Hayao Miyazaki, sa vie, son œuvre...

Le merveilleux film Nausicaä De La Vallée Du Vent sort - pour la première fois ! - sur nos écrans le 23 août. C’est ainsi l’occasion pour nous de faire un petit tour d’horizon des différentes œuvres réalisées par le génie de l’animation, Monsieur Hayao Miyazaki, et ainsi de plonger dans son univers féerique !
En effet, après une bio express, nous mettrons l'accent sur quelques films de sa filmographie - espérons qu'il s'agisse des plus appréciés - pour ensuite nous attarder sur ses obsessions.


Portrait d’Hayao Miyazaki

Et oui a priori tout le monde connaît Hayao Miyazaki… Réalisateur aux mains d’or qui a signé des films comptant aisément parmi les plus beaux de ces deux dernières décennies. Chihiro, Kiki, Mononoké, les Totoros, tous ces noms nous semblent familiers. Mais au fond, connaissons-nous réellement l’homme qui se cache derrière ces personnages ?! Ummhh… Allez pour les plus curieux, c’est parti pour une petite rétrospective des moments clefs de la vie de ce cinéaste. Un deux trois, prêts… Partez !

Né le 5 janvier 1941 à Tokyo, l’enfance d’Hayao Miyazaki est marquée par la Seconde Guerre Mondiale, qui inspirera fortement son œuvre.
En 1962, il entreprend des études en économie à l’Université de Gakushuin. Il rejoint également un club de recherches sur la littérature enfantine.
L’année suivante, il débute sa carrière en tant qu’intervalliste – ce travail consiste à dessiner les dessins manquants pour assurer un mouvement fluide lors de l’animation – au Studio Toei.
En 1965, il travaille sur un premier long-métrage (Horus, Prince Du Soleil) avec celui qui deviendra un fidèle ami Isao Takahata.
Après de nombreuses années à se consacrer à l’audiovisuel, il publie, dans le magazine Animage, son manga Nausicaä de la vallée du vent, une saga épique et écologique de 7 volumes qu’il mettra plus de dix ans à achever ! Il l’adapte ensuite sur grand écran. Nausicaä De La Vallée Du Vent sort alors en 1984. À noter que ce dernier mettra plus de vingt ans pour envahir nos salles obscures.

Le succès de ce long-métrage lui permet, un an après, de fonder les désormais très célèbres Studios Ghibli avec Isao Takahata. Ce dernier nous a bouleversés avec l’émouvant Le Tombeau Des Lucioles ou encore Pompoko.
Miyazaki connaît la consécration avec Mon Voisin Totoro qui est largement devenu un classique dans le paysage cinématographique mondial. Il enchaîne dès lors les réalisations – et les récompenses ! - plus sublimes les unes que les autres abordant des thèmes qui lui sont chers.

Un réalisateur prolifique aux histoires magiques

Retracer toute la filmographie de ce cinéaste serait une entreprise bien trop laborieuse… Nous allons donc faire une sélection de nos coups de cœur et des incontournables. Mais d’ailleurs, tous ses films ne sont-ils pas incontournables ??!!!

Son premier long-métrage marquant est Nausicaä De La Vallée Du Vent (1984). Cette extraordinaire aventure science fictionnelle pose de façon lucide mais intime, personnelle et universelle la question du devenir de l’homme et de son humanité au sein d’un environnement dont il croit pouvoir tout s’approprier. On l’attend impatiemment sur nos écrans dès le 23 août. D’ailleurs, on peut légitimement se demander pourquoi ses films sortent en France environ vingt ans après… Mystère !

Quatre ans plus tard, il s’illustre royalement dans la réalisation du très intime Mon Voisin Totoro, œuvre largement autobiographique, notamment dans l’aspect de la mère souffrante. Tous les petits Japonais connaissent l’histoire des deux sœurs Mei et Satsuki qui découvrent la nature autour de leur maison et surtout l’existence de créatures merveilleuses, les Totoros.

Suit Kiki, La Petite Sorcière, drôle, beau et émouvant. Kiki est une sorcière de 13 ans au cœur noble et pur qui doit subir une année durant une épreuve initiatique. Son voyage est fantastique et fichtrement captivant.

Miyazaki, boulimique de travail, continue remarquablement sur sa lancée, nous offrant Porco Rosso en 1992 et autre Princesse Mononoké en 1997.
Porco Rosso se déroule en Italie, à la fin des années 20 et se centre sur Marco – doublé par Jean Reno ! -, un pilote hors pair, qui accepte volontairement de subir un mauvais sort… Sort qui le transformera en cochon. Sympa !
Cinq ans après, direction dieux et démons avec Princesse Mononoké, la princesse des spectres. Récit d’aventure épique se déroulant au XVème siècle, le film mêle références historiques, légendes ancestrales, récits d’initiation et messages écologiques dans une fresque grandiose. À travers des décors de toute splendeur, Princesse Mononoké emporte le spectateur dans les profondeurs de féeriques forêts parfumées aux diverses senteurs de la rêverie… Un voyage aussi fascinant que surprenant ! Ce dessin animé représente à ce jour son projet le plus ambitieux puisqu’il mobilisa les forces vives des studios Ghibli durant plus de trois ans et leur permit d’entrer pleinement dans l’ère des technologies informatiques de pointe. Pourtant, de manière générale, Miyazaki ne préfère pas excéder une année de travail sur un même long-métrage.

