Notes de Prod. : Voyage sous les mers 3D

    en DVD le 03 Février 2010

Entretien avec Jean-Michel Cousteau

Pourquoi avez-vous accepté de parrainer un tel projet ?

C’était l’opportunité d’attacher mon nom à un film exceptionnel en 3D, qui nous permet de faire un voyage sous les mers et de rencontrer toutes sortes d’espèces animales en un temps très court. J’ai moi-même réalisé des documentaires qui, le plus souvent, se concentrent sur un seul sujet. Avec Voyages sous les Mers 3D, on a l’opportunité d’effectuer un périple merveilleux au fond des océans. Cela permet de donner des informations au public en moins d’1h30 et de lui signaler qu’il y a des problèmes auxquels il faut s’attaquer et qu’il existe des solutions pour tenter de les résoudre.

Qu’avez-vous ressenti en voyant les images du film en 3D ?

Cela a été l’occasion d’unique de revivre l’expérience de la plongée : je me suis dit qu’on allait enfin pouvoir offrir au public la possibilité de vivre ces mêmes émotions que j’ai vécues à chaque fois que je plonge – tout en restant au sec !

A votre avis, comment le public réagira-t-il face à ce spectacle d’un type nouveau ?

Personnellement, je pense que le public va être surpris en douceur, car il sera guidé par une tortue à laquelle l’on s’attache très vite et qui assure la narration tout en apportant des informations de manière totalement informelle. Dans le même temps, la tortue permet de prendre position par rapport à l’environnement sous-marin : à partir du moment où le spectateur est bien informé, il pourra se débarrasser de ses fausses idées, se forger une opinion et se sentir investi d’une certaine forme de mission. Cela a représenté pour moi des années d’engagement : grâce à la 3D-Relief ce film va, en un temps record, sensibiliser le public aux grandes questions environnementales et le pousser à se sentir davantage concerné et à s’engager.

Le choix d’une tortue pour guider le spectateur vous a donc plu.

Il ne faut pas oublier que les quelques espèces de tortues qui existent sont aujourd’hui menacées : non seulement, on les capture en trop grand nombre, mais elles se prennent dans les filets de pêche abandonnés et meurent noyées. Du coup, voir le film à travers le regard d’une tortue est un symbole très fort.

Quelle a été la nature de votre collaboration avec les frères Mantello ?

Quand j’ai fait la connaissance des Mantello, j’étais un peu réservé car beaucoup de gens que j’ai rencontrés par le passé étaient en quête de sensationnel. Très vite, j’ai compris qu’ils étaient sincères et engagés et qu’ils voulaient faire partager au public leur aventure et la réalité des océans. C’est une réalité qui, à bien des égards, dépasse la fiction et permet au spectateur de mieux comprendre un monde qui lui est étranger – l’océan –, mais dont nous dépendons tous. Cette expérience a donc été pour moi l’occasion de découvrir une équipe engagée et déterminée. Ma collaboration, aussi modeste soit-elle, a consisté à faire la promotion du film et à donner certains conseils pédagogiques : je voulais m’assurer qu’il y avait un message, notamment à destination du jeune public, afin que celui-ci sorte de la projection un peu engagé et puisse se débarrasser de mauvaises informations.

Quels sont les principaux problèmes auxquels la faune et la flore marines sont confrontés ?

Ce qui est exceptionnel avec ce film, c’est qu’il permet d’approcher l’ensemble de la planète océan et d’établir les rapports qui existent entre les espèces qu’on a l’habitude de voir, comme les baleines, les requins et les tortues, et d’autres organismes vivants comme les récifs de coraux. Car il faut bien comprendre que toutes ces espèces sont dépendantes les unes des autres : si les coraux sont affectés, cela a des conséquences sur toute la chaîne alimentaire et touche nécessairement les baleines, les requins et les tortues. C’est la grande qualité du film, outre ses images 3D, de permettre au spectateur de comprendre que toutes les espèces sont liées.

Qu’en est-il des orques, qui se situent au bout de la chaîne alimentaire ?

