Né en 1930 à Lille, Philippe Noiret a passé son enfance à Toulouse. En dépit de trois échecs au baccalauréat, c’est après les cours d’art dramatique qu’il suit dès l’âge de 20 ans avec Roger Blin comme professeur, et sur les conseils d’Henri de Montherlant, qu’il se décide à embrasser le métier de comédien. Pour lui comme pour d’autres acteurs de sa génération comme Jean-Pierre Marielle ou Jean Rochefort, " être comédien, c’est faire du théâtre ".
Au Centre Dramatique de l'Ouest succéda l’expérience parisienne avec le TNP (Théâtre National Populaire) dirigé alors par Jean Vilar. Au cours des dix ans qu’il y passa, Philippe Noiret verra son nom figurer à l'affiche d'une vingtaine de pièces :
Le cid (1951),
Macbeth (1954),
Le mariage de Figaro (1956),
Le malade imaginaire (1957), et
L'Ecole des femmes (1958).
Ayant entre temps rencontré Agnès Varda, c'est par accident (il remplace Georges Wilson, malade) que celle-ci lui a offert un rôle dans son film La Pointe Courte (1954). Six ans se sont écoulés ensuite avant que le trio Queneau - Rappeneau - Malle ne lui offre le rôle de l’oncle loufoque de Zazie Dans Le Métro.
Parallèlement à sa carrière de comédien, Philippe Noiret approcha aussi le cabaret où il forma, avec Jean-Pierre Darras un tandem raillant le monde et l'actualité politique. Après le mari dur et odieux de Therese Desqueyroux (de Georges Franju, 1962), rôles et nuances s’enchaînent.
Des rôles cultes se succédèrent ensuite, et entre autres, le désinvolte d’Alexandre Le Bienheureux, (d'Yves Robert 1966), le juge inhibé de La Grande Bouffe (de Marco Ferreri, 1973), le bourgeois rigide de Le Juge Et L’assassin (1975), l’anarchiste en puissance de Coup De Torchon (1981), tous deux signés Bertrand Tavernier, l’hypocrite inquiétant des Masques (de Claude Chabrol, 1987), l'animateur homosexuel de J'Embrasse Pas (d’André Techiné 1991), ou encore le tueur à gage à la retraite de Max Et Jérémie (de Claire Devers 1992).
Acteur fidèle, Philippe Noiret a ainsi travaillé à plusieurs reprises avec nombre de réalisateurs parmi lesquels Bertrand Tavernier (cinq fois), Pierre Granier-Deferre et Claude Zidi (quatre fois), Mario Monicelli, Robert Enrico, (trois fois). Avec près de 125 films à son actif dont une vingtaine ayant rassemblé plus d’un million de spectateurs, Philippe Noiret est retourné sur les planches e où il interprète des textes de Victor Hugo.
Pendant sa acrrière il a reçu quelques grandes récomprenses comme un César dans la catégorie Meilleur Acteur en 1975 pour Le Vieux Fusil de Robert Enrico, un César, un Félix (Canada) et un Donatello (Italie) dans la catégorie Meilleur Acteur en 1990 pour La Vie Et Rien D'Autre de Bertrand Tavernier.
Philippe Noiret est décédé le 23 novembre 2006 à l'âge de 76 ans des suites d'une longue maladie.