" Le grand film américain des années soixante-dix " (Jacques LOURCELLES in Dictionnaire du cinéma). Avec la démesure, l'ambition et le lyrisme qui sont siens,
Michael Cimino s'attaque, deux ans avant La porte du Paradis, à dénoncer le désir de domination et de puissance de l'Amérique. D'un bout à l'autre, le cinéaste multiplie les morceaux de bravoures, dramatiques et sanglants, allant jusqu'à traumatiser personnages et spectateurs autour d'une terrifiante partie de roulette russe, apogée foudroyante des scènes guerrières. Comme dans L’année du dragon, qu’il réalisera quelques années plus tard, le cinéaste utilise ici les stigmates indélébiles de la plus grande débâcle militaire américaine pour se concentrer sur le devenir d’un pays meurtri et gangrené de l’intérieur. Épopée puissante dans son propos et intimiste par sa mise en scène, Voyage au bout de l’enfer est une oeuvre éprouvante, un examen méticuleux sur la perte des valeurs sociales et religieuses de toute une nation, désormais emprise à la paranoïa et à la violence urbaine.