Notes de Prod. : Whatever Works

    en DVD le 12 Novembre 2009

Notes de production

Woody Allen revient à New York pour une comédie dont il a le secret autour d’un misanthrope et d’une jeune fugueuse naïve. Lorsque les parents de la jeune fille viennent la chercher, tous se retrouvent plongés dans un imbroglio romantique aussi intense qu’inattendu. Chacun va découvrir que trouver l’amour dépend d’un mélange de chance et d’heureux hasards...

Le misanthrope et la jeune fille

Même si, après avoir vu le film, on a du mal à imaginer quelqu’un d’autre que Larry David dans le rôle de Boris Yellnikoff, misanthrope convaincu, le rôle principal de Whatever Works a été en fait écrit pour Zero Mostel. Mostel était un célèbre acteur comique américain vedette de films comme Les Producteurs de Mel Brooks, avec Gene Wilder, ou Le Prête-nom de Martin Ritt, avec Woody Allen. Après le décès de Mostel en 1977, Woody Allen mit le scénario de côté. Ce n’est que récemment, en y repensant comme à une idée amusante, qu’Allen décida de reprendre le projet. Il était cependant tout à fait conscient qu’il était difficile de trouver un acteur capable de prendre la place de Mostel.

Woody Allen explique : «Je me suis mis à réfléchir à qui pourrait jouer ce rôle avec suffisamment d’humour, en donnant toute sa profondeur à ce personnage, et je me suis dit que Larry David en serait capable. J’admire ce qu’il fait et il a déjà joué dans deux de mes films, Radio Days et New York Stories - même si ce n’étaient que de petits rôles.»

Les débuts de Larry David sous la direction de Woody Allen ne sont effectivement pas restés dans les mémoires. L’acteur raconte : «Après avoir joué ma petite scène dans Radio Days, je n’arrivais pas à voir la caméra, alors j’ai demandé à quelqu’un de l’équipe technique où elle se trouvait. Il m’a montré un point tout en haut sur le toit... Après, quand j’ai vu le film, on n’y voyait que mon crâne chauve !»

Lorsque la production a demandé si Larry David était disponible pour jouer Boris, l’acteur a pensé qu’on lui proposait encore un petit rôle. «J’ai ouvert le scénario, et sur la première page, le nom de Boris était partout. Par curiosité, je suis allé à la page 50 - et Boris était encore là. Puis je suis allé à la dernière page, et Boris y était aussi ! Là, j’ai réalisé qu’on m’offrait un sacré rôle !»

Alors que la plupart des acteurs se seraient réjouis de se voir offrir le premier rôle d’un film de Woody Allen, Larry David eut une réaction bien différente. Il se souvient : «Je me suis dit que Woody Allen n’avait plus toute sa tête, je me suis demandé qui pouvait lui avoir mis une idée aussi tordue dans le crâne ! Et bien entendu, comme à chaque fois qu’on me propose un rôle, je ne me suis pas senti à la hauteur. Me sentir à la hauteur, ce n’est pas du tout mon truc !»

Lire les trois pages de monologue qui ouvrent le film a été une rude épreuve. Larry David raconte : «Sur la série «Larry et son nombril», je n’apprends jamais aucun texte. En fait, la plupart du temps, je ne sais même pas ce que je vais tourner la minute avant de m’y mettre ! Ce film est donc un sacré changement pour moi !»

Woody Allen se souvient : «Larry ne cessait de me dire quelle erreur j’avais commise en l’engageant, il me répétait quel mauvais acteur il était, quelle capacité de jeu réduite il avait, et des choses dans la même veine. Et sur le tournage, il s’est révélé toujours remarquablement juste dès la première prise, il était fantastique. C’est un acteur naturel exceptionnel. Et ce qui m’a surpris le plus, c’est de voir combien il était parfait dans les scènes qui n’attendaient pas de lui qu’il soit drôle, mais exigeaient un jeu d’acteur très fin. Pour moi, être drôle est dans sa nature, il a l’humour chevillé au corps. Il n’a pas besoin de faire le clown, il lui suffit de jouer les scènes de façon crédible sans chercher à être amusant, en essayant simplement d’être réel. Lorsque Larry est réaliste, il est drôle, parce qu’il est drôle dans la vie.»

Le personnage de Boris est un misanthrope comme on en fait peu, un homme qui a une très haute opinion de lui-même et une très mauvaise opinion de tous les autres et de la race humaine dans sa globalité. Aussi outrés ses propos puissent-ils paraître, ils ne sont finalement pas très éloignés de certaines déclarations faites par Woody Allen dans le passé...

Celui-ci observe : «J’ai écrit le scénario, on y retrouve donc évidemment ma façon de voir les choses. Mais Boris est un personnage que j’ai créé. Il n’exprime pas exactement ce que je ressens. Il est une exagération extrême de mes sentiments.»

