… yougoslave. Il m’a retourné un mail qui ne contenait qu’un mot, un seul : NO. Je me suis écroulé de rire, j’en ris encore. Ce fut le début de notre amitié.»
«Certains acteurs ne posent pas de questions», réplique Allen. «Josh en pose beaucoup, relatives à quantité de détails : démarche, habillement, coupe de cheveux, comportement, etc. Tant mieux si ça l’aide. Pour ma part, je me suis contenté de lui faire une ou deux petites suggestions, mais ses propres idées étaient très supérieures aux miennes. Josh pense qu’elles sont nées de notre dialogue, alors qu’elles viennent en réalité de lui seul. Moi, je me contentais de lui répéter «Tu es un grand acteur, fie-toi à ton instinct.»
Le rôle de Greg Clemente marque pour Antonio Banderas une rupture par rapport à ses emplois habituels : «Normalement, surtout aux États-Unis, on m’offre des personnages «plus grands que nature», de stature héroïque, dans des films épiques comme ZORRO ou DESPERADO. Je ne joue jamais de braves types normaux et pleins de bonnes intentions. C’était vraiment une nouvelle expérience.» Le charisme de Banderas servait à merveille ce rôle moins flamboyant. «J’avais besoin d’un acteur crédible en marchand d’art prospère, connu sur la scène internationale», explique Allen. «Antonio a la stature, la prestance et le physique qui peuvent séduire une femme. Et c’est un merveilleux acteur.» Bien que Greg semble être le seul personnage équilibré du film, il a, lui aussi, des problèmes personnels : «Il est marié à une femme bipolaire», indique Allen. «Elle lui rend la vie difficile, au point qu’il a jeté son dévolu sur une autre… qui a un problème de dépendance à la drogue et à l’alcool. Il serait sûrement mieux avec Sally, mais il a choisi son amie, qui est loin d’être aussi saine.»
Objet des désirs et fantasmes de Roy, la belle Dia apparaît à distance durant la première moitié du film. script. Ils débarquent directement sur le plateau, et me donnent en une ou deux prise tout ce que j’attends d’eux.» De fait, Allen n’avait pas rencontré Naomi Watts avant son premier jour de tournage, consacré à l’une des scènes les plus intenses qu’elle aurait à jouer. «Elle est arrivée ce matin-là, on s’est dit bonjour, et elle a démarré au quart de tour. Parfaite dès la première seconde. Je n’avais jamais rien vu de tel.»

Naomi Watts donne un témoignage… légèrement différent : «C’était une véritable épreuve nerveuse, j’étais très intimidée par Woody !» Allen est tout aussi élogieux à l’égard d’Anthony Hopkins. «Il apporte avec lui sur l’écran des années d’expérience et un bagage d’acteur exceptionnel. Sa présence et la puissance de son jeu sont aussi rares qu’impressionnantes.» Hopkins se félicite d’avoir eu la confiance d’Allen et précise : «Il n’a pas abusé de son autorité, mais il ne m’a jamais rien passé. Il a été très exigeant, il m’a demandé de donner le meilleur de moi-même, et a toujours montré sa satisfaction quand je faisais du bon travail.» Le nom de Gemma Jones revenait périodiquement durant le casting, révèle Allen : «Chaque fois que je décrivais Helena, on me répondait : «Ah oui, vous voulez dire Gemma Jones?» Cette merveilleuse actrice semblait vouée à jouer ce rôle qui lui va si bien.»
Et la comédienne de préciser : «Je me suis posé quantité de questions à son sujet. Je devais la rendre crédible et ne pas verser dans la farce même si les situations qu’elle vit sont plutôt farcesques. Ensuite, s’est posé le problème du look. Woody nous a mis sur la voie : «Pensez à lui donner des tenues et des chapeaux d’un autre temps.» Tout s’est mis en place pour faire ressortir comme il convenait la sensibilité de cette fragile créature. C’est sur cette base que j’ai construit mon personnage.»

Et Allen de constater : «Gemma connaissait intimement Helena, elle savait quoi en faire et lui a donné vie magnifiquement, aussi bien que peut le rêver un auteur.» Contrairement à ses partenaires, Josh Brolin avait quantité de suggestions à faire et de questions à résoudre. «L’idée «Lorsque vous la découvrez enfin de près, sa beauté vous éblouit», dit Allen. «Mais cette beauté, si rare, lui a sûrement compliqué la vie.»
Freida Pinto eut plaisir à jouer une créature aussi mystérieuse : «C’est libérateur. Peu de gens questionnent votre interprétation en vous reprochant de vous écarter du personnage. Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu constituait quand même pour moi un challenge : se retrouver face à Woody et Josh quand on a seulement tourné deux films… mais tout le monde a été très encourageant, et j’ai vite surmonté mes craintes.»
Lucy Punch boucla le casting dans le rôle Charmaine. «Nous avions longuement prospecté, envisagé d’autres solutions, combinaisons et permutations, mais en fin de compte, c’est Lucy qui a décroché le rôle en vertu de son seul talent», déclare Allen. «Elle est belle, très drôle, c’est une merveilleuse comédienne, avec une personnalité formidable, et elle est 100% présente à l’écran.»

