Cahiers du cinéma, épisode 2

Petit résumé des épisodes précédents. On en était resté à la note explosive et corrosive de François Maillot, directeur général des Editions de l’Etoile, à l’égard des Cahiers du Cinéma. Une note secrète bien sûr, adressée le 21 mai à Jean-Marie Colombani.

Malheureusement le secret fut mal gardé, le scandale a éclaté au grand jour, et les propos quasi blasphématoires de Maillot ("médiocrité des textes", "absence d’un amour du cinéma") éclaboussent le sacro-saint magazine fondé par André Bazin il y a plus de 50 ans.

Les rédacteurs en chef ne comptent pas baisser les bras. A l’heure des grèves et révolte en tout genre, ils ont décidé eux aussi, de déterrer la hache de guerre, et partir au combat, l’arme brandie et les discours soignés. Histoire de ne pas voir s’effondrer leur journal sans rien faire.

Ainsi, Jean-Marc Lalanne et Charles Tesson crient haut et fort leur révolte contre ce directeur à la critique facile. "Nous n’étions pas au courant de cette note, et encore moins du fait que, à notre insu, plusieurs personnes se préparaient, sur la base de cette note préliminaire, à engager une discussion concernant à la fois l’avenir de la revue ainsi que notre statut au sein de ladite revue."

Bref, ils s’estiment bafoués, trahis, et commencent à en avoir marre que tout se passe toujours dans leur dos. "A aucun moment n’est prévue une discussion avec l’équipe éditoriale en place pour qu’elle puisse défendre son bilan et faire valoir."

Personne ne leur demande leur avis. Et puis, sincèrement, ce directeur ferait bien de réviser ses chiffres. La nouvelle formule des Cahiers n’a pas fait long feu, comme l’estime Maillot, puisque, d’après les rédacteurs en chef, les chiffres de 2002 sont largement supérieurs à ceux de 1999, et ceux de 2003 témoignent d’une "stabilisation."

La garde est ainsi prête. Les arrières assurés par les rédacteurs des Cahiers qui expriment dans un communiqué "leur solidarité avec les positions de la rédaction en chef".

L’attaque est imminente.

La suite au prochain numéro.

A.M. (11 juin 2003)

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