Bright Star sous une bonne étoile (Test dvd)

vendredi 21 mai 2010 - 15:40 | Showbizz
Une ode à la beauté. Une passion déchirante aux décors bucoliques dissimulés dans une campagne anglaise du XIXème siècle. Bright Star laisse le romantisme profond tendre à son apogée. Jane Campion maîtrise les images de son film aux tendances sublimes qui défilent à un rythme effréné, mais comme un poème aux vers malades. L’amour des deux amants bercés par leur pureté respective se noie dans un verre d’eau. Le chaste règne, tel un maître suprême. L’époque n’excuse pas tout.


A première vue, la situation est calme et ne laisse pas présager la fin.
Les fleurs bleues vont sursauter. Se croisent le poète John Keats (Ben Whishaw) et sa voisine (Abbie Cornish) passionnée de couture aux allures pourtant effrontées, provocante mais vivant dans le douillet cocon familial.

De là, les conventions classiques de l’amour vont finir par s’avérer impossibles et perturbées par moult événements. Tout accable le pauvre poète aux airs enfantins et fragiles, pourtant doué avec les mots lorsqu’il ne les attend pas. John Keats erre, se prélasse en attendant sa muse, unique source d’inspiration. L’argent lui manque, le mariage est impossible. Le mélodrame pudique commence.

Impossible de faire l’impasse sur la grande force de la nature qui exploite les sentiments et les fait s’exacerber dans le vent. Toutes les scènes remarquables (deux) se passent dans l’herbe qui grésille presque sous nos pieds en nous administrant la chair de poule dans le reste du corps.
Comme ce début piquant, quand l’aiguille enfonce le drap et qui laisse présager toute la souffrance qui percera le cœur des amoureux éperdus.


Du dvd, on pense qu’il illuminera la dvdthèque. Surprenez-vous peut-être à acheter un écran géant, le romantisme passera mieux au côté de copain-qui-veut-pas-regarder-le-film-romantique. Evitez-lui les bonus où l’on retrouve des courts métrages de Jane Campion profondément pour les filles. Prenez un temps, délectez-vous de la scène coupée qui traite l’actrice d’incompétente à l’amour et ressortez ça à copain quand cet ingrat aura oublié de dire je t’aime, un soir de lune.

Tous les sens sont heureux durant le film qui n’envoie que des images esthétiques sans fautes de goût, ni de décors ou d’entorse aux dialogues. Même les personnages de second plan ont une histoire, une importance et une beauté élucidée. Belle stratégie qui évite l’ennui et la focalisation du couple à l’alchimie existante. Il ne reste plus qu’à se laisser aller. L’amour est universel, ne vous en faites donc pas.

A noter : Bright star évoque deux choses : la première est littéraire et traduite : C’est une étoile brillante. La deuxième est seulement le titre d’un poème de John Keats qui évoque l’amour pur d’un être privé de liberté pour avoir croisé la seule femme qui le mit dans ses états (d’âmes) des années durant jusqu’à sa fin. On a envie de tomber amoureux tout de suite, attention donc à votre compagnon de film.

A retenir : toutes les rédactions du monde pourraient vous parler de la passion et de ses tourments tragico-mélodramatiques douloureux et insurmontables des heures durant, leurs expériences aidant sous une pluie battante. Mais ce qui vous reste de mieux à faire (après avoir vu ce dvd) c’est de le posséder cet amour dont Jane Campion, modèle d’indépendance et de liberté, au service des femmes et de leurs désirs, semble ironiquement bien attaché.

DVD et Blu-Ray disponibles à la vente le 19 mai 2010

=> Toutes les infos sur Bright Star

Chloé Cerroni (21 Mai 2010)

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