Dans la famille cinéma, je voudrais « le plagiat »…

L’écrivain américain multimilliardaire Dan Brown est loin d’être le seul à voir son succès remis en cause par des accusations de plagiat. Responsable du best-seller Da Vinci Code, dont l’adaptation cinématographique devrait débarquer le mois prochain sur les écrans, Brown est en effet accusé d’avoir pillé les travaux de deux historiens : Michael Baigent et Richard Leigh. Alors que son procès vient de s’achever à Londres (en attendant la décision du juge début avril), deux autres procès pour plagiat secouent l’actualité culturelle.

La paternité de Syriana discutée
Stéphanie Vergniault a assigné en référé la Warner et Section Eight (société de George Clooney et Steven Soderbergh), producteurs du film Syriana, estimant que le scénario du film américain était le plagiat d’un script qu’elle avait écrit.
L’audience devant le juge des référés du Tribunal de Grande Instance de Paris aura lieu le lundi 10 avril et l’assignation devrait également viser Stephen Gaghan, réalisateur et scénariste de Syriana.

La plaignante estime que le scénario du film est le plagiat d’Oversight, script sur lequel elle a travaillé de 1997 à 2002 et qu’elle a enregistré en France auprès de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) en 2004, avant de l’enregistrer sous copyright américain en octobre de la même année.
Syriana, film politique sorti en France en février dernier, est un thriller qui traite des relations troubles entre milieux politiques et pétroliers, entraînant le spectateur de l’Amérique au Moyen-Orient en passant par l’Europe. Or, Stéphanie Vergniault, spécialiste des questions liées au pétrole dans le Golfe Persique, assure être l’auteur d’un thriller politique évoquant les intrigues de la CIA auprès des compagnies pétrolières de cette région, thriller qui, toujours selon elle, serait la véritable inspiration de Syriana (et non le livre See no evil de l’ancien agent de la CIA, Robert Baer).

Selon l’avocate de la plaignante, Stéphanie Vergniault avait « remis, en 2004, son script à une société canadienne proche de la Warner » dans l’espoir de faire coproduire son film. L’auteur et son avocate entendent demander la désignation d’un expert ainsi que le versement à titre provisionnel de 2 millions d’euros. Elles ont également indiqué qu’une action de fond serait ensuite introduite au civil si le rapport de l’expert établissait qu’il y avait bien contrefaçon. Un porte-parole de la Warner aux Etats-Unis a déclaré que tant que les studios n’auront pas eu une copie du procès, ils ne lui accorderont que peu de crédit et continueront de défendre leur position quitte à se rendre devant les tribunaux.
Pour George Clooney, producteur et Oscar 2006 du meilleur acteur dans un second rôle pour Syriana… c’est sûr, ça fait désordre.

Dernier rebondissement pour l’affaire Rois Et Reine
L’an dernier paraissait Mauvais Génie, brûlot de l’actrice Marianne Denicourt (Le Domaine Perdu) dans lequel elle s’attaquait à son ancien compagnon, le cinéaste Arnaud Desplechin. L’actrice lui reprochait d’avoir, dans son film Rois Et Reine, utilisé des éléments douloureux de sa vie personnelle qu’il aurait ensuite déformé pour construire un personnage odieux, Nora.
Il y a un peu plus d’un mois, nous vous annoncions que la comédienne décidait de mener une action en justice à l’encontre du réalisateur et de le poursuivre devant le Tribunal de Grande Instance de Paris dans le but de prouver les malversations de ce dernier. Marianne Denicourt clamait qu’Arnaud Desplechin avait travesti sa vie, une démarche d’autant plus insupportable à ses yeux qu’elle pouvait donner une mauvaise image d’elle-même à son fils.

La décision du TGI vient d’être rendue. La 17ème chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris, présidée par Anne-Marie Sauteraud, n’a pas estimé valables les arguments de l’actrice.
Dans un jugement rendu lundi, le tribunal souligne ainsi : « tout en soutenant qu’elle peut être identifiée par le spectateur au personnage de Nora, la demanderesse révèle elle-même le défaut de ressemblance de ce prétendu portrait et spécialement les très nombreuses différences qui rendent particulièrement aléatoires ces identifications ».
Par ailleurs, « s’il est incontestable qu’Arnaud Desplechin, comme le souligne également la critique, a construit ce film autour de sa propre personnalité, de ses obsessions, de son histoire et de celle de ses proches, qu’il n’a pas hésité à s’annexer, il a créé une œuvre de fiction qui ne saurait se réduire aux identifications alléguées en demande ».
Interrogé, l’avocat de Marianne Denicourt s’est déclaré déçu par la décision du TGI. Il estime que « la position du tribunal est contraire aux faits ». L’actrice se trouvant actuellement à l’étranger, un hypothétique recours en appel reste possible.

Affaire(s) à suivre... ?

E.G. (5 avril 2006 – Avec AFP)

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