«J’avais seulement lu deux scènes lors de ma première audition, mais lorsque je suis repassée, j’ai eu le sentiment inexplicable de connaître Charmaine, de savoir comment la jouer», déclare Lucy Punch. «J’ai décidé que tout ce que cette fille dit à propos d’elle-même est inventé ou improvisé dans l’instant ; qu’elle passe son temps à se créer de nouveaux personnages. Charmaine est déplaisante par bien des aspects, mais j’ai apprécié sa joie de vivre, sa soif de bonheur et sa vivacité.»
Avant de se rendre sur le tournage, Banderas reçut de Woody Allen une lettre (désormais sous verre) l’autorisant à broder ou improviser sur le texte, à sauter tel ou tel mot, telle ou telle phrase dès lors que cela faciliterait son travail et le mettrait plus à l’aise.
Tous les acteurs mentionnent la grande souplesse d’Allen à ce sujet. «Charmaine a un langage assez particulier», indique Lucy Punch, «et Woody m’a permis d’improviser, d’essayer différentes variantes, différentes blagues. Parfois, quand ça paraissait un peu forcé, il me disait «Arrête d’être drôle», mais le plus souvent, il me laissait faire ce que je voulais.» «Il m’a demandé de ne pas jouer pour la caméra, d’être aussi spontanée que possible», dit Freida Pinto.
Allen privilégie les plans longs, ce qui représente pour les acteurs un stimulant mais aussi un challenge. «Imaginez un plan-séquence avec six pages de texte qu’il faudra dire en traversant six pièces de suite», explique Josh Brolin. «Cela demande une mise en place très précise, que vous devrez assimiler en 15 minutes le temps qu’on installe les lumières, et ensuite, vous n’aurez qu’un minimum de prises pour faire le boulot. Il faut donc une grande concentration.»

«Je me demandais depuis longtemps comment les acteurs de Woody finissent par s’exprimer comme lui», dit Naomi Watts. «Cela tient en grande partie à ce nous restons sur le qui-vive durant ces longs plans, que nous hésitons, que nous nous battons avec le texte. Ce que j’adore chez lui, c’est qu’il nous fournit un dialogue étincelant sans exiger une restitution mot à mot. Quand nous tournons la scène selon sa technique et au rythme imposé par lui, nous tâtonnons et, cherchant nos mots, nous nous les approprions.»
Helena est finalement le personnage le plus serein du film. Sur son petit nuage rose, elle finit même par rencontrer un homme encore plus déconnecté qu’elle. «Helena est la plus larguée», dit Allen, «mais croire aux contes de fées est la condition sine qua non pour trouver le bonheur au sein de la tragédie que nous vivons tous. Chacun trouve sa propre parade pour enjoliver et rationaliser le drame de la destinée humaine. Les gens arrivent à tenir jour après jour en niant constamment la réalité, en se berçant d’illusions sur l’immortalité artistique, le sens de l’univers, la vie éternelles et autres balivernes.» Hopkins en voit un exemple dans la propre quête de son personnage : «Alfie veut absolument avoir un enfant qui perpétuera sa lignée et le rendra immortel. La soif d’honneurs, de gloire et d’argent est elle aussi un moyen de doper notre existence, de nous procurer un semblant d’éternité, d’éloigner l’horreur que nous ressentons au fond de nous-mêmes face au mystère de la vie et de la mort.»


Le film s’ouvre et se conclut sur la fameuse citation de «Macbeth», qui dépeint notre vie comme un conte plein de bruit et de fureur et qui ne signifie rien. Et Allen d’expliciter : «Nos personnages tournent en rond à la recherche du sens de la vie. Ils rencontrent le succès, l’amour, se heurtent les uns aux autres, se font des bleus, commettent des erreurs, le tout dans un perpétuel chaos. D’ici une centaine d’années, ils auront disparu de la surface le Terre, comme nous tous, et d’autres êtres les auront remplacés. Et tout ce qui paraissait si important, toutes ces ambitions, ces aspirations, ces plagiats, ces adultères aura sombré dans l’insignifiance. Et bien plus tard, le soleil s’éteindra dans le ciel, notre astre mourra, et bien plus tard encore, tout l’univers disparaitra dans le néant. Et même si nous trouvions le secret de l’éternité, celle-ci serait encore finie car rien n’est infini. Ce n’est que bruit et fureur, qui ne signifie rien.» Mais alors pourquoi continuer à faire des films?
«Parce que c’est une distraction qui présente quelques petits challenges et éloigne de mon esprit les pensées morbides.»

Sur le tournage de Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

Le 1er Juin 2009 - Lucy Punch remplace Nicole Kidman chez Woody Allen
L'actrice britannique Lucy Punch a été choisie par le cinéaste Woody Allen pour remplacer Nicole Kidman dans son prochain film, rapportent The Hollywood Reporter et Relax News. Nicole Kidman s'est récemment retirée du projet, préférant se concentrer sur le tournage du film Rabbit Hole de John Cameron Mitchell, a précisé le site Slashfilm.com.

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu : Notes de production

Le titre du nouveau film de Woody Allen Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu revêt un double sens. Prophétie habituelle d’une voyante à une femme esseulée en manque d’amour, il prend dans la bouche du romancier Roy (Josh Brolin) une dimension métaphorique et une coloration morbide : «Tu rencontreras l’inconnu élancé, vêtu de noir, que nous sommes tous destinés à rencontrer» – comprenons : la Mort…