Cinéaste depuis plus de trente ans, Ken Burns a, depuis son
Brooklyn Bridge nominé aux Academy Awards en 1981, réalisé et produit certains des documentaires historiques les plus unanimement salués par la critique. L’historien Stephen Ambrose dit de lui : « beaucoup d’Américains apprennent davantage l’histoire de Ken Burns que de n’importe quelle autre source », et un sondage publié en décembre 2002 par Real Screen Magazine a classé The Civil War au second rang juste derrière le
Nanook Of The North de Robert Flaherty, et a à cette occasion désigné Ken Burns et Robert Flaherty comme les deux « plus influents producteurs de documentaires » de tous les temps.
La plus récente création de Ken, The War, co-réalisée et produite avec sa collaboratrice de longue date Lynn Novick, sera diffusée sur PBS en septembre 2007.
The War est une série documentaire en sept parties évoquant la Seconde Guerre mondiale au travers des témoignages d’une poignée d’hommes et de femmes originaires de quatre différentes villes des Etats-Unis, qui explore les dimensions humaines les plus intimes du plus grand cataclysme de l’Histoire et prouve qu’en temps extraordinaires, aucune vie n’est ordinaire.
En janvier 2005 a été diffusé sur PBS
Unforgivable Blackness : The Rise And Fall Of Jack Johnson, long métrage en deux parties sur la vie du premier Afro-Américain champion de boxe poids lourds, dont la première avait eu lieu en 2004 au Telluride Film Festival. Trois Primetime Emmy Awards lui ont été décernés : l’Outstanding Nonfiction Special (prix spécial du documentaire le plus remarquable), l’Outstanding Writing for Nonfiction (prix du meilleur scénario de documentaire) et l’Outstanding Voice-over Performance (prix de la meilleure prestation voix-off ) pour le narrateur Keith David. Todd McCarthy, de Variety, le qualifie de « irrésistiblement captivant… magistral… sensationnel » ; le New York Times de « monumental… passionnant » ; alors que Ring Magazine, la « bible de la boxe » considère
Unforgivable Blackness comme le documentaire le plus follement divertissant jamais produit. Depuis, en parallèle avec ce projet sur l’expérience américaine de la Seconde Guerre mondiale, Ken Burns s’intéresse également à l’histoire des parcs nationaux américains.
Horatio’s Drive : America’s First Road Trip, récit de la première traversée du pays en automobile, co-produit par un autre collaborateur de longue date, Dayton Duncan, et diffusé en 2003 à la fois sur PBS et au Telluride Film Festival, a remporté le CINE Golden Eagle Award en 2003 et le Christopher Award en 2004. David Bianculli, du New York Daily News affirme : « Voici un trajet en voiture au cours duquel aucun passager ne demandera impatiemment : ‘quand est-ce qu’on arrive ?’ car le voyage, en l’occurrence, est en soi la destination ». Marl Sachs, du Los Angeles Times, écrit : « L’attention portée par Burns et Duncan aux détails offre une impression de retour dans le temps si authentique que c’est comme si le spectateur se trouvait sur la banquette arrière lorsque Jackson passe la première vitesse de sa Winton couleur cerise pour prendre la direction de l’est ».
Mark Twain, portrait de quatre heures en deux parties du plus drôle et plus populaire auteur américain, est aussi co-produit avec Dayton Duncan. Gagnant du Leon Award for Best Documentary au St Louis Film Festival en 2001, le documentaire a été vu sur PBS en janvier 2002. Ken Rigle du Washington Post en a écrit : «
Mark Twain est non seulement fascinant, drôle, inspirant et judicieux, mais c’est aussi l’un des meilleurs outils d’apprentissage que l’on puisse trouver sur la culture et la littérature américaines.»