Le titre original qu’avait choisi Woody Allen pour Annie Hall était «Anhédonie», un terme qui désigne l’incapacité à éprouver du plaisir. Boris pourrait bien sembler souffrir de cette maladie. Pourtant, Larry David n’est pas tout à fait d’accord : «Boris aime certaines choses, comme insulter les gens. Il aime la musique classique, les vieux films, et les knishes, un plat juif traditionnel. Mais son plus grand plaisir dans la vie est de s’exprimer : il aime pontifier et en mettre plein la vue en montrant à quel point il est brillant.»

Il existe certaines similitudes entre Boris et le personnage que joue Larry David dans la série à succès de HBO «Larry et son nombril». Il explique : «Tous deux aiment la confrontation et n’ont pas peur d’exprimer leurs opinions. Mais le Larry de la série a besoin d’une raison pour insulter quelqu’un, ce qui n’est pas le cas de Boris. Le personnage de la série n’est pas aussi intelligent que Boris, mais il a meilleur caractère, et il semble un peu plus heureux de vivre. Et il a aussi les mêmes besoins que les gens ordinaires, comme l’amour et le sexe - des besoins dont Boris semble dépourvu.»

Abandonnant son existence dorée d’éminent physicien ayant une épouse séduisante et un bel appartement dans les quartiers chics, Boris emménage dans un quartier plus central, dans un appartement miteux qui correspond mieux à sa soif de solitude et de désespoir. Mais au sein de cette vie misérable débarque soudain un rayon de soleil en la personne de Melody, une adolescente fugueuse venue du Mississippi, jouée par Evan Rachel Wood (The Wrestler).

La jeune actrice confie : «Melody n’est que gentillesse et générosité, elle n’a absolument rien de noir en elle. Elle fait beaucoup d’efforts pour plaire à tout le monde et pour paraître intelligente aux yeux de Boris. Elle est bête comme ses pieds, mais c’est ce qui la rend si attachante.»

Depuis ses débuts d’actrice lorsqu’elle était enfant, Evan Rachel Wood a souvent joué des rôles montrant une maturité bien au-delà de son âge, comme dans Thirteen. Pour elle, Melody est un changement complet.
Elle explique : «Je ne prétends pas être un génie, mais j’ai quand même eu du mal à jouer une fille bête. Par contre, j’ai trouvé ça très amusant. Il a fallu que je me moque de moi-même, que je fasse l’idiote et que je me donne en spectacle. On devrait tous faire ça au moins une fois !»

Il n’est pas surprenant que Boris, étant donné l’antipathie qu’il éprouve envers le genre humain, ne se montre pas ravi de voir arriver Melody. Larry David note : «Au début, il n’a pas la moindre envie de la voir là. Il est trop tourné vers lui-même et ancré dans ses habitudes. Mais personne ne peut la rejeter aussi vite et la laisser à sa détresse, pas même Boris. Il n’est quand même pas aussi fou que ça.»

Cependant, Boris ne manque pas une occasion de la traiter d’idiote et de la rabaisser. En dépit de cette attitude, Melody tombe peu à peu amoureuse de lui.

Woody Allen explique : «C’est une fille toute seule dans une grande ville où tout le monde est anonyme, et voilà un type qui la recueille, lui offre un foyer, un lit, à manger, sans chercher à profiter d’elle. Et puis, elle reconnaît en lui un génie, et c’est très flatteur pour elle, qui a si peu d’estime de soi.» Evan Rachel Wood ajoute : «Je vois de nombreuses raisons pour lesquelles Boris, malgré sa grossièreté et ses phobies excentriques, attire Melody. Je crois qu’elle ne comprend pas la moitié des injures dont il l’abreuve, ce qui les rend plus faciles à supporter. Et aussi bête soit-elle, elle comprend les gens, elle lit en eux. Je pense qu’elle sait qu’il a bon cœur et que son attitude résulte d’un mécanisme de défense. Boris est comme Oscar the Grouch (un personnage de l’émission enfantine «Un rue Sésame» rebaptisé Mordicus dans la V.F.) : il a un sale caractère, il est irritable, mais il est mignon...» Avec le temps, Boris commence à apprécier la manière dont Melody sait instinctivement calmer ses crises de panique en utilisant la musique et les vieux films. Woody Allen explique : «Lorsqu’il regarde Fred Astaire sur son écran de télévision, cela le rassure. Ces vieux films n’ont rien de provocant, rien qui vous remette en cause, rien de déprimant. Ils vous permettent de vous évader du réel. Ils vous font oublier la réalité magnifiquement, à travers une belle musique et des danses agréables à regarder. C’est le genre de chose qui l’apaise.»

