Note d’intention du réalisateurUn échange, un rapprochement, une rencontre
« La seule image du Monde arabe véhiculée aujourd’hui par les médias occidentaux passe par la guerre, le terrorisme et l’extrémisme religieux. Ce qui nous amène à penser que c’est tout ce que le Monde arabe propose.
Comme s’il s’était soudainement déshumanisé, incapable d’échanger et de transmettre sa culture. Comme si l’être humain, dans toute sa complexité, n’avait plus sa place dans le Monde arabe d’aujourd’hui.
L’Orient et L’Occident sont deux Mondes, certes, que beaucoup sépare, ou que l’on veut séparer. Ces deux Mondes ont leurs différences, leur culture, leur histoire. À travers les siècles, ces histoires se sont croisées, des échanges et des transmissions de savoir et d’art ont eu lieu.
J’ai voulu faire un film où l’humain retrouve sa vraie place au cœur de la problématique identitaire qui préoccupe ces deux mondes ; où la transmission soit à la base de toute forme d’échange : apprendre à donner pour mieux recevoir ; où ce qui nous unit et nous désunit, ce n’est plus le terrorisme ou les bombes, mais ce que nous sommes avec nos défauts et nos qualités, et au-delà, notre capacité à les transcender pour mieux nous connaître.
Cette simple connaissance de l’Autre est primordiale si l’on souhaite se rapprocher.
La danse peut permettre ce rapprochement. La danse orientale comme danse millénaire, porteuse d’une culture riche, élément primordial d’une civilisation ; la danse orientale, comme danse du ventre, de la procréation, qui a donné naissance à tant de beaux « mouvements. »
Quand Ismahan transmet à Lola sa passion pour la danse, quand elle lui parle du « Tarab », cet état extatique si particulier, elle lui transmet un peu d’elle-même, de ses craintes, ses souffrances, son histoire.
Quand Lola transmet à Ismahan sa passion pour la vie, elle la ramène dans un présent qui lui permet de découvrir tout ce qu’elle avait enfoui de beau au plus profond d’elle-même.
Apprendre à voir ce qu’il y a de beau en l’être humain, à voir en l’Autre son miroir, sans le juger, juste en l’écoutant.
Lola et Ismahan nous racontent une histoire simple, la rencontre de deux femmes appartenant à des cultures différentes, mais dont les destins sont liés. »
Nabil Ayouch Nabil Ayouch nous parle de son filmExtrait de Narcisse Et Goldmund de Hermann Hesse
« Goldmund : Tu parles toujours de différences – j’ai constaté, à la longue, que c’est là ce qui te caractérise le mieux. Lorsque tu parles de la grande différence qui existe par exemple entre toi et moi, j’ai toujours l’impression que cette différence ne consiste en rien d’autre qu’en ton bizarre acharnement à découvrir partout des différences.
Mélinda Gillet : professeur de danseJ’ai rencontré Nabil Ayouch à Paris où il préparait son film. Je lui ai apporté deux éléments : un flip book représentant une danse serpentine de Loïe Fuller et un extrait de trois minutes d’un de mes solos pour lui parler de mon parcours et mon expérience. Puis nous avons évoqué nos danseuses et professeurs préférés au Caire : Randa Kamal et Aïda Nour. |
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