Dunkerque est-il le meilleur film de Christopher Nolan ?

mercredi 19 juillet 2017 - 01:40 | Showbizz
Quand Dunkerque a été annoncé en décembre 2015, un bon nombre de cinéphiles avait été dérouté. Christopher Nolan allait pour la première fois de sa carrière s’attaquer à un film de guerre basé sur des faits réels. En somme, un projet à mille lieues de ses précédents films, qui avait de quoi inquiéter ses plus fervents admirateurs.



Après un tournage dantesque en juin dernier dans le Nord de la France et un budget estimé à près de 300 millions de dollars, le film débarque enfin sur les écrans français ce mercredi. Qu’en avons-nous pensé ? Mérite t-il ces critiques dithyrambiques ? On vous répond.

Attention : si vous ne voulez rien savoir sur le film, passez votre chemin !

Nolan réinvente le film de guerre



Sur le papier, Dunkerque n’avait semble-t-il rien d’original comparé à d’autres films de guerre, mais c’était sans compter sur la créativité sans borne de Christopher Nolan qui a su, au fil de sa carrière, se réinventer en permanence.

Dunkerque se base sur un fait historique très célèbre outre Manche (un peu moins en France), celui de l'évacuation des troupes alliées de Dunkerque en 1940, mais la manière dont il traite des évènements est incroyablement originale. Le film est divisé en trois parties, qui possèdent leurs propres timelines et terrains. L’action se déroule donc à la fois dans les airs, sur la terre, et dans la mer.

Le film nous permet d’aborder un genre vu maintes fois au cinéma d’une manière totalement nouvelle et ambitieuse : ici nous ne verrons pas de grands discours larmoyants ou d’adieux déchirants, seulement des hommes face à leur condition de mortels, qui ne luttent que pour une chose : leur survie.

Ici il n’y a pas non plus d’antagonistes, ou du moins pas à l’image. L’ennemi est partout mais nous ne le voyons pas. En revanche, nous l’entendons en permanence : les balles sifflent, les bombes explosent, les corps frémissent.

Dans ce vacarme assourdissant, la musique frénétique et omniprésente de Hans Zimmer (qui signe peut-être là sa meilleure bande-son) est là pour nous rappeler qu’il s’agit d’une course contre la montre qu’il faudra gagner pour survivre.

Il n’est même plus question de gagner la guerre, mais de vaincre cet enfer pour tous ces hommes pris au piège de cet événement qui les dépasse.

Dunkerque nous épargne également les noms des personnages, comme pour nous signifier que seule leur condition d’êtres humains compte.

Christopher Nolan ne nous offre pas non plus le background de ces hommes, et nous plonge sans retenue dans le chaos le plus total. Et c’est pourtant sans rien connaître du passé de ces personnages que l’émotion nous cueille dès la première scène, pour ne plus nous lâcher pendant ces 1h46 étouffantes.

De la réalité virtuelle sans casque



Il y a quelques mois, Christopher Nolan avait décrit l’expérience qu’offrait Dunkerque comme de la « réalité virtuelle sans casque ». Et il avait raison. Avec son équipe créative, il a réussi à mettre au point une caméra IMAX qui se fixe dans le cockpit d’un avion de guerre pour plus de réalisme et le résultat est incroyable tant il est immersif. Le format IMAX offre évidemment des séquences d’action à couper le souffle mais permet également de capter au plus près les moments intimes du film et d’en faire ressortir toutes les émotions. On ne saurait que trop vous conseiller de le découvrir dans ce format.

On sort de Dunkerque essoufflé, éprouvé, en étant sûr d’avoir assisté à un chef d’oeuvre. De mémoire de cinéphile, rarement un film nous aura autant fait vibrer sur nos sièges.

Si Christopher Nolan doit enfin recevoir un Oscar, c’est définitivement pour celui-ci qu’il le mérite le plus.



Chloé Valmary (18 juillet 2017)

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