Cannes 2013 : Tel père, tel fils, la paternité vue par le Japonais Koreeda

samedi 18 mai 2013 - 16:50 | Showbizz
Est-on père par le lien du sang ou en fonction du temps qu'un père et son enfant passent ensemble ? Le Japonais Hiratsu Kore-Eda laisse la question en suspens dans Tel Père, Tel Fils de Hirokazu Koreeda, film délicat et profond présenté samedi en compétition au 66ème Festival International Du Film De Cannes 2013.

Cannes 2013 : Tel père, tel fils, la paternité vue par le Japonais Koreeda


Le film raconte l'histoire d'une "famille idéale" japonaise: le mari Ryota, obsédé par le travail, est architecte. L'épouse prépare ses repas, peu importe l'heure de son retour, et s'occupe de Keita, leur petit garçon de 6 ans, dans leur appartement, moderne et bien rangé.
Tout vole en éclats un jour, quand la maternité de l'hôpital apprend aux parents que leur vrai enfant a été échangé à la naissance avec un autre.
Le fils biologique a été élevé par une autre famille, bien plus modeste, mais bien plus drôle.
Ryota, père distant et absent, qui ne touche jamais ou presque son enfant, perd une à une ses certitudes.

"Le personnage principal est très fier, très orgueilleux", a souligné devant la presse le réalisateur, papa d'une petite fille de 5 ans.
"J'ai voulu susciter un contraste avec l'autre père pour provoquer un bouleversement dans le système de valeurs du personnage principal qui veut réussir à tout prix".
Mais l'objectif "n'était pas de montrer les différentes classes sociales dans la société japonaise", a précisé Kore-Eda.

Le film au rythme lent - qui a plongé dans le sommeil quelques spectateurs lors de la projection presse - gagne en profondeur quand le héros regarde ce fils qu'il a élevé depuis sa naissance, comme s'il cherchait soudain à voir en lui un étranger, pour mieux accepter l'incroyable situation.
Keita ne peut pas effectivement être de son sang, puisqu'il n'est pas un battant comme lui.
Les choses vont empirer pour lui quand les enfants, à qui l'on cache les raisons de leur déménagement, vont progressivement intégrer le domicile des "vrais parents".

Pour Masaharu Fukuyama, chanteur très célèbre au Japon, il s'agit d'un premier rôle au cinéma. L'acteur, qui n'a pas d'enfant, a expliqué ne pas savoir quel fils il aurait choisi, à l'instar des personnages.

Le cinéaste, qui confie ses propres doutes sur la manière d'être un bon père, compte bien continuer d'aborder le thème dans ses prochains films "jusqu'à ce que j'en comprenne les raisons profondes".
"Peut-être que c'est le sujet qui m'est le plus proche actuellement", dit Masharu Fukuyama, qui a perdu ses parents. "De fils, je suis devenu père".

=> Toutes les infos sur le 66ème Festival International du film de Cannes

(18 Mai 2013 - AFP)



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