Adoration : on aime mais on adore pas !

Cannes a ses chouchous, on le sait. Connus (Steven Soderbergh, Quentin Tarantino) ou moins (Hou Hsiao Hsien, Aki Kaurismaki), Atom Egoyan en fait partie. Découvert par le festival et souvent présent, le réalisateur canadien présente ce soir son douzième long-métrage : Adoration.

Comme souvent chez Atom Egoyan, la communication, notamment par le biais de la vidéo, est très présente. Le film dénonce les modes de communication traditionnels - ou quand l’art dramatique se transforme en mensonge - et nouveaux - ou quand des chats vidéos sur le net prennent des proportions démesurées.
Deux thématiques en une, celles du mensonge et de la communication, sont au cœur du film d’Egoyan. Une histoire complexe, parfois alambiquée, mais qui reste crédible : Histoire de famille, et, donc, de communication et de mensonges, sur laquelle le cinéaste greffe différents problèmes d’actualité, dont, pêle-mêle, l’influence des nouvelles technologies sur notre communication, la relation aux médias, l’adolescence, les problèmes rencontrés par l’Israël, les attentats, les religions ou encore le Liban.
Beaucoup de sujets, de points de vue, de dénonciations dans ce film qui part d’une simple histoire familiale - un garçon filme son grand-père peu avant sa mort et lui pose des questions sur sa vie.

Pour la première fois, je pourrais presque faire une critique partagée à moi toute seule… Difficile en effet d’avoir un avis tranché sur ce film.
Adoration aborde beaucoup (trop ?) de sujets, mais reste construit, pas brouillon ni fourre-tout. L’histoire est parfois tirée par les cheveux, mais malgré tout on y croit, jusqu’au bout. La forme est novatrice, avec, comme le réalisateur aime souvent le faire, une mise en abyme des images et une utilisation ingénieuse des vidéos (ici celles des vidéo-conférences sur internet), mais reste très classique dans la mise en scène, les dialogues ou la direction d’acteurs.
Toujours ce petit mais donc qui fait que l’on a aimé Adoration… mais pas adoré.

Amélie Chauvet (Cannes, le 22 mai 2008)

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