127 Heures : Quand Danny Boyle vous prend aux tripes (critique)

mercredi 23 février 2011 - 14:04 | Showbizz
À l’origine de tout, il y a un homme et son incroyable aventure : Aron Ralston, un randonneur américain casse-cou ayant été contraint de s’amputer une partie du bras droit après une malheureuse chute dans une crevasse. L’histoire, reprise par tous les médias et racontée par son protagoniste dans un livre (Between a Rock and a Hard Place), avait alors fait le tour de la planète en un clin d’œil, en pleine heure de gloire des Survivor ou Koh Lanta et présageant les Man vs. Wild qui allaient bientôt pointer le bout de leur nez télévisuel.

Du coup, on serait tentés de dire qu’à l’origine de tout - et donc du film de Danny Boyle, il y a surtout un gros buzz. Pas faux. Il n’y a qu’à jeter un œil à la myriade d’articles consacrés à la scène de boucherie pendant laquelle le personnage (interprété par James Franco) se coupe le bras avec un ersatz de coupe-ongle… et aux multiples évanouissements que celle-ci a provoqué à travers le monde. Doit-on pour autant réduire 127 Heures à un coup de com’ ? Assurément non.

Si le long-métrage peut certes légèrement souffrir de son aspect live Facebooko-Twittesque – un point faible largement dû à toute la campagne de pub soft-gore faite autour du film, il se révèle pourtant être un magnifique tour de force de mise en scène.
Mettons cartes sur table, Boyle parvient, avec une apparente et déconcertante facilité, à filmer cinq jours dans la vie d’un mec attendant la mort le bras bloqué sous un caillou en nous plongeant progressivement dans une expérience audiovisuelle viscérale. Le temps, la faim, le froid, la trouille et la folie latente de Ralston sont palpables dans chaque plan, et si les yeux et la chair de James Franco y sont pour beaucoup, la caméra de Boyle, la photographie d’Anthony Dod Mantle et Enrique Chediak et le montage de Jon Harris magnifient assurément la performance.

Alors oui, bien sûr, il y a LA fameuse scène, aussi magnétique que dure à regarder. On vous le dit tout net : elle est réussie. Très réussie même. Voilà, c’est fait, vous êtes prévenus. Maintenant, vous pouvez à loisir foncer découvrir cette balade hallucinatoire dans la tête d’un type qui, à trop vouloir vivre ses rêves d’extrême a failli crever dans un trou.
Fascinant, vraiment.

=> Toutes les infos sur 127 heures

Eleonore Guerra (23 Février 2011)

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