En 40 ans et déjà plus de 80 films, Lou Castel a tracé une ligne qui passe par une diversité de styles, genres et budgets, qui l'ont amené à travailler aux côtés d'acteurs tels que Bibi Andersson, Delphine Seyrig, Alberto Sordi, Hanna Schygulla, Klaus Kinski, Jean-Pierre Léaud, Victoria Abril, et, sous la direction de réalisateurs majeurs : Marco Bellochio, Wim Wenders, Raoul Ruiz, Rainer Werner Fassbinder, Claude Chabrol, etc…
Ses débuts remarqués au cinéma dans l'Italie des années 60 avec
I Pugni In Tasca ont fait de lui l'acteur des états psychologiques extrêmes. De toute évidence, Lou Castel a été lui aussi durablement marqué par ce rôle originel dont il tente de se détacher à partir de 68, mais dont il retrouve régulièrement l'évocation, notamment 30 ans plus tard avec
La Naissance De L'Amour de Philippe Garrel et
Irma Vep de Olivier Assayas.
Malgré l'ampleur de sa filmographie, parler de carrière en ce le qui concerne frise le contresens tant les choix rigoureux qu'il a faits sont peu conventionnels. Un terme revient de façon récurrente dans son discours, permettant de comprendre la logique qui l'a guidé depuis ses débuts : militantisme. De fait, cette ligne de conduite se traduit dans ses films, déterminant ses choix de rôles et de réalisateurs, comme
Prenez Garde à La Sainte Putain de Fassbinder.
Ce goût de l'engagement et d'un cinéma exigeant se retrouve en 2005 dans sa création du personnage de Clovis, descendant d'une famille de cantors, dans
El Cantor de Joseph Morder. Un rôle parfaitement à sa (dé)mesure…