C’est en janvier 2001 que
Jazz, troisième volet dans la trilogie des documentaires épopées de Burns, débutée avec
The Civil War et
Baseball, s’est trouvé sur les ondes de PBS. Co-produit avec Lynn Novick, cette œuvre de dix-neuf heures en dix parties explore en détail la culture, les conditions politiques et les rêves qui donnèrent naissance à la musique jazz, et suit la plus américaine des formes d’art de ses origines dans le blues et le ragtime jusqu’au swing, bebop et fusion. Selon Jack Newfield, du New York Post, «
Jazz est le meilleur documentaire américain que j’ai jamais vu. Un point c’est tout. » Selon Tom Brokaw, c’est un « chef-d’œuvre de la télévision américaine » et John Carmen, du San Francisco Chronicle, a écrit «
Jazz informe, étonne et divertit. Il inspire la joie, les larmes, les tapements de pieds, la fierté, la honte et de temps à autres un accès de chair de poule. »
Not For Ourselves Alone : The Story Of Elisabeth Cady Stanton And Susan B. Anthony, lauréat du Peabody Award et co-produit avec Paul Barnes, était sur les ondes de PBS en novembre 1999. Cette double biographie raconte l’histoire des deux femmes qui, quasiment à elles deux, ont créé et été le fer de lance du mouvement des droits de la femme aux Etats-Unis, à l’origine d’une nette amélioration dans la vie de la majorité des citoyennes américaines. Comme le constate Bob Herbert, du New York Times : « la dernière prouesse de… Ken Burns traite de deux femmes à peine connues dans la conscience de cette fin de vingtième siècle aux Etats-Unis, mais dont l’existence fut cruciale pour les libertés que beaucoup d'entre nous considèrent aujourd’hui comme allant de soi. » Les termes de la citation du prix Peabody obtenu en 2000 sont : « Remarquable… l’histoire enthousiasmante d’espoirs, de rêves brisés et d’une détermination sans faille…
Not For Ourselves Alone… apporte cœur, âme et une formidable et poignante intensité au parcours des deux chefs de file du mouvement de droit de vote des femmes. »
La première de
Frank Lloyd Wright, co-réalisé et produit avec Lynn Novick, a eu lieu au Sundance Film Festival en janvier 1998, suivie d’une diffusion sur PBS en novembre de la même année. Le film, qui relate le fascinant parcours du plus en vue des architectes américains de talent est, de l’avis de Janet Maslin du New York Times, une « imposante création de deux heures et demie… certaine de faire date par l’existence turbulente et haute en couleurs de l’architecte et l’austère magnificence de son œuvre, judicieusement évaluée. » Kenneth Turan du Los Angeles Times dit quant à lui que le film « … est l’imbattable combinaison d’interviews d’une exceptionnelle qualité et de splendides photographies d’architecture mises au service d’un extraordinaire destin. » D’où un Peabody Award en 1999.
En novembre 1997 a été diffusé
Lewis And Clark : The Journey Of The Corps Discovery, unanimement salué par la critique, seconde meilleure audience de toute l’histoire de la télévision publique américaine. Ce film de quatre heures, co-produit par Dayton Duncan, est la chronique de la découverte de l’Ouest dans le cadre de la première expédition officielle dans les régions inexplorées du territoire. Tony Scott du Weekly Variety considère le film comme un « récit étourdissant d’un point de vue visuel… photographie saisissante, montage splendide, reportage instructif et anecdotes peu connues caractérisent ce dernier chef-d’œuvre documentaire de Burns » et Don Heckman, du Los Angeles Times estime : « … superbe… une vaste étendue qui, même sur un écran de télévision, souligne le sens d’émerveillement rapporté par Lewis et Clark dans leurs journaux de bord. »
Thomas Jefferson, portrait de trois heures du troisième président des Etats-Unis, à l’antenne en février 1997, analyse les contradictions de l’homme tout à la fois révéré comme l’auteur du document le plus sacré de l’histoire américaine, et condamné comme irréductible propriétaire d’esclaves. Walter Goodman du New York Times en dit : « …
Thomas Jefferson est une œuvre considérable, un portrait avisé et émouvant de l’intellectuel qui traduisit l’essence des espoirs d’une toute nouvelle nation en phrases qui continuent de résonner dans le monde tout entier » et George Will, du Washington Post : « … Ken Burns présente une évaluation intellectuellement judicieuse, visuellement somptueuse et fort à propos rectificative de Jefferson. »
A l’automne 1996,
The West, une série en huit parties de douze heures et demie sur l’ouest américain, relatait l’histoire d’un des plus grands carrefours de l’histoire humaine où, tragiquement et héroïquement, le meilleur de nous rencontra le pire et rien ne fut plus comme avant. Cette série encensée, dont Ken Burns était le producteur exécutif et consultant créatif et Stephen Ives le réalisateur, reçut en 1997 le Erik Barnouw Prize.
