Bienvenue dans l'enfer de la pègre...

Tiré d’un best-seller brûlant (l’auteur Roberto Saviano est menacé de mort depuis la parution de son ouvrage), Gomorra plonge la compétition cannoise dans l’enfer de la Camorra, la mafia urbaine italienne.

Tournée nerveusement et de façon réaliste, le film n’est pas vraiment Le Parrain ou Scarface (même si les jeunes héros s’en réclament) ni même La Cité De Dieu dans l’énergie, mais la descente en flammes des protagonistes reste troublante.
Qu’ils soient dépassés par leurs ambitions dévorantes de pouvoir et d’argent ou qu’ils subissent la loi de la pègre, chacun se démène pour exister – à l’instar des héros de Linha De Passe de Walter Salles, présenté hier – pour le meilleur et souvent pour le pire.
Si la narration est parfois heurtée et que le film souffre de quelques longueurs, cette guerre des clans enfouis dans la poudre et le sang jusqu’au coup et utilisant des bébé tueurs en guise de gardes du corps n’en demeure pas moins un électrochoc (notamment lors de la première partie du film) social et humain désarmant.
Non, nous ne sommes pas dans une mortelle favela ou dans un quartier chaud de Chicago, mais à 3 heures d’avion de Paris, dans la joyeuse contrée de l’adorable Sylvio Berlusconi….
Ça fait réfléchir.

Eléonore Guerra (Cannes, Le 18 mai 2008)

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