Deauville au jour le jour : le 11 septembre 2003

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Si vous voulez savoir comment se passe le tournage d'un film avec son lot d'imprévus, de galères et de tensions, la référence est bien évidemment LA NUIT AMERICAINE de François Truffaut. Mais c'est pour les films dits classiques ou traditionnels. Avec les technologies numériques et les petites caméras DV, les possibilités ont été multipliées au point que certains cinéastes désirent faire un film sur leur métier de créateur avec ces outils. N'est pas Truffaut qui veut, mais avec un scénario bien ficelé et une mise en scène maligne, des films incroyablement inventifs arrivent. C'était un peu le cas d'un des plus gros succès commercial de ces dernières années avec THE BLAIR WITCH PROJECT, ou l'on suit trois étudiants qui partent en forêt réaliser un documentaire (et qui n'en revinrent jamais).

Deux films montrant des gens faire le leur sont à Deauville, et tous deux sont à ne pas manquer.
Neil Burger présente Interview With The Assassin, dont il aussi écrit le scénario. Imaginez un cadreur au chômage, un jour son voisin vient lui demander de le filmer pour une interview où il avouerait un crime. Celui-ci lui ne déclare rien de moins qu'il est le deuxième tireur qui aurait assassiné le président Kennedy ! On suit alors comment ce cadreur réalise ce film pas à pas avec ses différents entretiens avec son voisin et dans sa recherche de preuves improbables. Le problème c'est que le tournage du film commence par être perturbé par de mystérieuses ombres dans le jardin du cadreur, celui-ci trouve des témoignages ambigus...
Le voisin qu'il filme ne peut quand même pas avoir tué Kennedy, et pourtant... En voyant le travail de ce cadreur sur son film, le doute s'installe petit à petit, et si...?

En compétition a été dévoilé Dot The I, écrit et réalisé par Matthew Parhill, avec Gael Garcia Bernal, qui était à l'affiche des grands succès mexicains Amours Chiennes, Y Tu Mamá También et Le Crime Du Pere Alvaro. A la veille de son mariage Carmen enterre sa vie de jeune fille, et doit embrasser un inconnu. Elle choisit Kit un jeune homme qui la filmait avec un caméscope. S'ensuit un baiser passionné les troublant tout deux. Désormais Carmen d'elle et est partagée entre Kit et le riche jeune homme qu'elle devait épouser. On pense au triangle de la femme/le mari/l'amant, peut-être qu'elle ne se mariera pas avec le parfait jeune homme mais avec l'autre qu fait mieux battre son cœur... Dot The I au début ressemble à ce genre de romance, mais le film oscille peu à peu vers tout autre chose de surprenant. Les apparences sont trompeuses, et quant à savoir ce qui est vrai ou non. Il faut laisser la surprise et ne rien dévoiler, mais juste un petit indice : pourquoi donc Kit la filme quasi-tout le temps ? Vous découvrirez un genre de snuff-movie sentimental à ne pas rater. Au fur à mesure que se déroule le film les révélations et les retournements de situations s'enchaînent (un peu à la manière de Sex Crimes). Les personnages de Dot The I sont autant manipulés que le réalisateur Matthew Parhill manipule les spectateurs.

Christophe Maulavé (Deauville, 11 Septembre 2003)


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