Ken Burns fut également réalisateur, producteur, co-scénariste, directeur photo, directeur musical et producteur exécutif de la série de télévision publique
Baseball. Tournée en quatre ans et demi, cette production de dix-huit heures couvre l’histoire du baseball de 1840 à nos jours. Au travers d’une utilisation extensive de photographies d’archives et de séquences d’actualités, le baseball, miroir de la société américaine dans son ensemble, trôna à l’écran neuf soirées de suite lors de la première diffusion de la série en septembre 1994, laquelle devint la plus regardée de toute l’histoire de PBS, attirant plus de 45 millions de spectateurs. David Bianculli du New York Daily News écrit que
Baseball « résonne telle une symphonie de Mozart » , Richard Zoglin de Time Magazine que la série est « riche en drame, irrésistiblement nostalgique, en plus d’être… une plongée fort instructive dans notre psychologie nationale ».
Baseball a engrangé de nombreux prix, dont un Emmy, un CINE Golden Eagle Award, le Clarion Awa rd, et le Television Critics Award for Oustanding Achievement in Sports and Special Programming décerné par les critiques du petit écran pour le meilleur programme sportif.
Une autre création qui fit date, et dont Ken Burns était directeur, producteur, directeur photo, directeur musical et producteur exécutif, est la série télévisée
The Civil War, meilleure audience documentaire de l’histoire de la télévision publique américaine, regardée par 40 millions de téléspectateurs lors de sa première diffusion en septembre 1990. Le New York Times la qualifie de chef-d’œuvre et estime que Ken Burns « accède à la position de cinéaste de documentaire le plus doué de sa génération ». Tom Shales du Washington Post écrit : « Ce n’est pas seulement de la bonne télévision, ou même de la grande télévision. C’est de la télévision héroïque ». Le chroniqueur George Will estime : « s’il a jamais été fait meilleur usage de la télévision, je ne l’ ai pas vu et je ne m’attends pas à voir mieux jusqu’à ce que Ken Burns applique son prodigieux talent à son prochain projet. » La série a en effet été récompensée par plus de quarante prix majeurs à la fois du circuit cinématographique et télévisuel, dont deux Emmy Awards, deux Grammy Awards, le Producer of the Year Award décerné par la guilde des producteurs, le People’s Choice Award par le public, les Peabody Award, DuPont-Columbia Award, D.W Griffiths Award ainsi que le 50000$ Lincoln Prize, parmi d’autres.
Le premier documentaire produit et réalisé par Ken Burns pour PBS avait été, en 1981,
Brooklyn Bridge, nominé aux Academy Awards. Dans les années 1980, il fut aussi à l’origine de plusieurs autres productions primées, dont
The Shakers,
Statue Of Liberty, également nominé pour un Oscar ;
Huey Long, histoire du turbulent dictateur sudiste, qui bénéficia d’une diffusion théâtrale plutôt rare ;
The Congress : Thomas Hart Benton, portrait d’un artiste régionaliste, et
Empire Of The Air : The Men Who Made Radio. Enfin, Ken Burns a également produit et réalisé trois longs métrages _
Willian Segal,
Vézelay et
In The Marketplace _ lesquels explorent les questions de la vision, de la recherche et de l’être au travers de l’œuvre et de l’enseignement du peintre et philosophe William Segal.
Ken Burns est né à Brooklyn, New York, en 1953. Diplômé du Hampshire College de Amherst, Massachusetts, en 1975, il est l’un des co-fondateurs de Florentine Films.
En 2007, il reçoit le
Coup de Coeur Canal Plus du Meilleur Documentaire au 33ème Festival du cinéma Américain de Deauville pour son film
La Guerre.