Bonobos : les singes pour les nuls (test DVD)

jeudi 25 août 2011 - 16:46 | Showbizz
Beni, un jeune bonobo du nord de la République Démocratique du Congo est capturé par des braconniers, après que sa mère a été abattue en voulant le protéger. Après avoir vécu quelques mois en captivité, comme un animal de foire dans un bar de Kinshasa, Beni est récupéré en piteux état par Claudine André, fondatrice d’une réserve pour les singes de son espèce : « Lola Ya Bonobo ».



Un documentaire écolo…

Moins connu du grand public que ses cousins les chimpanzés ou les gorilles, le Bonobo est pourtant un des plus intelligents (et des plus proche de l’Homme – on a pour habitude de dire qu’il partagerait 98% de son patrimoine génétique avec nous) des grands singes. Ainsi, ce petit primate – parfois baptisé « chimpanzé pygmée » - endémique à la forêt congolaise possède l’étonnante faculté de fabriquer et d’utiliser des outils tout en développant un sens de la communication expressive assez étourdissant. Malheureusement pour lui, le Bonobo est également une espèce en danger.

Difficile donc de résister au documentaire léché d’Alain Tixier. Ancien collaborateur de l'émission Ushuaïa Nature, le réalisateur de Bonobos met en pratique tous les trucs qu’il a choppé en bossant pour le show écolo-friendly de TF1. Le résultat est d’ailleurs saisissant : la forêt équatoriale de la RDC est aussi belle et majestueuse que sur National Geographic HD, le message humaniste est martelé avec pédagogie, le propos est ludique (même si la voix off de Beni devient parfois agaçante) et tout finit bien à la fin. La morale est sauve.



… au message un peu trop lisse

N’empêche, c’est bien joli tout ça, mais on ne peut s’empêcher de regretter une certaine naïveté dans Bonobos. Ainsi, « l’observation » (scénarisée) des singes est simplifiée à l’extrême pour s’assurer de toucher les plus jeunes spectateurs (on effleure du bout des lèvres le fonctionnement très libertin du Bonobo : celui-ci parvient en effet à vivre en communauté de façon totalement pacifique grâce au jeu et SURTOUT au sexe, partout, tout le temps avec tout le monde…), seule l’européenne Claudine André est mise en avant, telle une héroïne des temps modernes vaguement épaulée par quelques autochtones (presque) anonymes (on frôle le mythe du bon sauvage) et pas un mot ou presque sur les éventuelles motivations des braconniers.

Un docu Vert à la morale un peu trop Noir&Blanc en somme. Utile, mais partial et partiel.



Le DVD

Deux modules plutôt intéressants accompagnent le film d’Alain Tixier. Tout d’abord, une interview d’une vingtaine de minutes de Claudine André dans laquelle on en apprend un peu plus sur son engagement auprès des Bonobos, l’organisation de sa réserve et son rapport avec les populations locales. Des informations que l’on aurait aimé retrouver plus développées dans le film. Vient ensuite un making-of de Bonobos trèèèès instructif sur la scénarisation et la mise en scène du long-métrage. Aaah la magie du cinéma qui réussit à faire d’un singe un acteur qui joue… un singe.

=> Toutes les infos sur Bonobos

Eléonore Guerra (25 Août 2011)

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