Notes de Prod. : Ze Film

    en DVD le 21 Septembre 2005

DEUX OU TROIS CHOSES A SAVOIR SUR ZE FILM…

Si vous avez manqué le début…
Il y a cinq ans, un jeune auteur, Constantine Attia, vend à une maison de production une idée originale : un passionné de cinéma pique une caméra et fait un film dans sa cité. Guy Jacques est engagé, avec Emmanuel List, pour développer l'histoire et, bien entendu, la mettre en scène. Quelques déconvenues plus tard, il quitte ses commanditaires avec le projet sous le bras et y associe un jeune producteur, Dominique Esmenard. Pendant trois ans, le tandem ira d'espoirs en déceptions. Jusqu'à leur rencontre avec Pierre-ange Le Pogam, séduit par l'intention de l'auteur-réalisateur : parler de la banlieue telle qu'elle est, et non pas telle qu'on la fantasme à force de caricatures. Mieux : avant d'être un film sur la banlieue, Ze Film parle de l'amour du cinéma.

Mais Ze Film, aujourd'hui, c'est encore eux qui en parlent le mieux…
Dominique Esmenard : “ Au bout de plusieurs portes qu'on nous a claquées au nez, on s'est dit, avec Guy, que plutôt qu'enterrer ce film, on allait le dynamiser en mettant des images sur le scénario. Et grâce aux aides du département de la Seine Saint-Denis, et plus particulièrement au maire de Bobigny, Bernard Birsinger, on a eu un peu d'argent, qu'on a entièrement investi, avec des fonds propres, dans un “ pilote ”
Guy Jacques : “ Avec Emmanuel List, on a réécrit onze séquences en plus court. Là-dessus, on a fait onze semaines de préparation avec les comédiens : Clément Sibony, Lorànt Deutsch, François Morel et pleins d'autres, pour l'occasion tous bénévoles. L'argent était entièrement dévolu à la technique : tournage en super 35mm, comme un vrai long-métrage ! Et ce pré-film nous a permis de refaire des tours de table pour le financement. ”
Dominique Esmenard : “ Ce qui ne nous a pas empêché de connaître, à nouveau, une grosse déception avec un partenaire qu'on a préféré abandonner. Guy était sur le point de tout vendre et partir aux Etats-Unis. Ou ailleurs. Mais loin. On s'est donné une dernière chance : montrer le pré-film chez EuropaCorp ”
Pierre-ange Le Pogam : “ Ce qui m'a plu, c'est le pari d'un film avec un nouveau producteur, Dominique, et un réalisateur au cœur d'or, Guy. Dès le pré-film, on sent un vrai talent ! C'est immédiatement drôle, avec des personnages tenus et un discours positif autour de la banlieue, au sein d'une cité de Bobigny, L'Abreuvoir, que Guy connaît pour y avoir vécu dix-sept ans. ”
Dominique Esmenard : “ Après avoir relu et corrigé avec nous le scénario, Pierre-Ange a décidé de retourner voir les partenaires financiers. Et le dossier a pu se monter grâce au poids d'EuropaCorp. On nous a laissé toute latitude pour le choix du casting, pour ce que voulait Guy, comment il désirait tourner, en combien de temps, etc. Là où l'aventure est gratifiante, c'est que non seulement on arrive à se placer dans un studio comme celui d'EuropaCorp, mais en plus, on a réussi à obtenir le confort de travail qu'on n'osait plus espérer. ”
Guy Jacques : “ On a tourné du 10 mai au 9 juillet. Soit neuf semaines, dont quatre dans la cité de l'Abreuvoir. Sans aucun souci. En grande partie, grâce à Gaye Yatera, un mec hallucinant, un prince. Avec son pote Titi, ils géraient l'organisation, la figuration… Ils sont si doués qu'ils montent en ce moment leur boîte de casting. Il faut également rendre hommage au directeur de production, Alain Monne qui, pour le film, a reconstitué un mini-Cinecitta dans un hangar de Bobigny ! Tout ce qui était administration, décors, costumes, effets spéciaux, etc. était concentré dans un même lieu. ”
Dominique Esmenard : “ Ce qui a impliqué Guy avec les habitants de l'Abreuvoir, c'est ce qu'il fait dire à Kubrick dans Ze Film : “ Je veux faire un film avec les gens de la cité. Je suis sûr qu'il y a autant de talent ici qu'ailleurs. ” Le résultat prouve que Guy a eu autant raison que son personnage. ”
Guy Jacques : “ Sur le plateau, aucun vol, aucune bagarre, pas un scooter, ni un sifflement qui aient perturbé une prise ! Alors qu'en pleine nuit, on descendait les nacelles qui bipaient, pas un mec n'ouvrait ses volets pour nous dire qu'on commençait à les gaver, avec notre tournage ! Ça s'est d'ailleurs si bien passé que depuis, il y a eu deux autres films tournés dans la cité. ”
Dominique Esmenard : “ La nuit, entre les prises, Micky, Clément, Lorànt et Dan jouaient au foot avec les mecs de la cité. Les gens chargés de la sécurité eux, dormaient tranquillement dans leur voiture. On a vécu une incroyable aventure d'amitié et de solidarité. Ce n'est pas du blabla à deux balles. C'est une véritable histoire de potes qui dépasse la normale de ce qu'est un projet de long-métrage. Il y a eu un entêtement à bon escient, appuyé par une vague humaine exceptionnelle. ”
Guy Jacques : “ On m'avait parlé d'une éventuelle vampirisation d'EuropaCorp… Et ben je ne suis pas concerné ! Dès le début, Pierre-Ange m'a demandé de lui montrer le film, uniquement quand le montage me conviendrait. ”
Pierre-ange Le Pogam : “ J'ai choisi de ne pas être interventionniste. J'ai aidé comme j'ai pu, comme un grand frère. Je leur apportais des choses, ils m'en apportaient d'autres. C'est un film pour lequel j'ai énormément de tendresse. Sans doute, parce qu'avant d'avoir envie de box-office, Guy et Dominique ont envie d'histoires vraies. Leur film a été fait avec des moyens humains plus important que ceux matériels. Leur qualité de vie me plaît. Et leur sincérité transparaît sur l'écran : Ze Film est une comédie qui aime les gens, les acteurs, le public, qui ressemble à son auteur. ”
Dominique Esmenard : “ Il y avait un enthousiasme, de la part d'EuropaCorp, égal à celui d'une production se lançant dans son premier film ! Qui plus est généré par un producteur cinéphile (ce qui est plus rare qu'on ne le pense !), Pierre-Ange, qui connaît mieux que personne la filmo de Guy.
Guy Jacques : “ C'est, avec mon court métrage Uhloz, le film le plus positif que j'ai jamais fait. J'ai enfin, à nouveau, raconté une histoire qui file la banane ! ”

