Dirigée par Gilles Triquet, à la personnalité atypique et haute en couleur, ayant une conception du management assez particulière qui passe par ce qu’il aime appeler « l’homme en open space au service du facteur humain ».
Le bureau : huit heures par jour, cinq jours par semaine, une quarantaine de semaines par an, le tout pendant environ quarante ans. On a intérêt à en rire. Il y avait Nicolas & Bruno. Et il y avait les Anglais de THE OFFICE qui nous faisaient rire des situations les plus désespérées. Nicolas & Bruno meet THE OFFICE. Une histoire d’amour. Une histoire de bureau.
LE BUREAU tient plus de la performance que de l’imitation. On ne singe pas. On invente les cousins français des personnages britanniques. François Berléand, cousin de Ricky Gervais. On échange nos angoisses et nos blagues. On partage. On compare. On s’aperçoit que les situations sont les mêmes des deux côtés de la Manche. Un imbécile reste un imbécile, un type sympa, un type sympa. C’est rassurant. Le travail d’écriture a en quelque sorte été fait à partir de ce postulat : l’humour anglais est universel. Comme la flemme, la vantardise, ou la méchanceté. Comme la peur de se faire virer. Adapter THE OFFICE, c’est un peu mettre en scène un classique à la télé : un texte, un plateau, des acteurs.
LE BUREAU nous entraîne dans le quotidien drolatique et terrifiant de laCogirep, obscure PME de la région parisienne. Tout y est. Les trombones, les fils qui pendouillent, la standardiste, les sonneries des téléphones. On s’y croit. On observe. On écoute.
Et on rit de nous-mêmes et de nos ambitions ridicules. LaCogirep, tout le monde s’y ennuie à part Gilles Triquet et son factotum. Mais tout le monde s’y accroche et pleure quand il est question de licenciements. L’homme tient à son boulot. Il en a besoin pour manger. C’est logique. Le bureau, le boulot, c’est la moitié de notre vie et une des expériences que nous partageons tous. Il était temps d’en parler dans une fiction. Et d’en rire un peu. Le pari était risqué. Il est réussi car les auteurs et les acteurs ont aimé cet univers et ces personnages. On n’est pas dans un zoo. On n’est pas dans une galerie de monstres. On regarde, un peu stupéfait, mais sans méchanceté. On s’attache. On aime. C’est peut-être ça, le secret. Aimer le crétin qu’on est de temps en temps. C’est peut-être ça, l’humour anglais.
Je tiens à saluer le travail étonnant de François Berléand et de l’ensemble des acteurs de la troupe. Merci à Nicolas & Bruno grâce à qui notre vie de bureau sera désormais plus légère. Merci aux producteurs
Denis Carot et
Marie Masmonteil qui ont su gérer avec talent cette petite entreprise.
Fabrice de la Patellière Bureau de la fiction française