ETRE ET AVOIR, la mort du documentaire ?

L’affaire avait fait grand bruit. Rappelez vous, le film Être Et Avoir avait récolté l’engouement général du public, un succès exceptionnel pour un documentaire, déplaçant au passage plus d’1,8 millions de spectateurs français dans les salles. D’ailleurs, le film avait été couronné du prix Louis Delluc et avait été salué au festival de Cannes 2002.
Mais voilà, Georges Lopez, 58 ans, l’instituteur du documentaire, filmé par le réalisateur Nicolas Philibert, avec son accord et fier d’avoir été choisi pour un tel sujet, celui de raconter l’histoire de sa classe unique dans le petit village de Saint Étienne, change de ton.
Estimant aujourd’hui que le film constitue une reproduction illicite de son cours devant sa classe et qu’il a été diffusé sans autorisation, Georges Lopez a poursuivi Nicolas Philibert et les producteurs pour « contrefaçon » et « atteinte au droit à l’image ». L’instituteur réclame 250 000 euros à titre provisionnel pour le préjudice commis. Crainte des auteurs du film, non seulement sur le doute porté sur l’originalité du regard du réalisateur, c’est-à-dire sa qualité d’œuvre originale mais aussi sur la mise à mort du documentaire.
«Un rapport d’argent pervertirait ce que vous allez filmer», dixit Nicolas Philibert, appuyé par son avocat Monsieur Rapparport, «Georges Lopez feint de confondre la qualité de sujet d’un documentaire et celle d’un auteur.», «il faudrait désormais payer les sujets de ce genre de films, ce qui leur enlèverait toute spontanéité», a-t-il rajouté.

Le résultat du procès répondra aux attentes de Nicolas Philibert sur le débat d' Être Et Avoir, et plus largement sur l'entreprise entière du documentaire. Le réalisateur semble plutôt confiant quant à la décision du tribunal de Paris, qui aura lieu le 27 septembre 2004.

N.F.(16 juin 2004 avec l’AFP)

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