L'aspect le moins problématique de ce
Mystère du Lapin-Garou fut assurément le casting des deux rôles principaux : Gromit, parce qu'il est muet, et Wallace, puisqu'il a toujours eu la voix de
Peter Sallis.
Nick Park :
« Peter est Wallace, et vice versa. Il s'est imposé sitôt que j'ai remarqué son timbre si particulier dans la série «Last of the Summer Wine». Étudiant timide aux ressources des plus modestes, j'ai tenté ma chance en lui écrivant un mot, et il a très généreusement accédé à ma demande. »
Peter Sallis :
« Je me suis rendu à l'École de Cinéma de Beaconsfield, où Nick faisait alors ses études et nous nous sommes assis côte à côte devant un micro pour enregistrer «Une Grande Excursion». De temps en temps, Nick glissait une petite suggestion, du genre «Je pense que ce serait mieux si…». Cela m'a un peu étonné, au départ. Mais j'ai vite découvert que Nick était dans le vrai. Et il l'est encore!
«En 1983, je n'avais évidemment aucune idée de l'ampleur que tout cela prendrait. D'ailleurs, Nick ne pouvait même pas me montrer ses personnages car il en était encore au stade du story-board. Six longues années passèrent, et un beau jour, mon téléphone sonna. Nick venait m'annoncer la fin de son labeur :
«Ça y est !» Et moi de me dire : «Oh Dear, il lui aura fallu six ans!».
Nick Park souligne que Sallis ne fit pas que «prêter» sa voix à Wallace, mais contribua également à son look.
Nick Park :
« Gromit est bien incapable de parler, mais son mutisme fait partie intégrante de sa relation à Wallace. Ces deux-là n'ont pas besoin de dialoguer car leurs liens sont plus profonds que la parole. Wallace est l'inventeur farfelu qui se lance dans l'action de manière impulsive et irréfléchie. Gromit est la prudence incarnée. Le premier agit, le deuxième réfléchit. Manifestement plus intelligent que son maître, le chien le tire constamment des difficultés dans lesquelles il s'est fourré. »
Steve Box :
« Gromit est le personnage que redoutent le plus les animateurs du fait de son expressivité. Lorsque nous avons écrit le script du MYSTÈRE DU LAPIN-GAROU, nous avons indiqué les réflexions que devaient traduire ses mimiques : «Qu'est-ce qu'il est encore en train de faire ?» ou «Si seulement je pouvais le maîtriser!». D'où l'importance du jeu, qui garantit la parfaite lisibilité du personnage. »
Wallace donne une nouvelle preuve de son ingéniosité en offrant aux habitants de sa localité les services de la société Anti-Pesto, censée protéger leurs potagers des rongeurs. Il s'est attiré du même coup la reconnaissance d'une cliente de marque : Lady Campanula Tottington, organisatrice du fameux Concours de Légumes Géants dont la ville attend avec impatience l'ouverture.
Helena Bonham Carter :
« Lady Tottington est une femme de la haute société légèrement excentrique, pour ne pas dire timbrée. Elle cultive avec passion son potager, qui est malheureusement infesté de lapins voraces. D'où son appel à Wallace & Gromit, qui ont trouvé un moyen humain pour les neutraliser. Cette femme délicieuse ne me ressemble en rien (à moins que je ne me trompe gravement sur mon compte), mais elle a un coeur gros comme ça, et je l'adore. »
Peter Sallis :
« Wallace tombe immédiatement sous le charme de Lady Tottington. Frétillant à l'idée de la rencontrer, il n'arrive pas à sortir plus de trois mots en sa présence, mais il va dès lors consacrer toutes ses forces à la débarrasser de ces abominables rongeurs. »
La dévotion de Wallace ne peut qu'irriter le pompeux prétendant de Lady Tottington, Victor Quatremains.
Ralph Fiennes :
« C'est un mufle qui se prend pour l'homme le plus important, le plus séduisant et le plus courageux du monde. Victor méprise Wallace, ce minable qui fait obstacle à ses desseins rien moins qu'intéressés. Victor espère en effet séduire Lady Tottington en résolvant son «problème lapins» par la manière forte. Mais celle-ci n'a pas envie qu'on canarde ces lapins qu'elle adore. C'est d'ailleurs ce qui l'incitera à faire appel à la société Anti-Pesto de Wallace et Gromit, au grand dam de Victor. »
Steve Box :
« Helena y a mis toute son énergie et n'a pas lésiné sur l'excentricité. J'adore également le travail hilarant de Ralph sur Victor. »
Nick Park :
« La figurine de Lady Tottington a immédiatement inspiré à Helena ce ton à la fois distingué et louftingue. J'ai admiré la façon dont cette grande comédienne classique se laissait ainsi aller à un doux délire. Ralph était aussi décidé qu'elle à s'amuser, en faisant de Victor un exemple extrême de raideur et de prétention. J'aime le timbre qu'il lui a donné et tout ce qu'il lui a apporté. »