Né à Paris le 05 février 1947, Benoît Jacquot fait ses premiers pas dans le monde de l'audiovisuel en réalisant des documentaires pour l'INA. De 1965 à 1974, il est l'assistant de nombreux réalisateurs, comme Marguerite Duras ou Jacques Rivette, et développe déjà son côté férocement intellectuel. En 1975, il réalise son premier film,
L'Assassin Musicien d'après Dostoïevski, œuvre austère et épurée qui le rapproche de Bresson, puis enchaîne dans la même veine avec
Les Enfants Du Placard en 1977, qui séduisent très vite un cercle de cinéphiles. Trois ans plus tard, un budget plus conséquent lui permet de faire tourner Isabelle Huppert dans
Les Ailes De La Colombe, touchant ainsi un public plus large, mais qui peine parfois à comprendre le réalisateur.
Durant les années quatre-vingt, Benoit Jacquot se tourne vers les documentaires et le théâtre, adapte des classiques pour la télévision, et réalise deux films pour le grand écran qui passeront relativement inaperçu :
Corps Et Biens, d'après un roman de James Gunn, et
Les Mendiants, d'après Louis-René des Forêts.
Mais c'est en 1990, avec
La Desenchantee, que Benoît Jacquot trouve son public. Il révèle une petite débutante, Judith Godrèche, signe le premier volet d'une série de films, et enregistre plus de cent mille entrées à Paris. Cinq ans plus tard, il fait tourner une autre jeune comédienne, Virgine Ledoyen, transformé pour
La Fille Seule, en femme de chambre d'un grand hôtel parisien. Le film est vendu dans le monde entier, et Benoît Jacquot reçoit des éloges internationales. Sa carrière est lancée, le budget est facile à trouver et les stars se bousculent pour passer devant sa caméra. Il ne s'arrête plus de tourner : il s'intéresse aux rapports étranges d'une femme soit-disant frigide avec son mari dans
Le Septième Ciel, retrouve Isabelle Huppert dans
L'école De La Chair, sélectionné en compétition au Festival de Cannes en 1998, s'interroge sur la vie d'un politicien véreux à sa sortie de prison (Fabrice Lucchini dans
Pas De Scandale)…
Passionné par le théâtre, il filme les spectacles de Lucchini et tourne même
La Fausse Suivante dans une vraie salle de théâtre. Après Marivaux, il adapte les écrits du marquis de Sade (Daniel Auteuil) dans une œuvre ambitieuse et personnelle (
Sade). Il continue dans le film à costumes avec son opéra
Tosca, puis
Adolphe où Isabelle Adjani tombe cruellement amoureuse de Stanislas Merhar. Il est aussi l'auteur de nombreux documentaires et fictions pour la télévision, comme
Princesse Marie, en 2003, avec Catherine Deneuve. Il a mis en scène "Werther" de Massenet au Royal Opera de Covent Garden à Londres. En 2004, il fait fait tourner sa nouvelle muse, Isild Le Besco, dans un road-movie existentialiste, en noir et blanc et filmé en DV, qui n'est pas sans rappeler les techniques de la Nouvelle Vague :
A Tout De Suite, présenté dans la section un Certain Regard à Cannes 2004.
En 2005, il fait partie du jury du Festival de Cannes. En 2006, il réalise
L'Intouchable avec Isild Le Besco.
En 2009 il réalise et signe le scénario de
Villa Amalia, avec Jean-hugues Anglade, Isabelle Huppert et Xavier Beauvois.