De son vrai nom Michel Dahmani,
Tony Gatlif est né le 10 Septembre 1948 dans la banlieue d’Alger, dans une famille de gitans. Il passe le plus clair de son temps dans la rue, et découvre un peu par hasard le cinéma. A l’âge de douze ans, il retourne à Alger afin d’éviter un mariage arrangé. Il revient en France quelques années plus tard, menant une existence de vagabond. Il s'inscrit finalement à un cours de théâtre.
En 1966, il décide d’aller voir une pièce de Michel Simon, et une rencontre décisive a lieu. Le comédien l’encourage.
"Je veux faire du cinéma, est-ce que vous croyez que c’est possible ?", demande t-il au comédien.
"Bien sûr que c’est possible", lui répond Michel Aumont. Il intègre un cours d’art dramatique à Saint-Germain-en-Laye. Durant ces jeunes années, il fait la connaissance d’un autre débutant, Gérard Depardieu. Il commence par ailleurs à écrire des scénarios. En 1973, il réalise son premier court avec Jacques Villeret et Colline Serreau, puis suivront
La Rage Au Poing,
La Tete En Ruine et
La Terre Au Ventre.
Il réalise ensuite (au début des années 80) une autre série de films ayant pour sujet d’étude Gitans et Tziganes :
Corre Gitano,
Les Princes. C’est à l’occasion de ce dernier film qu’il rencontre une personne avec qui il collaborera souvent par la suite, Gérard Lebovici. Après un projet avorté de long-métrage sur Jacques Mesrine, il s’éloigne du thème des gens du voyage pour tourner
Rue Du Départ, une histoire de fugue, puis
Pleure Pas My Love, l’histoire d’amour d’un jeune projectionniste envers une actrice. Il réalise en 1990
Gaspard Et Robinson, comédie sociale, puis débute un documentaire sur le monde des Gitans.
Après plusieurs autres contributions (notamment des documentaires pour Arte et Canal +, et le film
Mondo), c’est finalement avec
Gadjo Dilo qu’il va rencontrer son public. Le film est accueilli avec enthousiasme dans tous les festivals où il est présenté. Son film suivant,
Je Suis Né D'Une Cigogne, au contraire, reçoit un accueil plus mitigé. Il enchaîne par la suite avec
Vengo, sortie en 2000, un film sur le flamenco qui se déroule en Andalousie, projet qu’il avait depuis le tournage de
Corre Gitano. Autre film chantant et dansant :
Swing, sur le jazz manouche.
En 2004, son film,
Exils (avec Romain Duris et Lubna Azabal), crée la suprise en étant sélectionné en compétition officielle à Cannes.
"C’est énorme" déclare t-il lui-même, bien qu’il ait déjà remporté un prix dans la section Un Certain Regard pour
Latcho Drom. Il remporte cette année là le Prix de la mise en scène. Deux ans plus tard, le scénario se répète, et
Tony Gatlif est en compétition officielle pour son dernier film en date,
Transylvania.