Des débuts prometteurs
Né le 16 avril 1921 à Londres, d’une mère de souche française et d’un père d’origine russe titulaire d’un passeport allemand, Peter Ustinov n’a que 17 ans quand il interprète des sketches comiques au cabaret londonien. Il enchaîne au théâtre avec
Crime et châtiment, puis met en scène les pièces qu’il écrit.
Pendant la seconde guerre mondiale, acteur de cinéma et réalisateur, Ustinov s’engage dans l’armée britannique, comme soldat de 2e classe. Il reste quatre ans sous les drapeaux.
Scénariste, réalisateur et interprète de plusieurs longs-métrages comiques comme
Enquête à L'Italienne ou d’aventures tel
Billy Budd, Ustinov démontre par son jeu que « le beau pur, comme le bien absolu, n’existent pas ».
Un acteur polyglotte au registre éclectique
Acteur polyglotte au registre éclectique, il répond dans les années 50 aux sirènes d’Hollywood sans pour autant dédaigner les superproductions européennes. Néron pittoresque dans
Quo Vadis (Mervin Leroy), il est autant à son aise dans
Jesus De Nazareth qu’au cœur de l’arène de
Spartacus (Stanley Kubrick), rôle pour lequel il obtiendra l’oscar du meilleur second rôle. Implacable M. Loyal, il exhibe Martine Carol dans
Lola Montès (Max Ophuls).
En 1964, Peter Ustinov, le bandit de
Topkapi (Jules Dassin), décroche un autre Oscar. Londres, Rome, Paris réclament l’acteur-réalisateur (
Lady L 1965) mais aussi l’auteur de théâtre (
Comme de mal entendu en 1985).
En 1977, il est à bord d’
Un Taxi Mauve (Yves Boisset) avant d’enchaîner en 1978 avec
Mort Sur Le Nil d’après Agatha Christie. Savoureux dans le rôle d’Hercule Poirot, Ustinov a joué également
Le Roi Lear ou incarné Mirabeau dans
La Révolution Française de Robert Enrico en 1989.
Peter Ustinov est également auteur de plusieurs romans dont
Désinformateur, scénariste et récitant d’ouvrages musicaux.
Un homme engagé
Peter Ustinov était domicilié depuis de nombreuses années sur les bords du lac Léman et était depuis 1968 ambassadeur de bonne volonté du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).
Doté d’un grand nombre de décorations, Peter Ustinov occupait depuis 1989 le fauteuil d’Orson Welles à l’Académie des Beaux-Arts de Paris. Il avait été également anobli par la reine Elisabeth II en 1990. Mais ce titre ne changeait rien à ses opinions et l'acteur avait gardé son franc-parler. Il avait ainsi vivement critiqué l'engagement de la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak.
Il avait reçu en janvier dernier le Prix d’honneur 2004 du film bavarois pour l’ensemble de sa carrière, mais son état de santé l’avait empêché de se rendre à la cérémonie. Son dernier rôle est dans
Luther en 2003, un film américain sur le réformateur allemand.
Peter Ustinov est décédé le 28 mars 2004 en Suisse à l’âge de 82 ans des suites d'une crise cardiaque consécutive au diabète.