Né Bernard Schwartz dans le Bronx, Tony Curtis est un modeste fils d'immigré hongrois et vit en compagnie de ses deux frères dans l'arrière-boutique de tailleur de son père. Le manque d'argent, la dureté de sa mère (violente, elle sera plus tard diagnostiquée schizophrène) et la mort d'un de ses frères, contribuent à forger son caractère.
Il fait ses classes dans la Marine pendant la deuxième guerre mondiale, puis entame des études de comédie à son retour des champs de bataille.
Après quelques apparitions non créditées dans des productions Universal, notamment un savoureux rôle de gigolo dans
Pour Toi, J'Ai Tue de Robert Siodmak (1949), il fait ses grands débuts en 1951 dans
Le Voleur De Tanger. Ses airs de jeune premier et son profil exotique le rendent très populaire auprès de la gent féminine, mais son talent ne semble pas encore convaincre les pontes des studios qui continuent à l'exploiter dans des films d'aventure sans relief.
Paradoxalement, c'est le couple qu'il forme avec Janet Leigh, star de l'époque, qui va le propulser sur la scène hollywoodienne. Il devient alors réellement crédible grâce à sa belle performance dans
Trapèze (1956), film à gros budget où la finesse de son jeu donne le change face à un monstre comme Burt Lancaster.
Tony Curtis entre alors dans sa période faste. Il est partout : jeune premier aux dents longues dans
Le Grand Chantage (1957), ou second rôle de luxe dans des productions de prestige comme
Les Vikings (1958), il est surtout à l'aise dans l'univers des comédies sophistiquées et légères, chez Wilder (
Certains L'Aiment Chaud en 1959, un de ses rôles marquants) ou chez Edwards (
Opération Jupons en 1959).
Acteur tout terrain, Curtis est surtout désireux désormais d'obtenir des rôles plus solides, éloignés du dandy élégant et charmeur auquel il est abonné. Il multiplie donc les partitions ambiguës (
Spartacus, 1960) ou plus sombres (
Rosemary'S Baby, 1968) tout en continuant à interpréter des comédies (
Deux Têtes Folles en 1963).
Le rôle de sa vie, celui pour lequel il s'est battu (sans doute car il évoque chez lui, le souvenir de sa mère et de son frère, tous deux minés par la schizophrénie), c'est
L'Étrangleur De Boston en 1968, réalisé par son compère Fleischer. Pour cette prestation habitée, dans laquelle il s'investit plus que tout, il obtiendra une nomination aux Golden Globes.
C'est paradoxalement à partir de cette date qu'il s'éloigne progressivement du cinéma, préférant tourner des séries pour la télévision, comme le cultissime
Amicalement Vôtre (1971).
Il apparaît alors avec parcimonie sur grand écran, se réservant des prestations parfaites de justesse chez Kazan (
Le Dernier Nabab, 1977), ou quelques furtives prestations dans des films au budget modeste (
Le Miroir Se Brisa en 1980).
Tony Curtis décède à l'age de 85 ans le 30 Septembre 2010