Ernst Lubitsch est quasiment né avec le cinématographe puisqu'il voit le jour le 29 janvier 1892 dans la capitale Berlinoise. Comme Charlie Chaplin ou encore John Ford, il grandi avec le muet et découvre le parlant à sa maturité.
Né d'un père tailleur, il est amené à travailler dès l'âge de 16 ans dans la boutique de son père, qui lui inspira d'ailleurs
The Shop Around The Corner en 1940.
C'est en 1911 que Lubitsch s'introduit de près dans l'univers du spectacle en intégrant la troupe de Max Reinhardt, l'un des metteurs en scène de théâtre les plus prestigieux de l'époque. Débuta alors pour lui une courte carrière sur les planches.
En 1915 il monte la revue « Die Weltgeht Unter » à l'Appolo Theater, et fait quelques interprétations dans des courts-métrages. Comme personne ne lui écrivait de rôles, Lubitsch commença à réaliser ses propres films.
Par ailleurs, et malgré les difficultés que connaît son pays avec la guerre, Lubitsch réalise une incroyable ascension notamment avec le succès que connut
Madame Bovary sorti en 1919, et
Carmen en 1918.
Ses films connaissent un accueil plus que chaleureux en Allemagne mais aussi au-delà, et notamment aux Etats-Unis, pays vers lequel il s'est tourné après que Mary Pickford le fit appeler pour travailler en sa compagnie, à Hollywood. C'est donc avec Mary Pickford, en premier rôle, qu'il réalisera
Rosita en 1923, mais ce film ne fut pas un franc succès ; Mary Pickford, elle-même n'avait pas aimé le style.
Pourtant ce film marquera le début de son épopée américaine, dont l'œuvre comptera dix films muets et dix-neuf films parlants.
Lubitsch dirigeant la production de la Paramount, y réalisa de nombreux chefs d'œuvres parmi lesquels :
Parade D'Amour (
Love Paradise) en 1929,
Haute Pègre (
Trouble in Paradise) en 1932,
Sérénade à Trois (
Design for living) en 1933,
La Veuve Joyeuse (
The Merry Window) en 1934, et
La Huitieme Femme De Barbe Bleue (
Bleubeards english wife) en 1938, et
Ninotchka en 1939.
Dans ses œuvres il y développe un humour multi facettes tantôt viennois, tantôt anglo-saxon, avec bien souvent une touche de boulevardier français qu'il combine avec beaucoup de subtilité.
De l'Europe, sont continent natal, il s'en inspire beaucoup pour traiter des sujets sociaux et économiques. Ainsi il met en scène et manipule les personnages de ses films à travers Vienne, Londres ou encore Pars, villes dont l'élégance, le raffinement et la séduction font rêver les américains. Son art tient à un style d'apparence léger mais désinvolte et même cynique qu'il utilise pour critiquer un univers aristocratique, ou bourgeois. Ses scénarios il les puise dans un répertoire cosmopolite, on parle d'oscar Wilde, Lajos Biro, Menyhert Lenguyel, Maurice Rostand, et bien d'autres.
De ses premiers films émerge la fameuse « Lubitsch touch » qui consiste à cacher mais à suggérer. Jeux de mots et lapsus font pétiller les dialogues des personnages. Sous un ton aimable, se dissimule une pensée amère perçue par le cynisme et une maîtrise du gag dont on sent l'influence qu'eût Charlie Chaplin sur lui. Il lui rendit d'ailleurs une sorte d'hommage avec
Jeux Dangereux (
To Be Or Not To Be) en 1942, faisant étrangement penser au film
Le Dictateur. C'est dans ce film que l'amertume se fait le plus sentir puisqu'il s'agit d'une satire du régime nazi, qui depuis, est considéré comme son chef d'œuvre.
En 1943, il réalise
Le Ciel Peut Attendre (
Heaven can wait) où le héros préfère le purgatoire en compagnie d'une jolie fille, au ciel. Sa dernière œuvre est
La Folle Ingénue (
Cluny Brown), un pamphlet contre la sottise, réalise en 1946.
Il n'achèvera pas ce qui aurait pu être son dernier film
La Dame Au Manteau D'Hermine (
That lady in hermine) car il meurt de maladie à Hollywood en 1947. Otto Preminger poursuivra le travail sur ce film qui sorti finalement en 1947.