Ce week-end à Venise : Pluie de stars et orages divers au Lido

Samedi matin, le ciel de Venise, d'un étrange gris, annonçait un bel orage et surtout en ce qui nous concerne, une pluie de stars fort conséquente avec l'arrivée d'Orlando Bloom, Matt Damon, Kirsten Dunst, Monica Belluci, Susan Sarandon, etc…

Brick, premier film du jeune réalisateur Rian Johnson présenté dans la sélection de La Semaine de La Critique, reçut un bel accueil de la part du public, venu en masse le dimanche matin pour découvrir ce film noir qui se déroule… dans un campus ! “C'est un film avant tout familial, financé par beaucoup de membres de ma famille” commentait pour nous son réalisateur, rencontré par hasard à la terrasse de l'Excelsior. “Il y a eu tout un cirque autour de ce film primé au Festival de Sundance et c'est vrai que de se retrouver là, à Venise, c'est impressionnant.” La jeune garde du cinéma américain, en la personne de Joseph Gordon Levitt (Mysterious Skin), était venu à Venise pour soutenir ce talentueux et timide réalisateur qui nous avouait complètement craquer pour Paris et le cinéma français.

Mais au fil des heures, le ciel se chargeait d'électricité tandis qu'à l'intérieur du palais du festival, les mesures de sécurité terriblement hollywoodiennes commençaient à en énerver plus d'un.
Pour ma part, le schéma se répétait invariablement. Les colosses italiens à l'entrée du Palais, devenaient rouge pivoine quand mon sac, gorgé de clefs, dictaphone et appareil photo, sonnait à qui mieux mieux, signifiant la fouille indélicate de mon sac.

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Dimanche matin, Monica Belluci, présente pour parler de son rôle de méchante reine dans le film fantastique de Terry Gilliam, Les Frères Grimm, répondait aux journalistes torturés par les forces de sécurité, de sa voix grave et mélodieuse : “Il est important d'être là, malgré tout, à Venise pour lutter.”
La diva a pourtant froissé le moral des journalistes italiens présents dans la salle en déclarant préférer parler dans la langue de Molière ou de Shakespeare, plutôt que celle de Goldoni.
“Quelle snob!” me fit remarquer très sereinement ma voisine italienne, en fait, passablement ulcérée...

Aux cotés de la “Bellucissima” et de Matt Damon, on retrouvait pour la troisième fois en conférence de presse, ce bon vieux Heath Ledger, légèrement grognon et endormi. La fête en l'honneur de son (second) film, Casanova, au Palais des Doges y étant sûrement pour quelque chose...

Au rayon gendre idéal, Orlando Bloom fit sensation. Accompagné de Susan Sarandon et Kirsten Dunst, le héros de Rencontres À Elizabethtown, se leva et servit ses dames en Coca et eau minérale, s'assurant que chacune avait ce qu'il fallait avant d'affronter les méchants journalistes (qui avaient, soit dit en passant, adoré le film). Acteur anglais, souvent familier des grosses productions hollywoodiennes (Le Seigneur Des Anneaux, Kingdom Of Heaven), Orlando Bloom nous confiait à propos de Cameron Crowe, son réalisateur, “avoir le meilleur guide pour découvrir la société américaine. Cameron a une très belle vision de son pays. J'ai connu plein d'expériences un peu folles en rencontrant les gens du Kentucky, mais j'ai testé le caractère de cette région, que l'on retrouve fidèle dans le film, selon moi.”

Samedi soir, à la sortie de la projection des Frères Grimm, la nouvelle folie de Terry Gilliam, l'orage éclatait enfin. A peine sortis de l'univers fantastique et sombre de Gilliam, que nous devenions, dans le vaporetto du retour, spectateurs (légèrement titubants) d'un magnifique ciel vénitien strié d'éclairs crépitants, avec ce bruit discret des flashs de nos confrères photographes.

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Laetitia Heurteau (Venise, le 5 septembre 2005)

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