Cannes 2006 à J-5 : Une sélection éclectique et toujours le Da Vinci Code

C’est dit : Le 59ème Festival de Cannes offrira une vision du monde « combative et généreuse ».

La phrase est de Thierry Frémaux, délégué artistique du Festival. La sélection cannoise n’offrira pas cette année « une vision sombre et désespérée. (…) Les cinéastes sont des artistes qui racontent le monde, mais leur état d’esprit est celui d’un engagement ‘’positif’’ où se mêlent l’Histoire (Le Vent Se Lève de Ken Loach, Marie-antoinette de Sofia Coppola, Cronica De Una Fuga d’Israel Adrian Caetano), la politique (Le Caïman de Nanni Moretti, La Raison Du Plus Faible de Lucas Belvaux) ou l’état de la planète (Fast Food Nation de Richard Linklater ou Southland Tales de Richard Kelly), (…) Sans jamais que cet engagement ne réduise leurs ambitions esthétiques. J’en veux pour preuve les œuvres extrêmement personnelles et originales de Pedro Almodovar, Sofia Coppola, Paolo Sorrentino, Alejandro González Inárritu (…), pour ne citer qu’eux ».

Pour la première fois dans l’histoire du Festival, c’est à un chinois (de Hong Kong) que reviendra l’honneur de présider le jury de la Palme d’Or : Wong Kar Wai (In The Mood For Love). A ses côtés siègeront notamment les actrices Monica Bellucci, Helena Bonham Carter et Zhang Ziyi, le réalisateur français Patrice Leconte et l’acteur américain Samuel L. Jackson. C’est l’acteur Vincent Cassel (Dérapage) qui sera le Maître de Cérémonie de cette 59ème édition. Il succèdera à Cécile De France et lancera les festivités en accueillant Wong Kar Wai et son jury sur la scène du Palais des Festival.

Autre invité de marque de Cannes, le très attendu Da Vinci Code, qui fait l’ouverture du Festival, mercredi soir. La présentation, en première mondiale, du film tiré du best-seller de Dan Brown fera l’événement dès la veille de l’ouverture. Toute l’équipe du film arrivera en train en provenance directe de Londres, renouant ainsi avec la tradition des stars des années 50 et 60 débarquant du fameux « train bleu ».

Hors course pour la Palme d’Or, le Da Vinci Code de Ron Howard devra ensuite s’éclipser pour laisser la place à la compétition proprement dite, dans laquelle des pointures confirmées comme l’italien Nanni Moretti ou l’espagnol Pedro Almodovar affronteront des réalisateurs moins connus du grand public tels que le chinois Lou Ye ou l’italien Paolo Sorrentino. La sélection 2006 se veut ainsi « une année de renouvellement », selon Thierry Frémaux, même si la liste des 20 films en compétition comporte des réalisateurs plus confirmés : Ken Loach, Aki Kaurismaki (Les Lumières Du Faubourg) ou Sofia Coppola.

Trois films français sont notamment en lice : Flandres de Bruno Dumont, Selon Charlie de Nicole Garcia et Quand J'étais Chanteur de Xavier Giannoli. Transylvania de Tony Gatlif, avec Asia Argento et Amira Casar, fera la clôture du Festival le 28 mai. Le belge Lucas Belvaux, le mexicain Guillermo Del Toro (Le Labyrinthe De Pan) et l’algérien Rachid Bouchareb (Indigènes avec Jamel Debbouze, Samy Nacery, Roschdy Zem et Sami Bouajila) seront également en course.

A noter que le film X-men L'Affrontement Final sera présenté hors compétition et offrira l’occasion de croiser Halle Berry, Hugh Jackman ou Ian Mckellen sur la Croisette.

Comme toujours, de nombreux événements seront organisés en marge de la compétition : une leçon d’actrice par la mythique Gena Rowlands, une leçon de cinéma par Sydney Pollack et une exposition consacrée au monument du cinéma russe Sergueï Eisenstein.
Sans oublier le Marché du Film, premier marché mondial, qui passera pour la première fois le cap des 10 000 participants.

Le cas Da Vinci Code

Tous les ingrédients sont réunis pour faire du Da Vinci Code le film le plus attendu de l’année : un scénario tiré d’un best-seller, un casting de stars, des décors de rêves et un budget record de 125 millions de dollars. Le tout saupoudré d’un parfum de scandale. Le Festival n’a d’ailleurs pas hésité à en faire son film d’ouverture, se garantissant ainsi une couverture médiatique maximale.

Force est de constater que rien n’a été laissé au hasard pour faire de cette saga un succès planétaire. La mise en scène a été confiée à Ron Howard, réalisateur à succès oscarisé pour Un Homme D'Exception. Côté casting, la bataille a été rude pour décrocher les deux rôles principaux. Pour Incarner le professeur Richard Langton, la compétition s’est jouée entre George Clooney, Russell Crowe et Tom Hanks. C’est finalement ce dernier, fort de ses deux Oscars, qui a remporté la mise. Pour le rôle de Sophie Neveu, Audrey Tautou s’est imposée face à Linda Hardy, Sandrine Bonnaire, Amira Casar ou Sophie Marceau. Ian Mckellen, Jean-pierre Marielle et l’incontournable Jean Reno viennent compléter cette affiche. A casting de rêve, décors de rêve puisque c’est en grande partie dans la splendide capitale française que le film a été tourné. Le film débute au Musée du Louvre et se poursuit dans des sites prestigieux de Paris (l’Eglise St Sulpice, le Ritz, la Place Vendôme) avant de traverser La Manche pour gagner Londres et l’Ecosse.

Nous ne reviendrons pas sur un scénario trop largement qualifié de sulfureux, voire de blasphématoire, qui n’en finit plus de faire se chamailler spécialistes et religieux aux quatre coins du monde et assure, par la même occasion, une promotion gratuite exceptionnelle pour le film. Cependant, à quelques jours de la sortie mondiale du Da Vinci Code, la grogne enfle jusqu’à prendre des proportions énormes : créations d’associations, protestations officielles des Eglises Catholique et Orthodoxe, appels au boycott et même à une grève de la faim en Inde !!!

La sortie du film risque d’être musclée…

E.G. (12 mai 2006 – Avec AFP)

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