Décès du cinéaste français Maurice Pialat

Le cinéaste Maurice Pialat est décédé dans la nuit du samedi 11 janvier à son domicile parisien. Agé de 77 ans, il avait réalisé un peu plus d’une dizaine de films, dont SOUS LE SOLEIL DE SATAN pour lequel il reçu la Palme d’or au festival de Cannes en 1987.


Biographie :
Né 31 août 1925 dans le Puy de Dôme, Pialat fut d'abord attiré par la peinture. Il fréquenta l'école des arts décoratifs, puis celle les Beaux-Arts. Il fait alors l’acteur pour gagner un peu d’argent et apparaît ainsi, par exemple, dans QUE LA BETE MEURE de Claude Chabrol en 1969.
Avec son premier court-métrage, L’AMOUR EXISTE, il obtient, en 1960, le prix Louis Delluc et un prix au festival de Venise. Maurice Pialat travaille ensuite pour la télévision réalisant un second court-métrage, JANINE, en 1961, sur un scénario de Claude Berri ; puis MAITRE GALIP en 1962, et le très remarqué feuilleton LA MAISON DES BOIS (1970)… Lire cet article


Les réactions :
Nombreuses furent les réactions au décès de Maurice Pialat dans le monde du cinéma et de la culture. Tous reconnaissent en lui un très grand cinéaste :

"Maurice Pialat était une sorte de dissident alors qu'il était le plus vrai héritier de Jean Renoir. On le savait déjà avant, mais sa disparition nous montre encore plus à quel point ce personnage était central dans la création française alors qu'il s'était installé à la marge.
Il était le père de toute une générations de cinéastes d'aujourd'hui. Les jeunes réalisatrices en particulier ne cessent de se référer à lui.
C'était une des grandes pointures du cinéma".

Daniel Toscan du Plantier, président d'Unifrance et ami du cinéaste depuis plus de 25 ans.

"Si le cinéma français mérite d'être tenu pour un cinéma d'auteur, c'est bien à des artistes comme lui qu'il le doit. (…)
La force et la singularité de chacun de ses films marquent déjà profondément l'histoire du cinéma français. Et si le mot chef d'œuvre a souvent été galvaudé, il n'est pas déplacé quand on évoque des films comme L'ENFANCE NUE ou VAN GOGH."

Jean-Jacques Aillagon, Ministre de la culture et de la Communication.

"Pialat était un artiste magnifique, l’un des géants de la création cinématographique française. Il était parfois difficile à vivre, mais aussi capable quand il le voulait d'une politesse exquise.
Il se complaisait dans un splendide isolement. Pialat fustigeait ses contemporains sans s'épargner lui-même, puisqu'il disait du mal de ses propres films. L'artiste était magnifique, il laisse une œuvre immense, unique."

Gilles Jacob, Président du Festival de Cannes (Déclarations faites sur l’antenne de France-Info).

"A travers une œuvre puissante, exigeante et singulière, avec intransigeance et sensibilité, Maurice Pialat aura exploré les ombres et les lumières de l'âme humaine.
Salué jusqu'à l'or des Palmes de Cannes, l'itinéraire de ce maître de l'art cinématographique aura, plus que tout autre, témoigné de la souffrance et de la beauté des chemins de la création. Maurice Pialat laisse une empreinte profonde dans l'histoire du film français."

Jacques Chirac (dans un communiqué publié samedi 11 janvier).

A.C. (12 janvier 2003 – Avec l’AFP)

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