Les orques constituent un formidable indicateur de notre manière de traiter les océans. Car, à travers la chaîne alimentaire, ces animaux accumulent énormément de toxines – produits chimiques ou métaux lourds – qui finissent par avoir des conséquences très graves. Par exemple, on constate qu’un bébé orque peut mourir au bout d’un ou deux ans parce que sa mère lui a transmis toutes ses toxines pendant la gestation et l’allaitement. Du coup, cela devrait nous alerter sur notre propre situation puisqu’on observe déjà des signaux inquiétants chez l’être humain : comprendre ce qui se passe dans les océans doit nous apprendre à mieux gérer la planète et à mieux nous gérer nous-mêmes.

Et les requins ?

Pour des raisons prétendument culturelles – mais surtout économiques –, on tue aujourd’hui entre 100 et 200 millions de requins par an et, dans la plupart des cas, pour leurs ailerons. Après coup, on rejette à la mer ces bêtes en train de saigner et de mourir, ce qui est un gâchis épouvantable au vu des millions de gens qui souffrent de la faim dans le monde. J’estime que c’est criminel. C’est d’autant plus terrible que plusieurs espèces de requins, en voie de disparition, jouent un rôle crucial dans les océans en nettoyant les fonds sous-marins.

Comment voyez-vous la biodiversité dans 50 ou 100 ans ?

C’est une question extrêmement complexe. On sait aujourd’hui que le changement climatique, dans certaines régions, affectera les glaciers et que la fonte des glaces aura un impact sur la faune et la flore. Par ailleurs, si la température de l’eau augmente ou diminue de manière anormale, les espèces animales qui sont les «architectes» des récifs de coraux – et les plantes dont elles se nourrissent – sont susceptibles de mourir. A l’heure actuelle, il y a plusieurs zones océaniques où 70% des récifs de coraux sont morts. La communauté scientifique internationale a reconnu publiquement qu’en moyenne, de 25 à 30% des coraux sont morts. Il faut donc agir au plus vite car ces coraux sont non seulement des habitats naturels, mais des protections contre les phénomènes climatiques extrêmes comme les cyclones et les tsunamis. C’est aussi essentiel pour les habitants qui dépendent de ces coraux pour leur subsistance.

Est-ce que le corail peut, malgré tout, se régénérer ?

A partir du moment où on a pris conscience des dangers et des sources des problèmes, il n’est pas trop tard pour stabiliser les choses et permettre aux récifs de coraux de reprendre vie. Par exemple, aux îles Fidji, les coraux étaient dans un plus mauvais état il y a sept-huit ans qu’aujourd’hui. On est donc en mesure de réduire l’impact de la pollution et du réchauffement climatique sur les coraux pour stabiliser la situation, voire pour restaurer certaines espèces qui n’ont pas totalement disparu.

On déplore souvent les désastres de la civilisation moderne sur les océans. Y a-t-il eu, malgré tout, des avancées depuis quelques années ?

Aujourd’hui, on peut dire qu’il y a de réels progrès par rapport à la situation qui prévalait il y a une quinzaine d’années : un film comme Voyage sous les Mers 3D permet notamment de communiquer un message essentiel aux jeunes générations qui le relaient ensuite à leurs parents etc. Cela me rend plutôt optimiste sur l’avenir : en sensibilisant les jeunes, on permettra aux futures générations d’avoir les mêmes privilèges que nous connaissons à l’heure actuelle.

Avez-vous quelques exemples de décisions récentes qui ont permis d’améliorer la situation ?

Quand j’étais en Basse-Californie, au Mexique, une grosse entreprise de sel souhaitait s’implanter dans une baie où les baleines grises viennent pour s’accoupler, mettre bas et s’occuper de leurs petits pendant deux-trois mois avant de repartir dans leur migration. On s’est vite rendu compte qu’une telle entreprise aurait un impact terrible sur les baleines. J’ai réussi à rencontrer non seulement la population locale, mais aussi le président mexicain : je lui ai expliqué à quel point j’étais inquiet et il s’est engagé à empêcher l’installation de l’entreprise dans cette zone. Cela prouve que sans faire beaucoup de bruit, et avec de la diplomatie et du dialogue, on peut obtenir des résultats.

Aux Etats-Unis également ?

