BLUEBERRY s'allie au DivX : Une initiative placée sous le signe de l'humour

Actuellement les piratages sur Internet de films sortis tout juste en salles sont légions. Beaucoup préfèrent ainsi télécharger les films sur le net plutôt que d'aller les voir sur le support prévu à cet effet, les écrans de cinéma. On estime qu'en France, il y aurait plus de 20 millions d'internautes, dont 3 millions pourvus d'une connexion haut débit. Parmi ces derniers, 21 % pratiqueraient le partage de fichiers… En 2003, plus de 87 millions de films appelés DivX auraient été échangés dans le monde, grâce à ces fichiers appelés DivX !
Et ce phénomène continue de se développer, au détriment des acteurs, des réalisateurs et de tous ceux qui œuvrent pour faire vivre des films, ce qui porte atteinte à toute l'industrie cinématographique. En l'absence d'une vraie solution, cette tendance n'épargne ni les blockbusters américains, ni les longs métrages français très attendus !
Pour lutter contre cette recrudescence et trouver un moyen efficace pour la contourner, l'équipe du film Blueberry, qui sort prochainement sur nos écrans, a eu une idée très astucieuse qui pourrait en inspirer plus d'un dans l'univers du 7e Art. Elle a décidé de simuler la fuite du film sur le Web, à grand renfort de publicité, et a mis en circulation de très "particuliers" DivX de Blueberry.

Le petit malin qui a téléchargé avant tout le monde le DivX du film, intitulé "Blueberry.2004.DVD.Rip.Divx.avi", s'attendait à visionner le film, mais il a découvert avec surprise qu'il s'était fait manœuvrer. En effet au bout de quelques secondes, des messages de Vincent Cassel, l'acteur incarnant le rôle-titre et du réalisateur Jan Kounen sont venus brusquement interrompre la "séance". La voix de l'acteur s'est fait entendre, non sans humour: "Ami(e)s internautes et pirates du Web, vous venez de télécharger une vidéo de mauvaise qualité, comme à chaque fois que l'on télécharge quelque chose sur le Web. Evidemment vous auriez pu regarder le film comme ça et ça aurait été vraiment dommage". Le réalisateur a ensuite enchaîné, pour défendre son travail : "C'est dommage, quand on fait un film pour le cinéma, on espère que les gens vont faire le chemin d'aller le voir dans les salles…".
Pour ne pas jeter toute la faute sur le webspectateur mais au contraire l'amener à un revirement de comportement, le DivX contient tout de même des bonus intéressants montrant l'esprit du film. Cassel, Kounen, les compositeurs de la BO et le responsable des effets spéciaux y commentent des images inédites. Un aperçu exclusif des coulisses est un des morceaux choisis !

Le but de cette manœuvre est clairement avoué : donner envie à ceux, qui regardent seuls un film devant leur écran d'ordinateur, d'aller partager leur émotion avec tout un public dans une salle grand écran et de leur montrer que les téléchargements sauvages se font au détriment de la qualité.
Un clin d'œil mémorable que les pirates de l'informatique ne sont pas prêts d'oublier, pour les inciter à retourner au cinéma dans une période touchée par une baisse notable de la fréquentation des salles.
Un moyen judicieux d'utiliser le DivX comme un allié, un outil de promotion et de communication et non plus comme un objet de concurrence déloyale, responsable de tous les maux.
Nul doute que le film de Jan Kounen fasse encore plus parler de lui par ce biais !

E.C (le 12 janvier 2004)

Vos avis sur cette actu

Exprimez-vous

A lire sur le même sujet

Remonter