Rien ne prédestinait
Sandrine Bonnaire à la célébrité. Adolescente, elle prépare un C.A.P. de coiffure.
"Le cinéma," dit-elle,
"j'y pensais comme toutes les filles de mon âge, c'est-à-dire que je trouvais les actrices toutes belles, sans défauts, comme des poupées.
Mon idole, c'était Bardot, et j'avais des tas de photos d'elle dans ma chambre. Et puis, le père d'une de mes copines, qui s'occupait de casting de figurants, m'a proposé un jour de tourner dans La Boum 2. Au bout de trois jours, je suis partie tellement on nous traitait mal. J'ai refait un petit tour de figuration dans Les Sous-doués En Vacances. Je me souviens, j'avais mis un blouson fluo pour qu'on me voie bien. A l'image, finalement, on aperçoit juste un bout de ma manche, Avec ma sœur Lydie, on continuait de rêver.
Sandrine Bonnaire a répondu à une petite annonce de "France-Soir". Je l'ai accompagnée à la convocation juste pour voir, et c'est là que j'ai rencontré Maurice Pialat." (Première n°126).
Maurice Pialat lui offre l'un des rôles principaux de
Meurtrières mais ce projet n'aboutit pas pour des raisons financières. Le cinéaste voit en elle beaucoup de talent : Suzanne de
A Nos Amours est son premier rôle, son premier succès. Quelques mois plus tard, le 3 mars 1984, elle est sacrée "Meilleur jeune espoir féminin", tandis qu'
A Nos Amours obtient le César du meilleur film de l'année.
La jeune femme se découvre actrice; puis elle tourne ensuite avec Renaud Victor dans
Le Meilleur De La Vie.
Le film rencontre des difficultés et ne sort, discrètement, qu'après ses deux prestations suivantes. L'échec se poursuit avec le rôle de Marilyn dans
Tir à Vue, premier film de l'assistant-réalisateur Marc Angelo.
Blanche Et Marie ne sauvera pas la donne, malgré la présence de Miou-Miou. Maurice Pialat désire lui donner une seconde chance après ses déboires cinématographiques, en lui attribuant le rôle principal de
Police. Un malentendu contraind le cinéaste à la remplacer par Sophie Marceau.
Sandrine Bonnaire doit se contenter d'un second rôle. Réconciliée depuis avec le réalisateur de ses débuts, elle est à nouveau la partenaire de Depardieu dans
Sous Le Soleil De Satan.
Entre temps,
Sandrine Bonnaire découvre Jacques Doillon, et obtient, grâce à Agnès Varda, le rôle qu'elle attendait tant, celui de Mona dans
Sans Toi Ni Loi.
Police et
Sans Toi Ni Loi représentent la France au Festival de Venise en 1986. Le film d'Agnès Varda obtient le Lion d'Or et permet à
Sandrine Bonnaire d'obtenir son second César : celui de la meilleure actrice.
En 1993, Jacques Rivette la retient pour les deux volets de
Jeanne La Pucelle, puis en 1997 pour
Secret Défense. Puis Claude Chabrol lui offre un face à face avec Isabelle Huppert dans
La Ceremonie (1995). En 2001, elle rencontre à nouveau un succès public avec
Mademoiselle de Philippe Lioret. Suivent
C'Est La Vie de Jean-Pierre Améris,
Histoire De Marie Et Julien de Jacques Rivette,
Confidences Trop Intimes de Patrice Leconte et
Le Cou De La Girafe.
Après trois ans d'absence, on retrouve
Sandrine Bonnaire en 2007 dans deux films de Pierre Jolivet,
Je Crois Que Je L'Aime et
Irresistible, dans lesquels elle donne la réplique à Vincent Lindon. La même année, elle interprète une mère débordée dans
Demandez La Permission Aux Enfants et réalise un documentaire sensible
Elle S'Appelle Sabine. En 2008, elle joue pour Safy Nebbou dans
L'Empreinte De L'Ange et contribue au scénario de
Je Te Souhaite Au Revoir.
Elle remporte le Prix France Culture Cinéma 2008 au 61ème Festival de Cannes. La même année elle tourne sous la houlette de Caroline Bottaro dans
Joueuse. En septembre elle siège en tant que membre du jury de la 66ème Mostra de Venise.
Courant 2009/2010,
Sandrine Bonnaire réalise un court et un long-métrage,
Le Dessin De Paul et
L'Homme Dans La Cave avant de prêter sa voix au documentaire
Bonobos puis de jouer dans la série
Signature. En 2011 sort son film
J'Enrage De Son Absence pour lequel elle a dirigé William Hurt et Alexandra Lamy. L'année suivante elle préside le jury du
38e Festival Du Cinéma Américain De Deauville 2012.