Patricia Clarkson, qui tenait un rôle secondaire dans Vicky Cristina Barcelona, a rejoint la distribution dans le rôle de Marietta, la mère de Melody. Mère au foyer conservatrice vivant dans le sud des États-Unis, cette femme va se transformer en une artiste new-yorkaise libérée.Patricia Clarkson déclare : «Je suis née et j’ai grandi à La Nouvelle- Orléans, et je suis profondément du Sud. Je connais le genre de femme qu’est Marietta. Mais ce qui est merveilleux chez Woody Allen, c’est que bien qu’il soit un yankee, il a saisi à la perfection son humour et sa sexualité, parce que c’est un grand écrivain, un auteur d’exception. Malgré son étonnante transformation, je ne crois pas que Marietta change autant qu’on pourrait le croire si l’on s’en tient aux apparences. Je dirais qu’elle s’est «réajustée». C’est une femme de caractère qui a beaucoup de volonté. Elle se libère physiquement et sexuellement, mais finalement pas tellement mentalement, parce que ses convictions sont très authentiques, très réelles, et qu’elle n’a rien d’inconstant.»

Woody Allen aime réaliser des scènes qui durent, en prises très longues, un peu comme au théâtre. Patricia Clarkson commente : «Il faut bien savoir son texte, parce que Woody aime faire durer les choses et continuer dans la foulée.»

Evan Rachel Wood ajoute : «On pourrait croire que quand on fait une comédie, on rit beaucoup, mais en fait on passe la plus grande partie de notre temps à tenter de rester sérieux, parce que sinon on peut tout gâcher. On pouvait faire des plans magistraux de dix pages, et arrivés une page avant la fin de la scène, tout gâcher parce que Larry disait un truc qui me faisait exploser de rire... Ça n’a pas toujours été facile !»

En se préparant aux longues scènes qu’ils allaient tourner ensemble, les acteurs ont rapidement noué des liens étroits. Patricia Clarkson commente : «Larry est très sobre dans son jeu, c’est un homme doux et simple. Ce n’est peut-être pas cette qualité qu’on lui attribuerait d’emblée, mais c’est un rêveur. Ce qui est évident par contre, c’est qu’il est hilarant !»

Patricia Clarkson et Evan Rachel Wood se sont facilement glissées dans leur relation mère-fille. Patricia Clarkson explique : «J’ai tout de suite senti une certaine parenté, une intimité avec Evan. Je me suis mise à l’appeler «Sweet Pea», un petit surnom affectueux du Sud, parce que cela me paraissait sonner tout à fait juste. Et elle m’a dit que c’était justement comme ça que sa mère l’appelait !»

Woody Allen a encouragé ses acteurs à se sentir libres de s’éloigner du script. Il explique : «Je fais toujours cela. Tous les acteurs disent que c’est merveilleux de travailler avec un metteur en scène qui souhaite qu’ils improvisent, mais ils finissent toujours par en revenir au texte !» Patricia Clarkson note : «Woody aime qu’on mélange. C’est le scénariste le moins cramponné à son texte avec qui j’ai travaillé, mais on a toujours envie de dire ses mots exacts parce qu’ils sont tellement drôles !»

Trouver le bonheur

Le titre du film parle de lui-même, mais dans cette histoire, il suggère une attitude dénuée de tout jugement envers les différents choix que font les personnages pour trouver le bonheur.

Woody Allen commente : «Faire son chemin dans la vie n’est pas simple, c’est même un dur combat, et tout ce qui peut marcher sans nuire à personne est une bonne chose. Peu importe à quel point une relation amoureuse peut paraître bizarre : si elle marche, elle marche. Et cela ne se cantonne pas aux relations amoureuses. Cela peut concerner les activités, les hobbies, le lieu où l’on vit... Si c’est efficace, si cela marche pour vous, si cela vous convient de vivre tout seul sur une île déserte, alors c’est parfait. Il n’y a rien de plus à dire là-dessus. Et c’est la même chose pour chacun des aspects de la vie. Si quelque chose de tout à fait hors norme vous convient, alors il n’y a rien de mal à courir après. Du moment que vous n’empiétez pas sur la vie de quelqu’un d’autre et que vous ne faites de mal à personne, tout est bon pour vous aider à vivre.»

Larry David précise : «Whatever Works, signifie qu’il vaut vivre sa vie non selon les critères et les règles dictés par la société et que l’on prétend convenir à la majeure partie des gens, mais selon ce que vous dicte votre cœur. On ne peut pas vivre avec quelqu’un simplement parce qu’il est de la même couche sociale, de la même origine, ou parce qu’il présente bien sur le papier. Même si vous n’avez rien en commun avec la personne, il peut y avoir quelque chose qui fasse en sorte que vous vous sentiez bien avec. Bien entendu, cela ne m’est jamais arrivé à moi. Et même si cela m’arrivait, je trouverais une bonne raison de le rejeter. Avec moi, c’est plutôt "tout ce qui ne marche pas"...»

