Né à Shanghai en 1965,
Lou Ye étudie le cinéma à Pékin puis travaille comme producteur et assistant réalisateur sur plusieurs longs métrages, tout en signant parallèlement quelques courts métrages.
Lou Ye est un des représentants de la nouvelle génération du cinéma chinois. Son premier long-métrage
Weekend Lover (inédit en France) remporte le prix
Fassbinder en 1994.
Son deuxième long-métrage,
Suzhou River, est une vraie redécouverte. En tant que cinéaste de la " 6ème génération " (en opposition aux cinéastes de la 5ème génération, plus réfractaires à l'occidentalisation et auteurs de films sur la Chine ancestrale),
Lou Ye s'autorise à aborder dans son film des thèmes plus modernes, voire occidentaux comme l'image de la sirène, un personnage qui n'existe absolument pas dans la mythologie chinoise.
Il emploie également dans
Suzhou River la méthode de la caméra subjective, procédé assez rare dans le cinéma chinois, le caméraman étant ainsi le narrateur. Il use également d'une liberté de ton qui fait penser à un conte qui aurait été inventé au fur et à mesure du récit.Tourné clandestinement, caméra à l'épaule dans les rues de Shangai, il a été interdit en Chine.
En 2003, son film
Purple Butterfly est présenté en
Sélection Officielle à Cannes, performance qu’il renouvelle en 2006 avec
Une Jeunesse Chinoise.
Lou Ye revient à Cannes en 2009 présenter
Nuits D'Ivresse Printanière, film qui remporte le Prix du scénario. Deux ans plus tard, il écrit et met en scène une histoire d'amour déchirante entre un jeune ouvrier français et une étudiante chinoise dans
Love And Bruises, pour lequel il dirige le césarisé Tahar Rahim et la comédienne Corinne Yam.