Décès cinéaste français Philippe de Broca, réalisateur de L'HOMME DE RIO...

Le cinéaste français Philippe De Broca, à qui l'on doit de grands succès populaires comme Cartouche en 1961 ou L'HOMME DE RIO en 1963, est décédé vendredi 26 novembre 2004 à l'âge de 71 ans, des suites d'un cancer. Cette maladie dont il souffrait depuis plusieurs années l'avait d'ailleurs empêché d'assurer la promotion de son dernier film, Vipère Au Poing avec Catherine Frot et Jacques Villeret.

Biographie

Philippe De Broca est né le 15 mars 1933, après son bac, il sera diplômé en deux ans de l'école Louis- Lumière. A cette époque, il apprend le cinéma auprès de cinéphiles de son âge, les Chabrol, Truffaut et Rivette. Suite à un voyage en Afrique avec sa caméra 16mm, il vendra ses films à Walt Disney. Cameraman d'actualité durant la guerre d'Algérie, démobilisé, il devient assistant d'Henri Decoin, puis de Claude Chabrol (Le beau Serge, A double tour…) qui produira son premier film, Les Jeux De L'Amour . Philippe De Broca devient spécialiste de la comédie et film d'aventure avec L'Homme De Rio, plus grand succès de 1964.

Par la suite, Philippe De Broca s'oriente vers un cinéma épique et rocambolesque, avec des acteurs populaires (Belmondo dans Le Magnifique), Philippe Noiret et Annie Girardot (Tendre Poulet)… Dans les années 80, certains de ses films seront tournés à la fois pour le cinéma et la télévision ("Louisiane", "Chouans !", "Les mille et une nuits").

De Broca était le réalisateur qui disait "aimer avant tout faire rire" et qui reconnaissait ne "voir la vie que sous son aspect comique". Il avait réinventé le film d'aventures et fait tourner les plus grands comédiens, de Jean-paul Belmondo à Yves Montand, Philippe Noiret, Catherine Deneuve ou Daniel Auteuil.

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Hommage du cinéma français à Philippe De Broca

Le cinéma français et les personnalités de la culture dans leur ensemble ont unanimement rendu hommage à Philippe De Broca

Catherine Colonna, directrice générale du Centre national de la Cinématographie :
"Metteur en scène et réalisateur de grand talent, il savait concilier les attentes du public avec un cinéma de qualité qui s'inscrit d'ores et déjà dans notre mémoire collective. Je salue aujourd'hui le souvenir d'un très grand nom du cinéma français qui lègue une oeuvre rare, alliant exigence, qualité et popularité".

Claude Zidi :
"Philippe De Broca va manquer. Avec lui nous partagions une vision d'un cinéma populaire, fantaisiste et léger. Et nous ne sommes aujourd'hui plus très nombreux...".

Jacques Villeret :
"J'ai tout de suite adoré sa légèreté, sa dérision toujours très élégante. Il me faisait penser à une sorte de lutin. (…) Je crois que c'est quelqu'un qui s'est beaucoup amusé dans la vie, mais il n'avait pas un regard très gai finalement sur la vie. Je crois qu'il s'attachait beaucoup à la rendre plus gaie, plus légère du mieux qu'il pouvait et notamment avec les films qu'il nous a donnés".

Jean-paul Rappeneau (co-scénariste de L'Homme de Rio) :
"Je perds un compagnon d'armes, un frère d'armes. (…) Quand je pense à lui, cela me ramène aux années où nous nous sommes connus, aux années de La Nouvelle Vague dont il faisait partie, puisqu'il a été assistant de Chabrol pour +Le Beau Serge+, de Truffaut pour +Les 400 coups+. Il souffrait que ces films-là, très intéressants, ne soient pas très drôles. Au fond, il voulait apporter à ce mouvement-là la fantaisie qui était la sienne et c'est ce qu'il a fait magnifiquement avec ses films".

Jean-paul Belmondo :
"Avec de Broca, c'est le cinéma de toute une époque formidable, celle des années 1960 et 1970, qui s'en va. On a beaucoup ri ensemble, beaucoup déliré, parce que pour nous, tout était alors prétexte à faire des farces. On adorait ça tous les deux".

Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre de la Culture :
"Je viens d'apprendre avec une profonde tristesse la disparition de Philippe De Broca. Il restera un créateur au talent multiple dont l'oeuvre révèle toute la densité, la diversité et la puissance des émotions que peut susciter le cinéma".
"Nous garderons tous en mémoire ses films à grand spectacle, ses héros et ses épopées, ainsi que ses films si forts comme "Vipère au poing" qui est encore aujourd'hui à l'affiche".


Les politiques de tout bord ont également exprimé leur peine suite au décès du cinéaste, à commencer par le Président de République M. Jacques Chirac :
"Avec lui, écrit le chef de l'Etat dans un communiqué, le cinéma français perd l'un de ses plus talentueux serviteurs. (…) Metteur en scène imaginatif et exigeant, Philippe De Broca aimait les acteurs qu'il savait diriger avec finesse et précision. S'inscrivant dans la belle tradition d'un cinéma français de qualité, il aura signé quelques-unes de ses grandes pages, et notamment quelques-unes de ses comédies les plus réussies.
Philippe De Broca restera comme l'un des grands noms de notre cinéma".


Le Vert Christophe Girard, adjoint à la Culture du maire de Paris, a quant à lui rendu hommage samedi au "talent explosif et bigarré aux facettes multiples" de Philippe De Broca : "C'est une très mauvaise nouvelle pour les cinéphiles et une grande perte pour le cinéma français et européen.
Auteur populaire qui a su mettre en scène les plus grands, Belmondo, Auteuil, Noiret, Deneuve, Arditi, Gassmann, Rochefort... je salue le Magnifique, l'Incorrigible, le Cavaleur et le Farceur, ce génie français qu'était Philippe De Broca".


A.C. (28 et 29 novembre 2004 - Avec AFP)

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