Benoît(s), Jean-Pierre & Vincent selon Nicole...

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Premier film français de cette compétition cannoise, Selon Charlie de Nicole Garcia est également le premier à diviser les festivaliers. Au même titre que Peindre Ou Faire L'Amour des frères Larrieux avait fait parler de lui l’an dernier, ce film choral sur les destins croisés de sept hommes n’a pas fait l’humanité.
Dommage car le talent remarquable de Nicole Garcia fonctionne ici à merveille, offrant de sublimes « seconds » rôles à quatre grands acteurs français. Des dialogues très bien écrits et surtout très bien interprétés pour nous raconter une histoire banale, celle de sept hommes différents face à leur destin. D’accord, Jean-pierre Bacri campe son éternel râleur, Benoît Poelvoorde un looser drôle et touchant, et Vincent Lindon un père de famille paumé… mais ils le font tellement bien ! Quant à Benoit Magimel, il interprète sans doute l’un des personnages les plus intéressants du film. Son histoire est d’ailleurs peut-être plus au centre que les autres, et sûrement plus universelle. Au même titre que Charlie, l’enfant, il fait en quelque sorte le lien entre tous ces hommes.

On regrette alors qu’un si beau film d’auteur français ait tant de mal à toucher les festivaliers étrangers, mais l’on comprend finalement qu’ils aient du mal à cerner toute la générosité du scénario à travers des dialogues sous-titrés…

Un sentiment rapidement confirmé par la conférence de presse du film, où étaient essentiellement présents les journalistes français, belges… et finnois (présence au générique de la comédienne finnoise Minna Haapkyla, dans le rôle de la femme de Benoit Magimel). Une ambiance très étrange régnait d’ailleurs dans cette conférence où Benoît Poelvoorde a d’emblé essayé de donner un ton délibérément pas sérieux ! Drôle, délirant, parfois trop, mais heureusement, ses collègues n’étant pas vraiment dans l’ambiance euphorique du comédien belge. N’est-ce Jean-pierre Bacri ? Vous pouvez nous parler de votre personnage, Jean-Louis Bertagnat, ou plutôt Mr le Maire ?
Jean-pierre Bacri : « C’est un gars qui abandonne la représentation pour avoir une vie à lui… Ah, ça y est, je dis des phrases bateaux. J’ai beaucoup de mal à parler comme ça de mes personnages. Je choisis le rôle parce que j’ai aimé le scénario, je fais le film, mais je ne sais pas comment l’expliquer… » Bon, visiblement, les conf’ de presse, c’est pas son truc à Jean-Pierre. Lui son truc, c’est jouer… Pour notre plus grand plaisir d’ailleurs !

Passons à Vincent, plus bavard vous pensez ? Et bien oui !
Vincent Lindon : « J’pensais pas avoir à répondre à une question… Bon allons-y. Oui alors, ce qui m’a attiré le plus dans ce personnage, c’est qu’il soit empêtré dans sa relation avec son fils. C’est vrai qu’il le prend en otage, mais il l’aime ; et c’est sa manière propre d’avoir cette connivence avec lui. (…) C’est intéressant de ne pas avoir le rôle principal car on ne fait pas forcément le tour de la question et de temps en temps, c’est pas plus mal ! » Ce à quoi Benoît ne manque pas de répondre : « J’étais très embêté de jouer avec d’autres, de devoir partager la tête d’affiche » (rires).
Et vous Nicole, qu’en pensez-vous de tous ces hommes ? « Le film est une photographie des hommes, des contradictions des hommes, de ce mélange de robustesse et de fragilité que l’on trouve chez eux. » Des hommes, des hommes, mais aussi un enfant, Charlie, personnage qui est d’ailleurs au cœur du titre.
Nicole Garcia : « J’aime bien ce titre. Charlie n’est pas la figure centrale du film mais il est l’enfant. Il y a une espèce de valeur étalon de l’enfant, il marque l’enfance que tous les personnages portent en eux. Et puis il y a dans le film cette offense faite à l’enfance par son père qui le prend comme alibi pour son adultère. »

Tiens, mais au fait Benoit Magimel n’a pas encore parlé. Qu’en pense t’il lui de Nicole ?
Benoit Magimel : « Je me suis laissé complètement porté par la direction et les désirs de Nicole pour ce film. Mon personnage et tous les autres sont très touchant, ils reflètent quelque chose d’universel, quelque chose que l’on désire beaucoup. »…. Oui bon, pas très bavard non plus ! Revenons à Poelvoorde pour fini, de retour à Cannes après avoir été membre du jury en 2004. « Je suis très serein pour cette présentation en compétition. Ce film, c’est tellement Nicole que nous, les acteurs, nous sommes déchargés [ah, ce doit être pour cela qu’ils ne sont pas plus bavards que ça !], elle porte son film… Je suis donc très content et très tranquille. Et puis ici, à Cannes, ce sont quand même les plus belles projections du monde. »

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Amélie Chauvet (Cannes, le 20 mai 2006)

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