Depuis les succès retentissants de
Mon Voisin Totoro (1988),
Kiki La Petite Sorcière (1989) et
Porco Rosso (1992), Hayao Miyazaki est considéré au Japon comme le plus grand cinéaste d’animation de son pays. Chacun de ses films fait sensation, en créant de véritables phénomènes de société. Le public occidental a découvert son œuvre dans le désordre avec
Porco Rosso, qui ne trouva pas son public lors de sa sortie en France en 1995, et surtout avec
Princesse Mononoké par lequel arriva enfin la reconnaissance internationale. Hayao Miyazaki est né à Tokyo, en 1941. Sa jeunesse est marquée par la guerre et par l’image d’une mère atteinte de tuberculose spinale (ou mal de Pott), qui restera alitée pendant neuf ans. Son père et son oncle dirigeaient une société fabriquant des gouvernails d’avions de chasse. Il éprouve très vite une vraie passion pour l’aviation, puis pour le dessin. En 1963, bien que muni d’un diplôme d’économiste, il entre à Toei Animation, le plus grand studio du pays, créé seulement 4 ans plus tôt.
La suite, ce seront vingt années de travail acharné, durant lesquelles il gravit tous les échelons de la profession (intervalliste, animateur, scénariste, réalisateur) jusqu’à accéder à l’indépendance totale en 1985, avec la création du studio Ghibli. Quand il entre chez Toei, Miyazaki a vingt-deux ans. Les effectifs du studio sont en expansion (plus de 500 employés), et doivent faire face à la nouvelle mode des séries télé. Avec plusieurs collègues, dont Isao Takahata - futur auteur du
Le Tombeau Des Lucioles (1988) et de
Mes Voisins Les Yamada (2001) - il rêve de scénarios plus subtils, capables de divertir parents et enfants. Entre 1965 et 1968, les deux hommes collaborent sur Horus, prince du soleil qui, par son langage filmique révolutionnaire, fait date dans l’animation japonaise. En 1971, les deux hommes quittent la Toei. Miyazaki multiplie les emplois dans différentes maisons de production, avec l’ambition de passer un jour à la réalisation. Il mettra sept ans à y parvenir avec la série
Conan, Le Fils Du Futur (1978), enchaînant avec un premier long métrage déjà extraordinaire :
Le Chateau De Cagliostro (1979).
Puis il fait une pause dans la bande dessinée, et commence une saga fleuve, Nausicaä de la vallée du vent. Dans ce combat d’une princesse sur une planète anéantie par la guerre, on trouve deux thèmes qui vont traverser ses films : le pacifisme et la relation homme-nature. La parution, irrégulière, s’étale de 1982 à 1994.
A la demande de son éditeur Tokuma Yasuyoshi, Miyazaki adapte en dessin animé dès 1984 cette BD alors inachevée. C’est le grand tournant de sa carrière. Suite au succès du film Nausicaa de la vallée du vent, le magnat de la presse lui propose de diriger un studio indépendant. Ainsi naît le studio Ghibli (patronyme choisi par Miyazaki en référence à un mot italien désignant un vent saharien), pour « faire souffler un vent nouveau sur l’animation japonaise ». Miyazaki signe ensuite six longs métrages, dont cinq font exploser le box-office :
Mon Voisin Totoro (1988) : 2 millions d’entrées ;
Kiki La Petite Sorcière (1989) : 2 millions 6;
Porco Rosso (1992) : 3 millions 5 ;
Princesse Mononoké (1997) : 17 millions ; et
Le Voyage De Chihiro (2001) : 23 millions !
Après avoir reçu un Ours d’or à Berlin et l’Oscar du meilleur film d’animation pour
Le Voyage De Chihiro, Miyazaki enchaîne avec deux courts métrages destinés au Musée Ghibli, un musée en grande partie consacré à ses œuvres, qui ne désemplit pas. Puis, avec
Le Chateau Ambulant, il adapte un classique anglais de la littérature enfantine (
Le Château de Hurle, de Diana Wynne Jones.).
En 2009 sort son
Ponyo Sur La Falaise, très librement inspiré de
La Petite Sirène d'Andersen.