Le Voyage De Chihiro n’est pas en reste… La jeune Chihiro, qui vient d’emménager avec ses parents dans une ville bizarrement privée de toute trace de vie, a des visions étranges. Elle essaie alors de convaincre ses parents de fuir au plus vite, mais ces derniers refusent catégoriquement et se retrouvent transformés en cochons… (encore ?!)
Chihiro doit alors les sauver. Ce créateur ivre de virtuosité signe à nouveau ici une œuvre majeure.

Le Château Ambulant est le dernier petit bijou en date du cinéaste. Ici, Sophie, une jeune fille de 18 ans, fait la connaissance du magicien Hauru, jeune homme séduisant et mystérieux. Se méprenant sur leur relation, une sorcière jalouse jette un épouvantable sort à Sophie et la transforme en vieille femme de 90 ans... Quel destin attend alors Sophie ?
Ce film revêt moult dimensions, humoristiques, politiques, poétiques, dramatiques, fantastiques…

Finalement, Miyazaki continue d’évoluer et nous livre des œuvres originales et sublimes. Merci Monsieur, on ne s’en lasse pas !

Un univers féerique et incontournable

Hayao Miyazaki, celui que l’on surnomme le " Disney nippon " a offert ses lettres de noblesse au cinéma d’animation de l’archipel à force de courage et de talent, effaçant d’un trait l’image négative des "dessins animés japonais" auprès de l’opinion internationale.
Les œuvres de ce maître de l’animation ont une portée universelle et intemporelle. Les histoires sont profondes, intelligentes, amusantes et transmettent un message symbolique. Certains leitmotivs ponctuent ses créations. Ainsi, nous retrouvons ses thèmes de prédilection – qui sont un réel fil conducteur - tout au long de sa carrière.

L’enfance
Refusant d’oublier l’enfant qu’il a été, Miyazaki est particulièrement tendre avec l’enfance. Elle devient comme une direction à prendre infailliblement. Ses héros en sont toujours très proches. Alors qu’il se plait à nous dépeindre la petite Nausicaä quasiment invincible, il complète son tableau en lui insufflant les faiblesses nécessaires à son statut d’être humain. Nul besoin de vous rappeler que dans ses films, les protagonistes sont essentiellement des enfants et des adolescents, à l’exception, par exemple, de Marco dans Porco Rosso. Ces derniers sont plus intéressants que les adultes car ils sont naïfs, enthousiastes et spontanés. Ils suscitent l’intérêt des petits mais aussi des grands. Ils peuvent être un modèle pour les enfants car très souvent, les personnages font preuve de grande responsabilité, à l’instar des sœurs dans Mon Voisin Totoro ou encore de la petite sorcière Kiki.
Dans son univers, les personnages féminins tiennent également une place très particulière et privilégiée. Les filles/femmes sont représentées fortes, vulnérables et pleines de courage.

L’environnement
Son traitement des problèmes écologiques, sa préoccupation quant au devenir de la planète sont désormais célèbres… Mais, dans sa carrière, c’est avec Nausicaä qu’il ouvre le bal. Miyazaki plante un décor fantastique dont chaque plante et insecte paraît sorti d’un paradis de formes, de couleurs, d’odeurs, de sons… Oui, les sons ! Le soin apporté à ses spectacles végétaux et animaliers sont tous finement reliés à des familles sonores évocatrices d’émotions. L’habillage sonore de ses films s’avèreront toujours méticuleux. Avec Nausicaä, il entame une réflexion sur un concept philosophique de « la non-dualité » entre l’individu et l’environnement. Princesse Mononoké touche également beaucoup à la nature prenant place dans une forêt.

La croyance
Miyazaki explique que « Les notions de bien, de mal, d’enfer et de paradis ne sont pas ancrées chez nous. Il nous est plus naturel de penser qu’après la mort, notre esprit s’incarne dans la nature. C’est pour cela que, quand ma mère est morte, je ne voulais pas l’incinérer mais l’enterrer pour lui permettre de refaire son apparence sur Terre, par exemple sous la forme d’une fleur ». Par la suite, il n’aura de cesse de décliner cet esprit très japonais qui consiste à voir en toute chose des esprits magiques, des dieux appartenant à l’invisible, bénéfiques ou maléfiques selon la manière dont on les approche. Hayao Miyazaki est donc très attaché aux métamorphoses qui surgissent très fréquemment dans ses films, entre les transformations en cochons ou en vieille femme…
Toutes ces œuvres sont marquées par deux traits caractéristiques : la nostalgie et l’espoir.

Les machines volantes
Pas un de ses films qui ne contiennent d’engins volants, planeurs, machines à hélices (objets de tous les délires graphiques) ! Le père de Miyazaki était le directeur de la compagnie « Miyazaki Airplane », une importante fabrique de gouvernail à destination des fameux Zéros japonais. Piloter ? L’auteur ne cherchera jamais à obtenir son permis !

L’engagement
Le cinéaste, au cours de sa vie « d’employé des grands studios », a longtemps combattu aux côtés de son ami syndicaliste Isao Takahata. Il déteste les grosses structures politiques, émettrices de mensonges, de propagande, de profits. Ses héros seront toujours de parti pris.

Hayao Miyazaki est un réalisateur cultissime dans le milieu cinématographique et je vous conseille de (re)découvrir ses films d’une beauté époustouflante.

Dossier réalisé par Fanny Cairon (18 août 2006)

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