ZE CASTING : Clément Sibony

Comment devient-on comédien ?
En travaillant, en ayant de la chance, en étant persévérant, en faisant des rencontres, en ne croyant jamais qu'on y est arrivé. Il faut être patient aussi.

Tu te souviens de ze première fois où tu t'es retrouvé devant une caméra ?

ZE CASTING : Dan Herzberg

Comment devient-on comédien ?
Quand on ne veut rien faire d'autre. Je voulais être Paul Newman ou, à la rigueur, Robert Redford. A l'époque, quand je rêvais d'être comédien, je ne connaissais pas encore les Italiens aux yeux noirs, genre Al Pacino ou Robert De Niro. A 11 ans, j'avais déjà trouvé un pseudonyme : Philip Willman. Toujours à cause de Newman, que je traduisais par “ homme nouveau ”. Willman : “ ca faisait l'homme du futur ”. Et pour le prénom, c'était en référence à Gérard Philippe que j'adore. Je me fais encore vanner par mon père, pour ça. A 14 ans, j'ai commencé à prendre des cours de théâtre dans ma région, le 94. Vers 16 ans, je suis entré chez Véra Greg - Tanya Balachova. Et puis j'ai commencé à 18, 19 ans, dans des trucs lamentables comme tout le monde. En l'occurrence, une sitcom. Qui m'a un peu dégoûté de mes rêves. Du coup, je me suis dirigé vers la musique. J'ai travaillé avec des groupes tels Malka Family, Human Spirit… Je faisais le clown sur scène, l'agitateur, et de fil en aiguille, j'ai fait les chœurs, le rappeur puis j'ai monté mon groupe le F.L.A.G. Je sévis cependant toujours dans TARACE BOULBA « Ze fanfare funk ». Mais la musique est un milieu encore plus incertain que le théâtre et le cinéma. J'ai donc repris le chemin des planches et des plateaux.