Evan Rachel Wood observe : «Dans cette histoire, beaucoup des personnages traversent la même chose : ils ne sont pas heureux parce qu’ils mènent la vie qu’ils pensent devoir mener, qu’ils croient être une vie convenable. Ce n’est que lorsqu’ils touchent le fond et doivent se reconstruire, qu’ils réalisent que la seule chose qui compte, c’est ce qui vous rend heureux. On trouve toujours son chemin. On trouve toujours des gens qui vous ressemblent. Je crois que c’est le sens de ce film : tout ce qui marche, tout ce qui vous rend heureux... C’est comme ça que devrait être la vie.»

Le rôle du hasard

La plupart des événements majeurs de Whatever Works se produisent par pur hasard. Les gens se rencontrent fortuitement - ils se trouvent simplement dans le même restaurant ou dans le même bar au même moment. Cela reflète la conviction de Woody Allen que la chance est responsable à 90% de ce qui se produit dans notre vie.

Le réalisateur confie : «Je suis persuadé que si vous faites du sport et que vous suivez un régime alimentaire équilibré, vous pouvez effectivement contribuer à votre longévité et à votre état de santé, mais ce n’est qu’une toute petite contribution ! Finalement, on reste très dépendant de la chance. On peut toujours travailler dur et suivre une discipline stricte, mais comme je le disais dans Match Point, mieux vaut avoir de la chance que d’être bon...

Vous pouvez vous donner tout le mal que vous voulez pour trouver l’âme sœur, sans le moindre résultat. Et puis d’un seul coup, vous traversez la rue et quelqu’un laisse tomber un paquet, vous le ramassez, vous commencez à discuter avec la personne... et c’est avec elle que vous finirez votre vie. Bon, après ça bien sûr, il faut qu’un million de choses s’agencent bien : il ne faut pas que vous soyez renversé par une voiture ni que vous développiez un cancer incurable, il faut supposer que votre partenaire est heureux ainsi, que vous aimiez ce qu’il ou elle aime, et que lui ou elle aime ce que vous aimez... Vous vous réveillez le matin, et pour tout ce qui concerne vos relations avec les autres, pour la moindre petite chose qui vous arrive, tout ce que vous pouvez faire, c’est travailler dur et tenter d’influencer les choses. Mais votre influence ne peut être que très limitée. Le monde est un endroit plein d’indifférence et de violence, où rien n’a de sens. Vous pouvez faire de votre mieux pour survivre et y être heureux, mais il vous faudra de la chance pour y parvenir, bien plus de chance que vous ne le pensez. On entend souvent les gens dire «Ma chance, je la fais». Mais cette même personne qui se vante haut et fort de «faire sa chance» peut sortir de son immeuble alors qu’ils sont en train de hisser un piano à un des étages supérieurs, la corde peut casser et le piano lui dégringoler dessus. Là, elle n’aura pas "fait sa chance"...»

Woody Allen conclut : «Tous les personnages du film, qu’ils soient heureux ou non, brillants ou non, qu’ils s’épanouissent ou non, qu’ils soient sensibles ou pas, fonctionnent dans un monde qui a certaines limites et s’en trouvent bien. Mais leur vision des choses est terre à terre et limitée, tandis que celle de Boris ne l’est pas. Boris est celui qui voit ce que les autres ne peuvent pas voir. C’est réellement un génie, parce qu’il est le seul capable de voir qu’il y a un public là-dehors. Quel que soit l’endroit où sera projeté le film, même s’il n’y a qu’un seul spectateur dans la salle, il sera là pour lui...»

Notre critique du film

Woody Allen et sa Mélodie du bonheur

Whatever Works. autrement dit « le tout, c’est que ça marche » : telle est la morale de cette comédie décidément très woody allen-iènne.

Thème central, cher au réalisateur ? Le bonheur. Pas facile à trouver ce bonheur, alors quand il frappe à la porte, aussi improbable qu’il puisse paraître, le mieux, c’est de l’inviter à rentrer… demandez à Boris Yellnikoff. Après un mariage foireux, un prix Nobel de physique manqué et un suicide raté, le bonheur, il ne connaît pas.

Notes de Tournage...

Le 3 Mars 2009 - Woody Allen en avant-première mondiale

La première mondiale du dernier film de Woody Allen Whatever Works aura lieu à New York à l'ouverture du Festival de Tribeca le 22 avril prochain, a annoncé lundi un communiqué du festival à l'AFP.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 3 378 entrées
  • 1er jour IDF : 27 386 entrées
  • 1ère semaine IDF : 137 882 entrées
  • Cumul IDF : 400 872 entrées

  • 1er jour France : 53 732 entrées
  • 1ère semaine France : 287 452 entrées
  • Cumul France : 879 005 entrées