Cannes 2017 : Netflix frappe un grand coup avec Okja

vendredi 19 mai 2017 - 21:57 | Showbizz
En ce troisième jour du 70ème Festival International Du Film De Cannes 2017, était présenté un des films les plus attendus de cette compétition : Okja produit par Netflix et mis en scène par Bong Joon-ho avec Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal et Paul Dano.



Nous pouvons nous estimer chanceux d’avoir pu découvrir Okja sur le grand écran du Palais des Festivals, car le film ne sera pas distribué en salles, malgré la grogne de la profession qui voyait d’un mauvais oeil l’arrivée du géant du streaming dans la compétition du plus beau festival de cinéma du monde.

À l’image d’E.t. L'Extraterrestre ou de Peter Et Elliott Le Dragon, la première partie d’Okja nous embarque dans l’histoire d’une amitié hors norme entre une fillette, Mija, et une créature fantastique, prénommée Okja.

Après dix merveilleuses années passées dans les montagnes de Corée du Sud où elles se sont apprivoisées, Okja est emmenée de force à New York par une multinationale qui a de grands projets pour l’amie la plus chère de Mija. Okja est en effet un prototype de « super cochon » qui a été mis au point par l’entreprise familiale Miranda Corporation dans le but de faire fructifier la production de viande.

La fillette va alors tout tenter pour sauver son amie, et se heurtera de plein fouet à la société de consommation et ses dérives.

Comme dans Snowpiercer, Bong Joon-ho met à profit son histoire pour vivement critiquer la société contemporaine. Alors que dans son précédent film, il était question de luttes des classes, le réalisateur coréen s’attaque cette fois-ci aux dérives de la société de consommation, au capitalisme et à son impact sur l’écologie ainsi qu’à la souffrance animale qu’il engendre.

En voulant libérer Okja, Mija se heurte, littéralement, à un mur (ou plutôt à une vitre). Alors que l’enfance et la naïveté étaient de mise dans la première partie du film, la seconde dépeint un monde beaucoup plus sombre dans lequel l’argent et le profit écrasent tout sur leur passage.

Ce qui émeut, c’est l’innocence de Mija, qui, en allant chercher Okja, doit comprendre des enjeux de la société contemporaine qui la dépassent. Alors qu’elle vivait en auto-suffisance dans sa petite maison perdue sur une colline avec son grand-père et Okja, elle va découvrir un monde fait d’organismes génétiquement modifiés et de surproduction de viande, uniquement destinés à faire du profit, sans prendre en compte les impacts écologiques qui en découlent.

Si le postulat peut sembler classique, la forme l’est moins. En alternant comédie, action, effets spéciaux incroyables (le réalisme d'Okja est impressionnant) et séquences franchement émouvantes, Bong Joon-ho nous embarque avec lui dans cette fable cruellement réaliste. Difficile de ne pas devenir végétarien après avoir vu les 15 dernières minutes d’Okja.

Côté casting, le coréen a une nouvelle fois vu juste avec une Tilda Swinton impeccable, un Jake Gyllenhaal dans un rôle où il est franchement surprenant et une jeune actrice (Seo Hyon) que l'on surveillera de très près.

Pour découvrir cette pépite, rendez-vous le 28 juin sur Netflix

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Chloé Valmary (19 mai 2017)

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