Absolument. Il y a quelques années, j’ai contribué à ce qu’un important parc naturel marin de Californie ne soit plus accessible à la pêche dans sa totalité. On s’est battus comme des fous contre l’industrie de la pêche et notamment contre les pêcheurs de sport qui estimaient qu’on empiétait sur leur liberté. Trois ans plus tard, on assiste à une surpopulation de poissons dans cette zone protégée : les pêcheurs professionnels viennent nous voir pour nous remercier car ils ont pu préserver leur emploi. D’autre part, en 2003, j’ai fait une expédition dans le nord-ouest des îles d’Hawaï qui comptent 2000 km de récifs de coraux : il y avait là des milliers de tonnes de filets de pêche abandonnés – fatals pour les animaux qui y échouent – et d’objets divers, comme des téléviseurs, des ordinateurs, des téléphones portables etc. qui provenaient d’une cinquantaine de pays. A certains endroits, on ne pouvait même plus marcher sur le sable tant il était jonché de détritus. Je me suis rendu compte que le monde entier continuait à utiliser le Pacifique comme une poubelle universelle car 10% seulement de ces déchets sont déversés par les bateaux. J’ai alors rencontré le président américain qui a pris une décision drastique, en faisant de cette région le plus grand parc marin du monde.

Ce combat que vous menez est-il le rôle de votre fondation ?

J’ai créé Ocean Futures Society pour honorer et perpétuer la philosophie de mon père auquel j’ai été associé toute ma vie. Notre credo est très simple : si on protège les océans, on se protège soi-même. Notre mission consiste donc à organiser des communications massives par la télévision et l’Internet pour sensibiliser la population mondiale à ces thèmes. Et justement, les images de Voyage sous les Mers 3D permettent d’accroître l’impact de notre mission. D’autre part, nous avons une mission pédagogique : nous mettons à disposition des enseignants et des jeunes de la documentation qui leur permettra de prendre, à l’avenir, de meilleures décisions. Enfin, Ocean Futures a comme objectif de faire de la diplomatie, en rencontrant des chefs d’Etat, des responsables politiques et des industriels et, à travers le dialogue, d’infléchir certaines décisions qui auront moins d’impact sur l’environnement.

Quels sont les arguments que vous utilisez ?

J’explique toujours que la nature doit être gérée comme une entreprise. Il faut considérer que cette nature est le capital qui a été mis à notre disposition : si on vit des intérêts produits par le capital, on peut continuer comme cela de manière pérenne. Mais aujourd’hui, non seulement nous consommons les intérêts, mais aussi le capital. Tout le monde sait qu’on va à la faillite ! Il faut donc apporter les informations aux décideurs du monde pour arrêter ce gâchis, stabiliser la situation et devenir de meilleurs gestionnaires.

Entretien avec les frères Mantello

Quelle est la genèse du film Voyage Sous les Mers 3D ?

François Mantello (FM) : Avec mon frère, nous travaillons ensemble depuis plus de vingt ans et nous avons toujours été impliqués dans des métiers liés à l’image. Nous avons découvert la magie de la 3D-Relief en nous rendant aux Etats-Unis dans des parcs de loisirs à la fin des années 80. C’est en 1991 que nous avons réalisé un court-métrage publicitaire de 4 minutes en 3D-Relief pour le compte de Hewlett Packard. À l’époque, c’était révolutionnaire.

La voix du film : entretien avec Marion Cotillard

Comment êtes-vous arrivée sur ce projet ?

Le plus drôle, c’est que j’étais dans le désert quand j’ai reçu cette proposition. Et le désert a une forte ressemblance avec la mer : c’est une immense étendue de vagues. Des vagues de sable sous lesquelles il y a malgré tout, moins de vie que sous la mer. J’ai toujours été fascinée par l’océan, et notamment par la vie sous-marine. J’ai fait plusieurs plongées qui ont été des moments inoubliables. Du coup, avant même de lire le projet, j’étais intéressée a priori. Par la suite, j’ai vu le film et rencontré l’équipe et j’ai été totalement fascinée par les images en 3D. On a vraiment l’impression d’être sous l’eau et de faire une plongée. J’ai aussi beaucoup aimé le fait que le récit soit mené par une tortue. C’est plus qu’un commentaire de documentaire, c’est vraiment un personnage à part entière, extrêmement attachant.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 68 entrées
  • 1er jour IDF : 850 entrées
  • 1ère semaine IDF : 7 659 entrées
  • Cumul IDF : 14 735 entrées

  • 1ère semaine France : 46 772 entrées
  • Cumul France : 114 758 entrées