Décès de Francis Girod, réalisateur de La Banquière

Francis Girod, 61 ans, est mort à la suite d'un malaise cardiaque à Bordeaux. Le réalisateur est décédé dimanche vers 04H00 du matin dans un hôtel de Bordeaux, après que le Samu eut été prévenu que le producteur-scénariste avait fait un malaise. Membre de l'Académie des Beaux-Arts depuis 2002, il avait entre autres réalisé La Banquière avec Romy Schneider (1980), Le Bon Plaisir avec Catherine Deneuve et Jean-louis Trintignant (1984), Passage À L'Acte (1995), Terminale (1997) ou encore Mauvais Genres (2001). Un temps journaliste au Nouvel Observateur et à l'ORTF (1964-1966), Francis Girod avait débuté dans le cinéma dans les années 1960 comme assistant réalisateur de Roger Vadim ou Jean-pierre Mocky. Il réalise son premier film, Le trio infernal, avec Michel Piccoli et Romy Schneider, en 1974. Non conformiste, il réalise aussi de nombreux films publicitaires et des documentaires. Dans les années 1990, il passe devant la caméra, Bertrand Tavernier lui réservant un rôle dans L627 aux côtés d'Yves Montand. Également producteur et scénariste ou co-scénariste de la plupart de ses films, Francis Girod était très impliqué dans le monde du cinéma français. Il a présidé en 1988-1989 la Société des réalisateurs de films, ainsi que la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) en 2005-2006 et était membre du conseil d'administration de la Cinémathèque française.

Les hommages n’ont pas tardé dans la journée de dimanche après l’annonce de sa mort.
« La disparition de Francis Girod endeuille le cinéma français dont il était l’une des grandes figures, en même temps qu’un inlassable défenseur »a déclaré Jacques Chirac. Le chef du gouvernement, Dominique de Villepin, a ajouté « depuis près de quarante ans, Francis Girod a marqué le cinéma français et donné quelques-uns de leurs plus beaux rôles à nos meilleurs acteurs» et son ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a salué
« l’éveilleur [du cinéma français] et l’homme généreux [qui dans ses œuvres] belles et audacieuses nous parlait de la passion, du juste et de l’injuste, de la vérité et du courage ».

Dans le domaine cinématographique les réactions ont été nombreuses. Gilles Jacob, président du Festival de Cannes, s’est dit « triste d’avoir perdu un ami » car le réalisateur a longtemps fait partie de son conseil d’administration. Véronique Cayla, directrice générale du Centre national de la Cinématographie (CNC) a remercié l’homme pour avoir « su construire une œuvre humaniste mais sans concession qui révèle la complexité humaine et la difficulté d’évoluer dans un environnement imparfait et souvent injuste. ». La SACD, Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, a exprimé sa tristesse, c’était « un homme passionné, à l’esprit indépendant et combatif, anticonformiste, fidèle. Son talent, son humour et son esprit caustique nous manquerons ».


Cette année, deux de ses films étaient à l'affiche: Un Ami Parfait, avec Antoine De Caunes et Carole Bouquet, et Oncle De Russie, avec Claude Brasseur et Marie-josée Nat.

M. B. (20 novembre 2006 – Avec AFP)

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