FAHRENHEIT 9/11 : J-1 avant la sortie américaine…

Le déjà fameux film de Michael Moore Fahrenheit 9/11, véritable pamphlet anti-Bush lauréat de la Palme d’or au dernier Festival de Cannes, sort demain dans les salles américaines.

Un accueil plutôt positif des critiques américains…

La presse américaine a, dans son ensemble, plutôt bien accueilli le documentaire de Michael Moore, les critiques expliquant qu’il s’agit selon eux d’un film à voir absolument en dépit de ses défauts, notamment en terme de méthode.

Los Angeles Times :
"Partisan, portant très clairement sa détermination à favoriser un changement politique, FAHRENHEIT peut être critiqué, mais il ne peut être ignoré... Ce film-repère dans le cinéma américain doit être vu".
"L'intérêt de FAHRENHEIT réside dans la juxtaposition d'images familières et d'autres que nombre d'Américains n'ont sans doute jamais vues. La mosaïque qui en résulte, l'accumulation de ces éléments mis ensemble, en fait de loin l'œuvre la plus puissante de la carrière de Moore. Et même s'il est probable qu'elle enthousiasmera plus la gauche qu'elle ne provoquera de changements de bord, toute personne quelque peu ouverte à la thèse de Moore en sortira impressionnée".


USA Today :
"Informatif, provocateur, terrifiant, captivant, drôle, et, surtout, distrayant, Fahrenheit 9/11 est le film qui doit être vu cette année,"

The New Yorker :
Fahrenheit 9/11 est "incendiaire et drôle". Il est le film "le plus puissant de Moore". Mais le journal met aussi en cause sa méthode, qui vise à troubler le public avec des accusations difficiles à évaluer. "Fahrenheit 9/11 offre l'excitante tentation d'une explication cohérente pour tout, mais certaines parties ne sont rien d'autres que des charges féroces".

New York :
"Souvent il choisit le rire, et aussi agréable que cela puisse être, il passe à côté de l'analyse dévastatrice et poussée qui aurait pu convaincre le public, à droite comme à gauche", relève l'hebdomadaire.

New York Times :
"Il vaut la peine d'être vu, débattu et il vaut la peine d'y réfléchir, indépendamment de vos penchants politiques".

Une sortie des plus politiques, cinq mois avant l'élection présidentielle américaine…

Fahrenheit 9/11, après des semaines de déboires pour trouver un distributeur aux Etats-Unis, sort donc en salles plusieurs mois avant le scrutin présidentiel du 2 novembre, comme le voulait Moore. Ce sont des studios indépendants canadiens, Lions Gate Films, qui sortent finalement le documentaire aux Etats-Unis, et ce dans près d’un millier de salles, soit un record pour ce genre.
Avec ce film contre l’intervention de Bush en Irak et contre sa politique en général, le cinéaste rêve de pouvoir contribuer à la défaite de l'actuel occupant de la Maison-Blanche.
Avant même sa sortie, le documentaire est donc au cœur d'une bataille rangée entre les militants politiques des camps conservateurs et libéraux, les premiers appelant au boycott du film tandis que les seconds invitent à le soutenir.
Howard Suber, spécialiste de cinéma à l'université de Los Angeles :
"Michael Moore est un agent provocateur et comme tous les provocateurs, il sait comment faire une scène". "C'est un génie de la mise en scène, que ce soit pour son film ou pour sa promotion".

Plusieurs Lobbys et groupes se positionnent pour ou contre le film de Moore, expliquant et défendant leurs points de vue par le biais d’Internet.
Ainsi, le lobby conservateur Move America Forward (Amérique en avant) se dit scandalisé par le contenu subversif du documentaire. Ce lobby, qui soutient la guerre contre le terrorisme, mène une ultime campagne pour dissuader les cinémas américains de le projeter. Il a qualifié le film de "non-américain" et "non-patriotique", et menacé d'utiliser tous les moyens à sa disposition, pression économique et publique y compris, pour en empêcher la diffusion. On peut d’ailleurs lire sur leur site Internet :
"Il est temps d'agir pour arrêter Fahrenheit 9/11, ce film de Moore qui descend l'Amérique". "Michael Moore a attaqué nos troupes, notre commandant en chef ainsi que les victimes du 11 septembre en disant : +Les passagers des vols du 11 septembre étaient des froussards parce que la plupart étaient blancs+".
A l’opposé, le groupe libéral MoveOn.org (Aller de l'avant), utilise Internet pour inciter ses militants à aller voir le film en masse alors que le président Bush est sous le feu de critiques l'accusant d'avoir entraîné l'Amérique dans une spirale de violences et de chaos en Irak :
"Ce film d'une force incroyable met à nu le cynisme et la cupidité présents derrière la politique guerrière de Bush". "Les séquences surprenantes et révélatrices qu'on y voit ont le pouvoir de changer le cours de l'élection de 2004".

Les premiers chiffres des entrées réalisées par Fahrenheit 9/11 aux Etats-Unis seront disponibles dès lundi 28 juin. A noter enfin que le film sortira en France le 7 juillet prochain.

A.C. (24 Juin 2004 – avec AFP)

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